Loi immigration:
Loi immigration: 12 députés UMP contre
12/10/2010 | Mise à jour : 19:43,le figaro
Une femme en voile islamique © SIPA Après des mois de polémique,
l’interdiction du port du voile intégral est en passe d’être adoptée. Le texte sera examiné demain au Sénat. Il devrait entrer en vigueur au printemps 2011, six mois après sa promulgation. Le
projet de loi prohibe « la dissimulation du visage dans l’espace public », sans viser directement le voile intégral, objet d’un débat passionné. L’interdiction concerne évidemment les
rues, mais pas seulement : elle inclut les lieux « ouverts au public » (commerces, transports, parcs, cafés…) et ceux qui sont « affectés à un service public » (mairies,
écoles, hôpitaux…).
Les contrevenants s’exposent à une amende de 150 €, sans que la verbalisation soit systématique : elle peut être accompagnée ou remplacée par un stage de citoyenneté. Un nouveau délit de « dissimulation forcée du visage » a aussi été créé. Il est puni d’un an d’emprisonnement et 30.000 € d’amende. Cette peine est doublée lorsque la personne contrainte est mineure.
Le projet de loi prévoit toutefois des cas exceptionnels, où le fait d’apparaître masqué correspond à une nécessité. Il autorise ainsi le port d’un casque intégral pour les conducteurs de deux roues ou le respect de l’anonymat lors d’un procès. Les visages masqués pour des raisons de santé (épidémie, masques respiratoires, bandages) ou des raisons professionnelles (ouvriers qui manipulent des matières toxiques, agents des forces de l’ordre) sont également tolérés. Enfin, les fêtards et autres pères Noël pourront toujours déambuler sur la voie publique cachés sous des déguisements. Les artistes qui donnent des spectacles de rue ne seront pas inquiétés non plus.
Hautement polémique, l’interdiction du niqab divise au sein même des partis politiques. Le Parti socialiste avait refusé de prendre part au vote à l’Assemblée nationale, en évoquant le risque « d’inconstitutionnalité ». Mais plusieurs de ses membres pourraient approuver le texte au Sénat. En revanche, les Verts et les communistes ne participeront pas au scrutin. De son côté, le Conseil français du culte musulman avait mis le gouvernement en garde contre le « risque de stigmatiser l’islam ».
Il avait notamment rappelé que le niqab et la burqa étaient portés par environ 2.000 femmes seulement sur un total de 5 à 6 millions de musulmans. L’ONG Amnesty International avait manifesté la même opposition à la décision française, estimant qu’elle violait « les droits à la liberté d’expression et de religion » des femmes qui cherchaient à « exprimer leur identité ou leurs croyances ». En avril dernier, la Belgique a été le premier Etat européen à interdire par un vote massif le port du voile islamique intégral.
12 août 2010 -
Député-maire UMP du XVIe arrondissement de Paris, Claude Goasguen plaide pour le renforcement de la politique sécuritaire, notamment en direction des immigrés. Il réagit ainsi à la nouvelle orientation adoptée en la matière par Nicolas Sarkozy et le gouvernement.
L'idée d'imposer la déchéance de la nationalité à certains délinquants d'origine étrangère est-elle conforme à la
Constitution?
D'abord, cela existe déjà dans l'article25 du Code civil. Ensuite, la déchéance de la nationalité était beaucoup plus forte dans
les lois Pasqua de 1993. Tout cela est parfaitement conforme à la tradition française, et je dirais même, ce que je n'ai lu nulle part, que la France n'a ratifié aucune des conventions
internationales qui concernent cette question. Dans le domaine de la nationalité, nous sommes maîtres de notre droit. Bien sûr, il faut respecter les droits de l'Homme, mais les réformes
annoncées sont tout à fait conformes à notre tradition du droit de la nationalité. Tout ce qu'on entend à ce sujet est absolument fallacieux. Le droit de la nationalité est un droit évolutif en
fonction des circonstances. J'ajoute que la déchéance de la nationalité n'est pas un élément majeur. Cela ne concernera qu'un très petit nombre de personnes. C'est un argument supplémentaire pour
ne pas en faire cette polémique estivale.
La gauche réclame le retour à la police de proximité. La suivez-vous sur ce terrain?
La mise en place des unités territoriales de quartier est en train de faire du dégât chez les délinquants en Seine-Saint-Denis et
dans les régions à forte proportion de délinquants, voire de criminels. Je pense qu'on s'y met un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais! Aujourd'hui, tout le monde parle de police de
proximité. Elle est un idéal policier. Encore faut-il que les zones soient suffisamment sécurisées pour que l'on puisse installer une police de sécurité. Et, en particulier, en Seine-Saint-Denis,
où le préfet Lambert accomplit un travail considérable.
