Rechercher

Travaux parlementaires.

Hadopi à l'Assemblée : acte II jusqu'au 12 mai

 Publié par Alexandre Laurent le Mercredi 29 Avril 2009 | Net Eco
Christine Albanel sénat
C'est aujourd'hui que la loi Création et Internet signe son grand retour dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, après un examen par la commission des Lois en début de semaine. Élaboré à partir de la version du texte votée par les députés avant le passage en commission mixte paritaire et le rejet surprise du 9 avril, le projet de loi a déjà été copieusement amendé, mais conserve sa substantifique moelle : dispositif de riposte graduée en trois temps, avec suspension d'un abonnement à Internet qu'il faudra toutefois continuer à régler à son FAI.

« Après cet épilogue malheureux, cette fois-ci, c'est la bonne ! Nous repartons, parce que l'urgence est toujours plus grande et la mobilisation du monde culturel est toujours plus forte », a déclaré ce matin Christine Albanel sur France Info (voir vidéo ci-dessous). « Ce n'est pas une loi liberticide, c'est une loi pédagogique. Car pour arriver à une brève suspension de son abonnement à Internet, il faut vraiment pirater avec une opiniâtreté extrême », a réaffirmé la ministre de la Culture.

Le gouvernement l'a bien fait savoir : d'échec, il n'est plus question, et les députés UMP devraient donc faire acte de présence tout au long des débats, prévus le 29 avril, puis les 4 et 5 mai, avant le vote solennel, prévu pour le 12 mai prochain .


Le vote pourrait toutefois ne pas aller de soi. L'opposition aura en effet beau jeu de rappeler que le texte a déjà été rejeté une fois, et n'hésitera sans doute pas à en appeler au parlement européen pour dénoncer la riposte graduée puisque ce dernier vient une nouvelle fois de voter en faveur de l'amendement 138, devenu 46, qui définit l'accès à Internet comme une liberté fondamentale qu'aucune institution autre que le pouvoir judiciaire ne devrait avoir le droit de suspendre.

Un texte durci

Le compte-rendu des votes intervenus lors de l'examen par la commission des lois en début de semaine laisse entrevoir de nouvelles mesures controversées, à commencer par un amendement qui propose d'intégrer au champ d'action du logiciel de sécurisation imposé par l'Hadopi la surveillance des outils de « communication électronique ». « En étendant les dispositions de l'article 6 aux communications électroniques, on demande aux internautes de surveiller également les e-mails, c'est-à-dire la correspondance privée », fera remarquer le député PS Christian Paul.

Joute d'influence

Désormais, des pro et anti-Hadopi, c'est à qui recueillera le plus de suffrages auprès des principaux concernés : les artistes. Alors que Nicolas Sarkozy a récemment reçu à l'Elysée une soixantaine d'entre eux afin de leur renouveler son assurance que la loi passerait bien, diverses voix s'élèvent tantôt pour, tantôt contre le texte.

Derniers en date : les auteurs et scénaristes de science-fiction, ou Indépendants, Solidaires et Fédérés (ISF), une association de salles de cinéma indépendantes, qui appellent au rejet d'Hadopi. Divers groupements tels que l'UFC Que Choisir, la Quadrature du net ou l'Isoc France, poursuivent par ailleurs leur entreprise de sensibilisation aux dangers qu'est susceptible de faire courir la loi.

Beau temps pour les newsgroups ?

« J'ai dit clairement que tout n'avait pas été prévu. Il existe bien sûr plusieurs façons de pirater, mais l'utilisation des messageries est assez marginale et l'essentiel des téléchargements se fait sur les sites de peer to peer. », a confessé lundi sans y prêter gare Christine Albanel, résumant par là-le fondement même du problème de la loi Hadopi qui, de l'avis de toute personne un tant soit peu versée dans les techniques du Net, n'empêchera pas l'internaute déterminé à télécharger illégalement. Le texte devrait toutefois permettre de poser les bases de certains principes contestés, comme le filtrage du Net ou la mise en place de radars automatisés. Pour ses détracteurs, il servirait donc des intérêts plus larges que la simple lutte contre le piratage...

28/04/2009 21:49

A l’Assemblée, les absents n’ont pas toujours tort



Les députés,qui doivent examiner à nouveau ce mercredi 29 avril la loi sur le téléchargement illégal, jugent injuste le procès de leur absentéisme


Séance parlementaire en mars dernier à l'Assemblée nationale. La plupart des élus expliquent les travées dégarnies de l’hémicycle par la multiplicité de leurs engagements (photo Saget/AFP).

