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U.M.P.

 

Burqa : les députés UMP ne cèdent pas au Conseil d'État 


Par Sophie Huet
14/05/2010 | Mise à jour : 22:14
le figaro

Crédits photo : AFP

Pour Jean-François Copé, l'avis de la haute juridiction est «respectable mais contestable». 

L'avis «défavorable» émis par le Conseil d'État sur le projet de loi interdisant le port du voile intégraldéjà exprimé le 30 mars dernier, n'est qu'une «interprétation» juridique «respectable mais contestable». dans tout l'espace public laisse de marbre les élus UMP. Pour Jean-François Copé, l'instigateur de cette mesure d'interdiction générale, l'avis du Conseil d'État,

Le patron des députés UMP a fait valoir vendredi qu'il «existe déjà dans notre pays des interdictions générales et absolues. Par exemple, on n'a pas le droit de se promener tout nu dans la rue, sinon on est sanctionné». Copé renvoie la balle dans le camp de la haute juridiction administrative : «Quand le Conseil d'État dit que les fondements juridiques sont contestables, ça veut dire qu'ils ne sont pas impossibles.» Ce qui ne doit donc pas dissuader le gouvernement d'aller jusqu'au bout de son combat.

 

Jean-François Copé, lors de la séance des questions au gouvernement.
Jean-François Copé, lors de la séance des questions au gouvernement. Crédits photo : Le Figaro

À fond derrière Jean-François Copé, les députés UMP demandent aux politiques de «prendre leurs responsabilités», insiste Jacques Myard. «Ce n'est pas la première fois que le Conseil d'État se trompe lourdement», rappelle le député des Yvelines, évoquant l'avis hostile du Conseil, émis en 1989, à la loi interdisant le port de signes religieux à l'école.

«Choquée» par le «ton péremptoire» de la haute juridiction, Françoise Hostalier invite les conseillers d'État à «sortir de leur tour d'ivoire pour se frotter aux réalités». «Je ne vois pas en quoi ce texte est inapplicable», renchérit Alain Gest (Somme) qui affirme que les électeurs ruraux de sa circonscription, a priori peu concernés par cette mesure, lui demandent «quand le gouvernement va faire voter une loi contre la burqa».

Le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Ollier (Hauts-de-Seine), souligne que «le Parlement est là pour faire la loi, pas pour suivre les avis du Conseil d'État, qui sera bien obligé de reconnaître que cette interdiction générale repose sur des fondements juridiques». L'ancien président de la commission des lois Philippe Houillon (Val-d'Oise) estime que ces divergences relèvent d'un «fonctionnement normal de nos institutions» et que «c'est le rôle du gouvernement d'affirmer sa politique» .

 

« Des lois efficaces » 

L'ancien garde des Sceaux Dominique Perben (Rhône) juge également que «la position du Conseil d'État peut tout à fait être discutée». Ce qu'exprime en d'autres termes Yannick Paternotte (Val-d'Oise), qui demande aux «représentants des citoyens de reprendre la main». Axel Poniatowski (Val-d'Oise) considère aussi que l'interdiction du voile «n'a de sens que si elle est généralisée». Le secrétaire général adjoint de l'UMP souhaite que le gouvernement «trouve avec le Conseil d'État les modalités pour que le projet de loi soit constitutionnel». Thierry Mariani, lui, fait remarquer que «les Français ne comprennent pas ces débats juridiques et veulent qu'on vote des lois efficaces».

Se déclarant «très partagé», Pierre Méhaignerie, le président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée, reconnaît que «les arguments des uns et des autres sont très forts», mais ce centriste de l'UMP est personnellement plus favorable à ceux du Conseil d'État. D'autres UMP, très minoritaires, regrettent que le gouvernement «fasse beaucoup trop de bruit sur cette affaire». C'est le cas de Pierre Cardo (Yvelines), qui considère que l'UMP «est tombée dans un piège».

À gauche, le communiste André Gerin, ancien président de la mission parlementaire sur le voile intégral, persiste et signe. «Il n'y a rien de neuf dans l'avis du Conseil d'État. Je suis toujours convaincu qu'il faut aller vers l'interdiction générale», déclare le député du Rhône.