L'opposition souligne que la politique sécuritaire est en réalité celle de Nicolas Sarkozy depuis 2002. A-t-elle tort de
critiquer un bilan qui incombe clairement au président de la République?
Elle a tort parce qu'elle est mal placée pour formuler de telles critiques et pour parler d'une quelconque politique sécuritaire.
Quand j'entends M.Vaillant accabler Nicolas Sarkozy, je m'étonne qu'il n'ait pas honte de ses paroles quand on se souvient de son propre bilan comme ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy a été
un bon ministre de l'Intérieur. Mais je crois qu'au début du quinquennat, parce qu'il voulait attirer les sirènes de la gauche - toujours les mêmes - qui considèrent que la sécurité et
l'immigration sont des sujets qu'il ne faut pas aborder alors que ce sont des sujets essentiels, Nicolas Sarkozy s'est, sans doute, laissé aller à ne plus en faire une priorité. C'était pour
faire plaisir à un électorat qui n'était pas le sien. Et nous sommes un certain nombre à avoir dénoncé cette politique. Aujourd'hui, il décide de revenir à la politique sécuritaire, tant mieux!
J'espère simplement que ce n'est pas trop tard.
Le président, le gouvernement et l'UMP profitent-ils de cette nouvelle stratégie
sécuritaire?
Je ne sais pas. Je n'en suis pas sûr. Le délai tardif avec lequel cette nouvelle orientation est adoptée perturbe. Il va falloir
que Nicolas Sarkozy fasse l'effort de reconquérir un électorat qui a été déçu. On l'a bien vu aux élections régionales. Il prend aujourd'hui un nouveau pari politique. C'était nécessaire.
J'espère que nous serons assez persuasifs pour convaincre les électeurs qu'il n'y a pas de libertés publiques sans politique de sécurité, et qu'il n'y a pas de nouvelle mondialisation sans une
régulation de l'immigration. On va débattre bientôt des niches fiscales. Il est probable que l'on va toucher aux niches qui profitent aux familles. Dans ces conditions, je ne vois pas comment je
pourrais justifier auprès des électeurs qu'on laisse perdurer une gabegie comme celle de l'Aide médicale d'État qui profite aux clandestins et qui équivaut à 300millions d'euros. Voilà pourquoi
j'ai proposé à François Fillon qu'on ne touche pas aux niches en faveur des familles, mais qu'on régule un certain nombre de politiques dispendieuses et inutiles qui font de la France une
exception en matière de politique de l'immigration.

Des sanctions financières contre l'absentéisme parlementaire? C'est désormais chose faite à l'Assemblée. Cette disposition, qui ne figurait pas dans la réforme du règlement de l'Assemblée,a été ajoutée en 2008 par un amendement voté par les groupes UMP et PS de l'Assemblée, pour répondre aux polémiques récurrentes sur le manque d'assiduité, réel ou supposé, des députés. Les sanctions prévues à l'article 43 du règlement pour absentéisme en commission peuvent aller de 353 à 2.119 euros en fonction du nombre de réunions manquées sans justification.
Sur la base de ces règles, le collectif Regards citoyens a publié sur son site Internet, avec le concours de l'observatoire nosdeputes.fr, une liste de 93 députés qui encourent des sanctions financières en raison de leur absence en commission le mercredi matin, s'ils ont plus de deux absences par mois.
La publication de cette liste a soulevé un grand émoi chez les députés. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a vivement réagi. «Je conteste les informations publiées, qui sont inexactes, a-t-il dit dans un communiqué. Et je regrette que la recherche d'une plus grande transparence aboutisse finalement à une stigmatisation des députés et à nourrir l'antiparlementarisme.» Le président de l'Assemblée nationale souligne que «le travail des députés en dehors des commissions est considérable» et il ajoute que les informations publiées «méconnaissent les raisons qui dispensent tel ou tel parlementaire d'être présent en commission, notamment pour raison médicale».
Selon Bernard Accoyer, les tableaux proposés dans cette étude «se bornent à compiler mécaniquement des données statistiques, ne prennent pas en compte les multiples facettes du travail parlementaire, en particulier les absences tenant à la présence à d'autres réunions relevant des travaux des commissions, telles que les réunions des missions d'information».
