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U.M.P.

Accoyer se livre à une attaque en règle contre Copé

PARIS — Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), se livre au nom du respect des institutions à une attaque en règle contre Jean-François Copé, accusé, comme patron des députés UMP, de semer "confusion" et "ambiguïté" dans la majorité.

Dans un entretien au Parisien dimanche/Aujourd'hui en France dimanche, le quatrième personnage de l'Etat a renouvelé ses vives critiques contre les "confusions institutionnelles" à l'UMP comme au sein de l'exécutif, exprimées mardi devant la presse puis devant le groupe UMP à l'Assemblée.

Mais cette fois, il a choisi de concentrer ses flèches quasi exclusivement sur M. Copé.

Le groupe UMP à l'Assemblée "fonctionne davantage comme un parti politique au lieu d'être une courroie de transmission entre les Français et le gouvernement", il "ne laisse plus d'espace au parti", il "ne joue pas le rôle normal d'un groupe majoritaire".

Déplorant un "changement d'usage", M. Accoyer conteste les initiatives tous azimuts de M. Copé, qui a ainsi "doublé" la mission parlementaire pluraliste sur le voile intégral.

Au passage, il demande une nouvelle fois au gouvernement de "prendre ses responsabilités" en présentant un projet de loi sur cette question plutôt que de s'en remettre à M. Copé et sa proposition de loi.

"Je l'ai fait savoir par courrier au Premier ministre", précise-t-il. Dans cette missive, envoyée samedi et dont l'AFP a obtenu copie, il estime que le recours à un texte gouvernemental, "sur un sujet de société complexe et sensible", serait "de nature à apporter toutes les garanties" pour trouver "la solution la plus sûre juridiquement".

Même chose sur les retraites: "le groupe majoritaire, en créant un groupe de travail qui va faire des propositions pour la réforme, crée une ambiguïté", assène le président de l'Assemblée dans l'interview.

"Personne ne comprend plus qui fait quoi. Les partenaires sociaux et les autres groupes politiques de l'Assemblée s'en plaignent auprès de moi", assure M. Accoyer.

M. Copé crée aussi de "la confusion", selon lui, quand il "remet en cause des mesures importantes prises depuis le début de la législature", comme le bouclier fiscal et "l'interdiction de la publicité avant 20H00" sur France Télévisions.

Sur ce dernier point, "chacun a le droit de changer d'avis", ironise Bernard Accoyer. "Mais cela est difficile à comprendre quand on le fait de manière individuelle alors que l'on a porté la réforme de l'audiovisuel et qu'elle est devenue une décision législative".

Les relations entre les deux hommes sont mauvaises même si chacun s'efforce de donner le change.

"Moi, j'écoute toujours avec beaucoup d'attention tout ce que dit le président de l'Assemblée nationale", avait ainsi répondu mardi M. Copé, ironiquement.

Les mises au point, cette semaine, de M. Accoyer sont "mûrement réfléchies", fait valoir son entourage, et sont la traduction de ses "rendez-vous réguliers et privilégiés avec des députés". "C'est maintenant qu'il faut les faire", ajoute-t-on. Peut-être aussi pour essayer d'endiguer le bouillonnant patron du groupe UMP, au poids politique croissant.

Dans son entretien au Parisien, M. Accoyer égratigne au passage Nicolas Sarkozy. S'il n'est "pas choqué" par le fait que le chef de l'Etat veuille recevoir chaque mois les députés UMP, il veut "dire simplement" que "sous la Ve République, le chef de la majorité, c'est le Premier ministre". Sous-entendu pas le président de la République.

Sarkozy remobilise les cadres de l'UMP 


Par Judith Waintraub
09/04/2010 | Mise à jour : 21:28
le figaro
Convoqués vendredi par Xavier Bertrand au siège du parti pour un séminaire sur les régionales, les responsables de l'UMP se sont finalement rendus à l'Élysée.
Convoqués vendredi par Xavier Bertrand au siège du parti pour un séminaire sur les régionales, les responsables de l'UMP se sont finalement rendus à l'Élysée.

Le chef de l'État a reçu vendredi les secrétaires départementaux du parti, réunis à Paris pour un séminaire sur les régionales.

Les secrétaires départementaux de l'UMP n'en sont pas revenus : convoqués vendredi par Xavier Bertrand au siège du parti pour un séminaire sur les régionales, ils se sont retrouvés à l'Élysée avec Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État les a reçus pendant près d'une heure et demie. Cette rencontre, gardée secrète jusqu'à la dernière minute, avait été préparée en cercle ultrarestreint. En début d'après-midi, alors qu'une centaine de cadres du parti arrivaient au siège, rue La Boétie, la rumeur d'une apparition de Nicolas Sarkozy en plein séminaire avait circulé. Finalement, ce sont les secrétaires départementaux qui se sont déplacés. Ils ont parcouru à pied les quelque cinq cents mètres qui séparent l'Élysée du siège de l'UMP.