À l'inverse, la grande majorité des députés socialistes se félicitent que la proposition de loi PS sur la burqa corresponde «très exactement» à l'avis du Conseil d'État, en préconisant des interdictions ciblées dans les services publics et les commerces, comme l'a expliqué hier Jean-Christophe Cambadélis (Paris). Ce qui a fait réagir vivement Jean-François Copé : «Je voudrais dire aux socialistes, qui ont eu le premier réflexe de se réjouir de l'avis du Conseil d'État, que ça ne les fera pas jouer à cache-cache avec leurs responsabilités, parce que 70% des Français sont favorables à l'interdiction générale.»

 

Burqa : Copé a reçu des menaces

Lefigaro.fr
23/04/2010 | Mise à jour : 08:30 
le figaro

Jean-François Copé a été placé sous protection policière. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, en pointe sur l'interdiction totale du voile intégral, a reçu des menaces "explicites", indique aujourd'hui Le Parisien. Il est désormais suivi en permanence par un officier de sécurité dans ses déplacements entre l'Assemblée nationale, son domicile et sa mairie de Meaux, précise le quotidien.

Son entourage a confirmé l'information à l'AFP dans la matinée de vendredi. "C'est plus ou moins lié à la burqa", précisent ses proches, sans préciser quel type de menaces il avait reçues, citant seulement des menaces par "lettre ou téléphone".


Jean-François Copé avait déposé en début d'année une proposition de loi,
soutenue par 220 parlementaires de la majorité, pour interdire le porte du voile intégral sur la voie publique.

PARIS (AP) — Nicolas Sarkozy a promis mardi une nouvelle loi sur la suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire. Le président veut en fait assouplir le dispositif existant dans la loi "égalité des chances" de 2006 sous la forme d'un "contrat de responsabilité parentale" qui, en cas de non respect, peut conduire à la suspension des allocations.

Pour le député UMP et président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP en charge des questions de sécurité et qui devrait être le rapporteur de la nouvelle loi, le dispositif actuel nécessite une procédure "longue" et qui n'est pas "systématique".

L'article 48 de la loi sur l'égalité des chances du 31 mars 2006 prévoit ainsi que le président du conseil général peut de sa propre initiative ou sur "saisine" de l'établissement scolaire, du préfet ou de la caisse d'allocations familiales, établir un "contrat de responsabilité parentale" avec les représentants légaux du mineur concerné.

Ce contrat, conclu en "cas d'absentéisme scolaire (...), de trouble porté au fonctionnement d'un établissement scolaire ou de toute autre difficulté liée à une carence de l'autorité parentale", rappelle "les obligations des titulaires de l'autorité parentale et comporte toute mesure d'aide et d'action sociales de nature à remédier à la situation".

Si le président du conseil général constate que ce contrat n'est pas respecté, ou qu'un contrat n'a pu être signé "sans motif légitime", il peut demander la suspension du versement des allocations familiales.

"L'idée du contrat est intéressante. Il permet de redynamiser le dialogue au sein de la famille, de tenter de trouver une solution", a déclaré mardi le président du conseil d'administration de la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) Jean-Louis Deroussen à l'Associated Press. Selon lui, "il n'y a jusqu'à présent jamais eu de demande de suspension des allocations auprès des caisses".

"Il y a eu des contrats signés et les présidents de conseils généraux qui l'on appliqué ont préféré s'inscrire dans une démarche de dialogue plutôt que de priver des familles d'une ressource financière", a-t-il ajouté.

Eric Ciotti, propose lui, une procédure plus radicale et mise sur le côté "dissuasif". "La notion d'absentéisme, c'est quatre demi-journées d'absence non justifiées par mois. Le directeur d'établissement doit en informer l'inspecteur d'académie" qui "convoque la famille de l'élève absentéiste pour lui adresser un avertissement et pour essayer de comprendre les raisons de cette situation", a-t-il précisé à l'AP.

"S'il y a récidive après cet avertissement, l'inspecteur d'académie saisit immédiatement la caisse d'allocations familiales pour suspendre les allocations familiales qui sont liées à cet enfant", a-t-il ajouté.

Le dispositif actuel nécessite selon lui une "procédure plus longue, moins systématique" à cause de la présence du conseil général, qui "restera dans la boucle uniquement dans le cadre des mesures d'accompagnement social".

Reste que dans les Alpes-Maritimes, selon Eric Ciotti, sur 57 contrats de responsabilité parentale signés, un seul donne actuellement lieu à une procédure de suspension des allocations, procédure qui n'en est qu'au "début". AP

god/sc/mw nouvel obs

 
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