De son côté, Regards citoyens maintient s'en être strictement tenu à «l'ensemble des critères définis par le règlement et le bureau de l'Assemblée». D'ailleurs, ce n'est pas tant cette «évaluation» que contestent les élus épinglés que les motifs de sanction. «Je suis étonnée que le seul critère retenu soit celui de la présence en commission.J'ai été présente à près de cinquante séances de nuit, et cela me paraît tout aussi important», explique ainsi Marie-José Roig, députée maire UMP d'Avignon. Favorable à une loi instaurant le non-cumul entre un mandat de parlementaire et une fonction exécutive locale, elle ajoute que, dans la situation actuelle, elle «privilégie la présence sur le terrain». À l'inverse, le député de Lyon Michel Havard, également sanctionné, juge le nouveau règlement «très juste». L'élu UMP reconnaît avoir «raté sept séances de commission du développement durable », mais justifie ses absences. Motif: une formation payée par l'Assemblée, suivie d'un stage «International Visitor» de quinze jours aux États-Unis.
Son collègue UMP des Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier, dénonce, lui, une sanction «injuste et infantilisante ». «Je siège en commission des affaires étrangères quand cela m'intéresse. J'ai fait deux rapports, je participe aux auditions, et ma voix n'a jamais manqué ni au bureau ni au groupe UMP.» L'élu marseillais «n'en revient pas» et juge «très désagréable d'être montré du doigt».
Reste que la présence en commissions est rendue de plus en plus nécessaire, car les textes examinés en séance publique sont désormais issus de leurs travaux.
L'article 159 du règlement de l'Assemblée, celui-là plus ancien, prévoit aussi de sanctionner l'absence répétée des élus aux votes solennels. Champion de la participation aux votes dans l'Hémicycle, Xavier Bertrand estime que «le système retenu (pour la présence en commission) est une contrainte acceptable». «Il faut accepter de se plier aux règles. Il y a un règlement, il faut s'y tenir», juge le secrétaire général de l'UMP. Xavier Bertrand pense néanmoins qu'il faudrait introduire «plus de souplesse» dans le calcul de la présence en commission, en particulier pour les parlementaires en mission.
Le dispositif commence donc à s'appliquer, et c'est une vraie révolution pour les députés qui découvrent la nécessité de «pointer» en commission. Durant la campagne des régionales, certains députés têtes de liste étaient d'ailleurs revenus à Paris pour ne pas figurer comme absents le mercredi. Preuve, s'il en est, que cette contrainte entre peu à peu dans les têtes.

Jean-François Copé a créé la surprise en annonçant mercredi dans l'hémicycle de l'Assemblée qu'il souhaitait que la loi sur l'interdiction de «dissimuler son visage» dans tout l'espace public, dont le vote interviendra le 13 juillet, «soit soumise, avant sa promulgation, au Conseil constitutionnel». «Je n'ai pas de doute sur la solidité juridique du texte (…) mais ce sera une bonne manière de clore les polémiques», a ajouté le patron des députés UMP, à l'adresse de la gauche. Le recours au Conseil constitutionnel est généralement une arme utilisée par l'opposition, mais Jean-François Copé veut, sur ce dossier sensible qui lui tient à cœur, prendre de vitesse l'opposition.
Un peu plus tard dans la soirée, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a annoncé, dans un communiqué, qu'il allait saisir le Conseil «dès le vote définitif de la loi», en application de l'article 61 de la Constitution. Il entend ainsi «lever toute incertitude» sur le texte porté par Michèle Alliot-Marie .
Les députés socialistes ont finalement choisi de ne pas prendre part au vote sur ce texte, en martelant qu'il comporte un risque «juridique et politique», selon le terme utilisé mardi soir par Jean Glavany. Le PS aurait voulu que la majorité suive l'avis du Conseil d'État, partisan de limiter l'interdiction du port du voile intégral aux services publics.
«Nous sommes contre le port du voile. Nous ne pouvons pas nous opposer à votre texte mais cette loi est parcellaire et partiale», a attaqué mercredi Julien Dray (PS). Accusant les socialistes d'«hypocrisie», Jean-François Copé a au contraire estimé que «limiter l'interdiction de toute tenue destinée à dissimuler le visage à quelques lieux publics serait intenable et inapplicable». Et que seule une interdiction générale avait le mérite de la simplicité.
À gauche, seul le président de la mission parlementaire sur la burqa, André Gerin, a défendu le projet de loi, auquel les Verts comptent s'opposer. Visiblement très ému et applaudi par l'UMP, le député PCF du Rhône a lancé à ses «amis de gauche», qui ne prendront pas part au vote : «Je voterai cette loi plébiscitée dans le pays l'esprit libre (…), car la burqa, c'est le refus de la République.»