Le président a toujours revendiqué la liberté de voir sa «famille» quand il le voulait. En le faisant ouvertement, il se targuait de rompre avec l'«hypocrisie» de ses prédécesseurs. Il a participé plusieurs fois à des conseils nationaux, il a tenu d'innombrables réunions militantes sur le terrain, il voit l'état-major de l'UMP au moins une fois par semaine, mais il n'avait encore jamais reçu les cadres locaux à l'Élysée. Le secrétaire départemental, nommé par la direction, est son plus proche représentant sur le terrain. Il est l'avant-dernier dans la hiérarchie partidaire, le dernier étant le délégué de circonscription.

 

«Confusion des rôles»

L'opposition ne devrait pas manquer de parler une fois de plus de «confusion des rôles». Mais la priorité, pour Nicolas Sarkozy, n'est pas de se voir décerner des certificats de bonne conduite par la gauche. Depuis la défaite aux régionales, il est lancé dans une reprise en main de la majorité à tous les niveaux. Il a reçu les députés et il compte réitérer l'exercice tous les mois. Il a invité les ex-têtes de liste aux régionales à déjeuner, et il leur a promis à elles aussi de les revoir. Il organise aussi des déjeuners, voire des dîners, avec des groupes plus restreints de députés.

Les deux heures de séminaire qui se sont tenues rue La Boétie avant l'intermède élyséen montrent que le malaise des élus s'est largement diffusé dans l'appareil. Xavier Bertrand a souhaité que les secrétaires départementaux s'expriment librement. Comme les parlementaires, ils ont relayé selon un participant la «déception», voire la «colère», de toute une partie de l'électorat que le candidat Sarkozy avait séduit en 2007. Certains ont évoqué « le mal causé dans l'électorat de droite » par les dernières nominations d'ouverture.

De retour de l'Élysée, les secrétaires départementaux ont repris le séminaire. Xavier Bertrand leur a expliqué comment il comptait consolider l'implantation de l'UMP sur le terrain, afin de mieux défendre l'action gouvernementale. En début d'après-midi, le ministre des Affaires sociales Éric Woerth avait planché sur la réforme des retraites. L'UMP, qui tiendra une convention sur le sujet le 19 mai, veut en outre nommer un «correspondant pour le débat sur les retraites» dans chaque fédération.

Le Premier ministre a appelé lundi à tenir le cap des réformes. Seuls 200 des 550 élus de la majorité étaient présents.

FRANÇOIS FILLON
 

Finie la grogne, envolés les états d'âme ? Pas sûr. Mais François Fillon et les présidents des groupes parlementaires de l'UMP se sont employés, lundi après midi, à regonfler le moral de leurs élus. Nicolas Sarkozy, qui concentre l'essentiel des critiques de son camp depuis la défaite des régionales, recevra à son tour les parlementaires de la majorité mercredi soir à l'Elysée.

Le chef de l'Etat, fragilisé, est tombé lundi à son plus bas dans un sondage Ipsos pour « Le Point », avec 32 % d'opinions positives. Face à une gauche qui pousse sa dynamique d'union, la droite a recommencé à se diviser. Divisions sur la politique suivie depuis 2007 et sur la suite du quinquennat. Avec, en arrière-plan, les premières interrogations sur la capacité du chef de l'Etat à porter de nouveau son camp vers la victoire.

Tenir le cap

Lundi après-midi, seuls 200 élus, sur les quelque 550 députés, sénateurs et eurodéputés, avaient répondu à l'appel de Jean-François Copé. Dans son discours, François Fillon a réaffirmé la volonté de l'exécutif de tenir le cap des réformes. « Y renoncer, ce serait contraire à l'intérêt national, au pacte passé avec les Français en 2007, et donc finalement à l'intérêt même de la majorité », a-t-il averti. François Fillon a plaidé pour le « cap vertueux » de sa « ligne économique », qui « se résume en quatre mots : compétitivité, investissement, modération fiscale et maîtrise budgétaire ».

François Fillon a réaffirmé que la réforme des retraites était « la priorité des six mois à venir » et que la réforme territoriale serait menée à son terme. Il a confirmé l'intention du gouvernement de « légiférer » sur la burqa. « On peut nous faire des reproches, mais on ne peut pas nous accuser de manquer de volonté », a plaidé le chef du gouvernement, en appelant au « rassemblement » face « à la facilité et à la démagogie ».

Jean-François Copé avait tenu auparavant à calmer le jeu sur le terme de « nouveau pacte majoritaire » qu'il avait utilisé pour définir les priorités de la seconde moitié du quinquennat et qui en avait irrité plus d'un à l'UMP et à Matignon. En précisant au passage avoir agi en bonne intelligence avec l'Elysée. « Depuis une semaine, le scénario a été totalement écrit avec le président de la République. Après, il y a les acteurs qui se greffent... » Le Premier ministre appréciera...