La présence des députés de la majorité est « requise » mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale pour le nouvel examen de la loi sur le téléchargement illégal sur Internet. Son rejet inattendu le 9 avril, faute de parlementaires UMP en nombre suffisant dans l’hémicycle, a suscité l’irritation de l’exécutif.

Et le président du groupe, Jean-François Copé, qui « assume » la responsabilité de cet échec, a sonné le rappel des troupes dans une lettre adressée la semaine dernière à chacun d’entre eux. « Je souhaite que tu puisses d’ores et déjà t’organiser pour être extrêmement présent à l’Assemblée toute la semaine prochaine, jusqu’à jeudi soir inclus même si tu n’es pas de permanence », a-t-il signifié à chacun avant de remettre sur le tapis la question de l’absentéisme des députés.

« On va se faire engueuler ! » s’amusait Yves Bur avant la réunion du groupe mardi. Vieux routier de l’Assemblée – il est élu depuis 1995 – « pilier » de la commission des affaires sociales, spécialiste reconnu des questions de santé, le député du Bas-Rhin n’apprécie que modérément de se faire donner la leçon. « Il ne faut pas exagérer, ce n’était qu’un petit accident, relativise-t-il. Il faut arrêter de nous menacer. » Le jour du fameux vote, Yves Bur n’était pas de permanence. De toute façon, il était contre la loi. Alors, il renvoie la balle dans le camp du gouvernement : « Quand on impose aux parlementaires des lois dont ils ne comprennent pas le sens, et c’était le cas avec ce texte, comme avec celui sur l’audiovisuel public ou le travail du dimanche, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des “couacs”. Moi, ça ne me traumatise pas. »

Pour un peu, les députés UMP recevraient presque le soutien de leurs collègues de l’opposition. « Nicolas Sarkozy est mal placé pour donner des leçons, quand il était député, on ne le voyait jamais ! » affirme Jean-Pierre Brard, un des députés les plus actifs du groupe communiste.

« Députés fantômes »

Au-delà de ces réticences sur le fond du texte de loi Internet, la question a aussi mis en lumière la faible participation des députés au débat, tous groupes confondus. De quoi raviver le spectre des « députés fantômes » qui ne mettraient jamais les pieds au Palais-Bourbon. Yves Bur se souvient ainsi de l’arrivée lors d’une réunion de groupe à la fin d’une législature d’un élu que personne n’avait jamais vu : « Tout le monde se demandait qui il était ! » La plupart des députés reconnaissent ainsi qu’ils peuvent citer certains députés qui ne passent jamais une nuit à Paris. Mais cela relèverait plutôt de l’anecdote.

« En fait, estime à vue de nez Benoist Apparu, jeune député UMP de la Marne, très actif au Palais-Bourbon, il y a un tiers des députés qui font réellement la loi, un autre qui participe épisodiquement aux débats lorsque les textes les intéressent, eux ou leurs circonscriptions, et un tiers qui ne viennent que très rarement. » Une répartition que les députés les plus investis à l’Assemblée nationale ne jugent pas anormale, compte tenu du peu de poids que pèse le Parlement dans le dispositif institutionnel de la Ve République. « C’est le cercle vicieux du déséquilibre des pouvoirs, regrette Jean Dionis du Séjour, député Nouveau Centre de Lot-et-Garonne. Si tout se décide à l’Élysée, à quoi bon venir à Paris ? »

« C’est parfois très inconfortable d’être élu de la majorité, ajoute François Brottes, député PS de l’Isère depuis 2007. À chaque texte, seuls le président de la commission concernée, le rapporteur du texte et l’orateur désigné par le groupe ont le droit de parler. Les autres sont priés de ne rien dire pour ne pas ralentir les débats. Alors, la seule façon qu’ils ont de montrer leur désapprobation c’est de ne pas être là. » De fait, observe la députée des Verts de Paris, Martine Billard, « le travail parlementaire est vécu par le gouvernement, et tout spécialement par ce gouvernement, comme une perte de temps. Alors, tout est fait pour nous décourager. »