 

Hélène Fontanaud la tribune

Fillon et Copé appellent l'UMP à serrer les rangs 


Par Bruno Jeudy
29/03/2010
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le figaro
Jean-François Copé et François Fillon, au journées parlementaires de l'UMP du Touquet, au mois de septembre 2009.
Jean-François Copé et François Fillon, au journées parlementaires de l'UMP du Touquet, au mois de septembre 2009. Crédits photo : AFP

Le premier ministre confirme à sa majorité que le «cap» des réformes est maintenu.

Droit dans ses certitudes et convaincu qu'il n'y a pas d'autre voie que celle empruntée depuis trois ans. François Fillon a brutalement refermé le débat lancé par les responsables des groupes parlementaires UMP à l'Assemblée et au Sénat. Jean-François Copé avait réclamé le premier un «nouveau pacte majoritaire», tandis que Bernard Accoyer et Jean-Pierre Raffarin appelaient à un vote de confiance. Dans un entretien au Journal du dimanche, le premier ministre a balayé toutes ces exigences : «On ne change pas une politique engagée depuis trois ans, qui commence à peine à produire ses effets, au risque de rater le train de la croissance qui repart.» Fermez le ban !

Voilà les députés et sénateurs UMP prévenus. Alors qu'ils se retrouvent aujourd'hui à l'Assemblée pour un séminaire inédit consacré à l'agenda des réformes, ils savent à quoi s'en tenir. Le chef de la majorité, qui viendra conclure leurs travaux ce soir, n'a plus de temps à perdre à entendre leurs états d'âme. «Il n'y a pas de nouveau contrat avec le peuple, ni de changement de cap politique, ni de doute sur le soutien de la majorité.» À lire Fillon dans le JDD, c'est donc : «Qui m'aime me suive !»

Les mots du premier ministre devraient globalement convenir à sa majorité. Fillon a énuméré ses priorités. La réforme des retraites est «LA» priorité «des mois à venir». Il poursuivra la réforme des collectivités territoriales car elle «va, dit-il , de pair avec une réduction des dépenses publiques». Pas question d'abroger le bouclier fiscal, promet-il, c'est un «argument démagogique».

 

«Celui qui tient le volant» 

En apôtre de la rigueur, Fillon ne s'embarrasse plus de demi-formules. La question des déficits est «essentielle». «Le niveau d'endettement est simplement insoutenable», martèle-t-il. Fillon est convaincu que les «Français sont préoccupés par les déficits, dont ils savent qu'ils les menacent». Le premier ministre confirme qu'il va continuer à réduire les effectifs de fonctionnaires. Il semble déterminé à accélérer le mouvement de gel des dépenses : «C'est un effort extraordinaire, extrêmement compliqué à mettre en œuvre.» Voilà qui ressemble furieusement à de la rigueur. L'auteur de la formule «la France en faillite» tient à sa cohérence. Même si le mot rigueur reste banni.

Mais au lendemain des élections et même si Fillon semble en sursis (en attendant qu'Éric Woerth, le nouveau ministre du Travail, ne le remplace ?), l'élu de la Sarthe profite d'un avantage essentiel pour se faire entendre : son insolente popularité. Dans le baromètre Ifop-JDD, il devance de dix-neuf points Nicolas Sarkozy (49 % contre 30 %), dont la cote de confiance dégringole de six points. Une situation que Gérard Longuet, le patron des sénateurs UMP, relativise : «C'est celui qui tient le volant qui essuie les critiques, pas le passager !»

Le sénateur de la Meuse comme son homologue à l'Assemblée ont appelé à resserrer les rangs derrière le chef de l'État. «Je suis engagé à fond aux côtés de Nicolas Sarkozy dans sa réélection en 2012», a martelé Copé sur Europe 1, en invitant ses troupes à être «tous derrière Nicolas Sarkozy avec un objectif, lui permettre d'emporter la présidentielle de 2012».

Fillon, qui a une nouvelle fois nié toute tension, a minimisé l'importance de sa bonne santé dans les sondages. «Ils ne sont un problème que s'ils sont utilisés à des fins personnelles.» Qu'on se le dise, on ne le prendra pas en flagrant délit de déloyauté ! Il a coupé court à toute ambition élyséenne : «Je vais être clair. Nicolas Sarkozy est le candidat naturel de la majorité en 2012.» Reste qu'Alain Juppé a déclaré hier sur BFM TV qu'il «n'excluait pas d'être candidat» à l'investiture de l'UMP pour la présidentielle de 2012 si Sarkozy ne briguait pas un nouveau mandat.

 
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