Résignation dans la majorité

Beaucoup de parlementaires dressent ainsi un tableau sombre du travail du député, noyé sous une inflation de lois, en proie « au mépris du gouvernement ». Au point de se résigner à ne peser que marginalement sur les textes. « J’ai travaillé presque deux mois sur la loi hôpital pour essayer de l’améliorer. On a fait adopter des amendements importants. Quand je vois que le gouvernement va tout détricoter pour des raisons politiques, c’est décourageant », déplore Yves Bur. Du côté de l’opposition, on s’en prend aussi à « l’autisme de l’exécutif ». « Ils refusent tout ce qu’on propose. Alors la seule façon de se faire entendre, c’est d’user de toutes les ficelles du règlement pour faire durer les débats pour percer le mur du silence et alerter l’opinion », estime Jean-Pierre Brard.

La plupart des députés expliquent les travées dégarnies de l’hémicycle par la multiplicité de leurs engagements. Ils participent à de nombreux colloques, siègent dans plusieurs organismes extraparlementaires. Pas moins de cinq pour Yves Bur. Jean-Pierre Brard, lui, se partage entre l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques, le groupe de travail sur la crise financière, la mission d’évaluation et de contrôle, la mission interministérielle sur les sectes, le groupe d’amitié avec le Bundestag… Dans ces conditions, insiste-t-il, « le travail d’un député n’est pas d’être tout le temps en séance ». Ainsi, lors du vote malheureux sur la loi Internet, Benoist Apparu, qui était de permanence pour le groupe UMP, reconnaît ne pas avoir été là. Coprésident d’une mission parlementaire sur la réforme des lycées, il était à Biarritz pour visiter des établissements.

En fait, font valoir les élus, la seule façon de peser vraiment est de se « spécialiser » sur certains sujets. Voilà pourquoi un débat se résume souvent à des échanges entre une trentaine ou une cinquantaine d’élus plus particulièrement concernés par la question en discussion. « De toute façon je nous vois mal débattre à 300 du financement de la Sécurité sociale, ce serait un vrai capharnaüm et une absurdité », précise encore Yves Bur. « Il vaut mieux un débat avec les députés vraiment intéressés par la discussion en cours que des élus qui viendraient dire n’importe quoi par obligation », renchérit Martine Billard.

La question du cumul des mandats

Cette division du travail n’explique pas tout. La question du cumul des mandats pèse aussi dans la balance. « Une ville de 50 000 habitants avec 1 000 employés c’est comme une grosse PME. Vous imaginez gérer une PME, en étant trois jours par semaine à l’Assemblée nationale ? » s’interroge Benoist Apparu. Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, qui a renoncé à son mandat régional dès son entrée à l’Assemblée, acquiesce, tout comme Martine Billard pour qui « on ne peut pas faire correctement deux boulots à plein-temps ».

Aux yeux de François Brottes ou d’Yves Bur, tous deux maires, l’investissement à l’Assemblée est toutefois moins une question de cumul que de volonté et d’organisation. Surtout, ils déplorent la façon dont sont menés les travaux parlementaires. « On devrait avoir de vrais débats politiques sur les sujets importants et ne pas s’éterniser des heures sur des détails », poursuit Yves Bur. Il faudrait aussi une meilleure répartition du travail sur la semaine, reprend Martine Billard : « On siège souvent du lundi 16 heures jusqu’au vendredi 2 heures du matin. Ce n’est tout simplement pas tenable ! » s’alarme la députée Verte.

Pour encourager la présence de tous les députés, beaucoup se disent favorables à des sanctions financières. Un dispositif exclu mardi 28 avril par Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée. De même, ils se disent prêts à plus de transparence sur l’activité des parlementaires. « Cela ne fait peur qu’à ceux qui ont quelque chose à cacher », assure Jean-Jacques Urvoas. Ce classement de l’assiduité des députés pourrait alors les inciter à être plus présents au Palais-Bourbon.

« À mon arrivée à l’Assemblée, André Labarrère m’a dit : “Petit, tu n’as rien à faire là. Va dans ta circonscription, c’est là que sont tes électeurs” », raconte pourtant François Brottes. Lui a fait le pari inverse, tout comme Yves Bur ou Jean-Jacques Urvoas. « J’ai été élu pour siéger à Paris, je le fais », assure ce dernier, qui veut croire « qu’un député qui fait son boulot a tout de même plus de chance d’être réélu ».
Mathieu CASTAGNET et Céline ROUDEN la croix.

Copé veut revoir "de fond en comble" le travail parlementaire

Par Reuters, publié le 15/04/2009 à 09:59  L'express.

PARIS - Jean-François Copé souhaite une révision "de fond en comble" du fonctionnement de l'Assemblée à la suite du rejet du projet de loi contre le piratage sur internet, un loupé qui a déclenché la colère de Nicolas Sarkozy.

Jean-François Copé souhaite une révision de fond en comble du fonctionnement de l'Assemblée à la suite du rejet du projet de loi contre le piratage sur internet, un loupé qui a déclenché la colère de Nicolas Sarkozy. (Reuters)

Jean-François Copé souhaite une révision "de fond en comble" du fonctionnement de l'Assemblée à la suite du rejet du projet de loi contre le piratage sur internet, un loupé qui a déclenché la colère de Nicolas Sarkozy. (Reuters)

"Il faut que les députés que nous sommes soient dans leur circonscription le vendredi, samedi, dimanche, lundi et à Paris mardi, mercredi, jeudi", a déclaré sur RTL le président du groupe UMP à l'Assemblée.

"Et nous allons, compte tenu de nos nouvelles responsabilités qui vont être effectives dans quelques semaines, réorganiser le travail en conséquence", a-t-il ajouté, évoquant la réforme à venir du règlement du Parlement. "Maintenant, il faut qu'on change complètement nos méthodes de travail".

Le texte "Création et internet", rejeté jeudi dernier faute d'un nombre suffisant de députés UMP, mis en minorité par des élus de gauche arrivés au dernier moment pour le vote, sera de nouveau inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale le 28 avril.

"Il n'y aura pas de deuxième fois, en tous cas on va prendre les mesures pour qu'il n'y en ait pas. Un coup de pied au derrière, ça fait toujours avancer", a souligné Jean-François Copé, déplorant "un mauvais petit coup de l'opposition".

Assumant de nouveau la responsabilité de ce faux pas, Jean-François Copé a exclu de démissionner, hypothèse qu'a évoquée pour lui-même le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

"J'étais furax, d'abord contre moi-même, pour défaut de vigilance", a-t-il témoigné. "Ce n'est pas régler le problème que de partir".

Sophie Louet

Les députés au poteau!






Depuis le rejet du texte sur le téléchargement illégal, je lis partout des débats extrêmement passionnés - voire érudits - sur l'absentéisme des députés à l'Assemblée nationale.

Il en est même - les petits retors - qui profitent de l'occasion pour demander la fin du cumul des mandats ou songer à pénaliser les "députés invisibles" (l'expression - heureuse - est de Xavier Bertrand, ce matin, vers 8h20, au micro de Fabien Namias, sur Europe1).

Copé se dit "furax". Karoutchi est las. Le Président Sarkozy en a marre des "amateurs".

Bref, c'est la crise...

Tout ça, donc, parce que des députés socialistes se seraient cachés...

Derrière un rideau, selon certaines versions.

Derrière une colonne, selon d'autres interprétations.

Il en est même, taquins, qui évoquent le rideau d'une colonne dans un couloir...

Ou un poteau... Histoire de lancer "les socialistes au poteau !" probablement.

Sans parler de ceux qui ont vu les socialistes derrière un pylône...

Un pylône à l'Assemblée ! Et pourquoi pas des caténaires et une voie ferrée, pendant qu'on y est... ?

 

Devant cette insupportable gabegie architecturale, j'ai LA solution.

Inutile de se lancer dans des réformes constitutionnelles et institutionnelles complexes.

Oublions l'absentéisme parlementaire, le cumul des mandats, le mandat unique, les pénalités financières, les sanctions...

Soyons enfin rationnels - ah les dissertations sur la rationalisation du parlementarisme... -, économes et inventifs.

 

Pour que plus jamais des députés  - pas forcément socialistes - ne se cachent pour mourir bondir...

Il suffit de décrocher tous les rideaux !

De raser les colonnes !

De fracasser les poteaux.

Et on pourrait même, si besoin est, penser à enterrer les fameux pylônes...

Je me demande vraiment pourquoi personne n'y a encore songé.

Un coup dur pour Jean-François Copé et Roger Karoutchi










 

Le chef de file des députés UMP et le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement n'ont pas su anticiper le « coup » des socialistes. Le texte suscitait pourtant bien des réticences dans la majorité.

L'affaire tombe mal pour la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, qui, après des débuts difficiles, était parvenue à améliorer son image à l'Elysée en faisant adopter la loi sur l'audiovisuel. Mais, de l'aveu de responsables de la majorité, le coup est plus rude encore pour Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, et Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée, qui n'ont pas vu le coup venir et n'ont pu battre le rappel des troupes. Trop peu nombreux en séance pour contrer l'opposition, les députés de la majorité ont, de fait, infligé un camouflet à un projet de loi voulu par Nicolas Sarkozy.

Soucieux de minimiser ce revers, Jean-François Copé a d'abord évoqué un « petit loupé » et dénoncé, comme Roger Karoutchi, un « coup » politique de la gauche, qui « envoie un message catastrophique à nos artistes français, qui, j'espère, sauront s'en souvenir ». Mais, plus tard dans la journée, le chef de file des députés UMP assumait cet échec : « Un coup de pied au derrière, ça fait toujours avancer. Je l'ai parfaitement reçu comme un nouvel avertissement », a expliqué Jean-François Copé, qui entretient déjà des relations tumultueuses avec le président de la République. « Ce n'est pas cette histoire qui va redorer son blason », relève un proche du chef de l'Etat. Il y a un an, après le rejet dans des conditions similaires du texte sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), le président avait glissé, cinglant : « C'est bien de vouloir sauter un jour 2,40 mètres, mais il faut commencer par passer 1,80 mètre ! ». Une allusion aux ambitions présidentielles du député-maire de Meaux...

Les réticences de certains UMP

Cet indéniable coup politique des socialistes ne saurait faire oublier les réticences soulevées par le texte au sein de la majorité. Nombre d'élus UMP jugent « excessive » la suspension de l'accès Internet de l'abonné en cas de piratage, redoutant de se mettre à dos une partie de l'électorat et, notamment la jeunesse. « J'ai été bon petit soldat la dernière fois. Là, ça va trop loin », avait prévenu Christian Vanneste, rapporteur en 2006 du projet de loi DADVSI (sur les droits d'auteur), dont l'examen avait déjà viré au cauchemar pour la majorité. Très remonté contre la « coupure » de l'abonnement, Lionel Tardy, le député de Haute-Savoie, reconnaît avoir « boycotté » la séance et réclame « un vote solennel » pour « que chacun assume ses responsabilités » lorsque le texte reviendra à l'Assemblée, à la fin du mois.

Au gouvernement, François Fillon lui même n'a pas fait preuve d'un enthousiasme démesuré à l'égard du projet de loi repoussé hier. Quant à Nathalie Kosciusko-Morizet, pourtant nommée secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, elle ne s'est jamais clairement prononcée sur le texte, préférant se projeter dans « l'après Hadopi ». « Ce sont les limites de la législation au pas de charge sur des sujets qui divisent profondément la majorité, estime un député UMP. Surtout lorsque le président du groupe n'est pas le plus zélé » des sarkozystes...

PIERRE-ALAIN FURBURY, Les Echos

5 500 prisonniers volontaires pour interpeller le pouvoir

Des associations veulent dénoncer aujourd’hui le délit de solidarité.

CATHERINE COROLLER  Libération.


L’initiative se veut spectaculaire et provocatrice. Aujourd’hui, 5 500 citoyens vont se constituer prisonniers dans plusieurs villes de France. Pour quel délit ? Avoir aidé des sans-papiers. «Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis», déclarent-ils. L’article L 622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit en effet que «toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros». Un amendement à la loi de finances 2009 fixe également pour 2010 un objectif de 5 500 interpellations d’«aidants» de sans-papiers. Selon les associations, plusieurs personnes ont été récemment inquiétées pour avoir aidé des sans-papiers. «Aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit», accusent les associations.

Evénement inédit, l’appel à se rassembler aujourd’hui devant les palais de justice de 80 villes de France a été signé par les mouvements coutumiers de ce genre d’actions comme le Gisti ou la Cimade, mais aussi par des associations confessionnelles tout aussi engagées mais préférant œuvrer dans la discrétion comme le Secours catholique, la Fédération d’entraide protestante ou les petits Frères des pauvres.

Un certain nombre de parlementaires socialistes ont annoncé leur participation à cette mobilisation. Sur cette affaire, le PS est monté au créneau. Il est à l’origine d’une proposition de loi visant à dépénaliser le délit de solidarité qui sera débattue le 30 avril à l’Assemblée nationale.

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés