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Travaux parlementaires.

Parlement

Bataille rangée à l'Assemblée sur les "lieux secrets" des militaires


Par Romain Rosso, publié le 04/06/2009 23:43 - mis à jour le 05/06/2009 11:22 L'express.


 

La commission des lois de l'Assemblée nationale a rejeté les nouvelles dispositions encadrant les perquisitions des magistrats dans des "lieux secrets" de la défense nationale. La réaction d'Yves Fromion, rapporteur du texte à la commission de la défense, qui avait approuvé ces changements.

C'est inédit. La commission des lois de l'Assemblée nationale a rejeté, à l'unanimité, mercredi 3 juin, les nouvelles dispositions renforçant le secret de la défense nationale -qui encadrent strictement les perquisitions des magistrats dans les lieux sensibles- contenues dans les articles 12 à 14 de la loi de programmation militaire, qui sera discutée au Palais Bourbon les 8 et 9 juin.

Ces articles avaient pourtant été adoptés par la commission de la Défense nationale. Le rapporteur de cette partie du texte, le député Yves Fromion, répond aux questions de LEXPRESS.fr

Pourquoi la commission des lois a-t-elle rejeté ces articles, alors que la commission de la Défense les avait approuvés ?

Je tiens d'abord à rappeler que les dispositions sur le secret de la défense nationale sont d'origine gouvernementale. A cet égard, le gouvernement n'a pas pris ces dispositions nouvelles pour le plaisir d'innover: il s'est rendu à l'avis du conseil d'Etat du 5 avril 2007. Ce dernier suggérait que le législateur prenne des mesures complémentaires pour que les procédures en matière de perquisitions et, donc, de connaissances de documents relevant du secret défense, soient encadrés. La commission de la défense a ensuite été saisie au fond pour examiner ce projet de loi. Elle a étudié le texte et mené des concertations avec toutes les parties prenantes, dont les syndicats de magistrats. Je peux certifier que nous l'avons assez largement amélioré. Nous avons encadré de façon beaucoup plus restrictive la mise en oeuvre de la notion de secret défense prévue par le gouvernement.

Par exemple?

Dans le texte initial, l'article 12 évoquait des lieux "susceptibles d'abriter des secrets de la défense nationale". Nous avons supprimé cette idée de "susceptibilité. Nous avons dit: les lieux doivent abriter des secrets ou pas. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une liste de lieux susceptibles un jour ou l'autre d'abriter des secrets. J'observe que la commission des lois n'a même pas demandé de le modifier. C'est nous qui l'avons souhaité. Nous avons voulu que l'on restreigne au strict minimum les lieux qui pourraient se voir appliquer la procédure de secret défense. Alors quand on laisse entendre que nous serions des liberticides, il y a de quoi rigoler. On nous fait un bien mauvais procès.

Pourquoi les deux commissions sont-elles en conflit?

Ce n'est pas un conflit entre la commission des lois et celle de la Défense, mais entre la commission des lois et le gouvernement. Ce dernier est en effet l'auteur du texte. La commission de la Défense l'a très sensiblement amélioré, en accord d'ailleurs avec lui. Avec la nouvelle procédure législative, le ministre était en effet présent pour défendre le projet devant la commission de la Défense, avec le rapporteur pour avis de la commission des lois. C'est donc une partie à trois qui s'est joué.

Quelle a été la position du ministre de la Défense?

Le ministre a été parfaitement en ligne avec la commission de la Défense. Il était présent. J'étais à ses côtés. Il a défendu le texte ; nous l'avons amendé. Et nous ne nous sommes jamais retrouvés en opposition. En revanche, le ministre ne s'est pas montré favorable à certaines propositions de la commission des lois.

Comment expliquer l'attitude de la commission des lois?

Elle a cru devoir proposer des aménagements. Son rapporteur pour avis, Emile Blessig, est avocat. Il voudrait que l'on mette des dispositions qui pourraient s'apparenter à celles qui s'appliquent au bâtonnier de l'ordre des avocats _ce dernier se déplace dans le cabinet d'un avocat lorsqu'il est visé par une perquisition. Il est abusif de mettre un avocat sur le même plan qu'un Etat. Toute la jurisprudence le confirme: notre propre jurisprudence administrative et judiciaire, la cour européenne des droits de l'Homme, la cour de justice des communautés européennes, la cour internationale de justice de l'ONU, la cour pénale internationale. Toutes ces instances admettent que les Etats, lorsque leurs intérêts sont en cause, sont en droit de s'opposer à une action judiciaire. Certains peuvent le regretter. Mais je considère que nous vivons dans un Etat de droit qui n'apparaît tout de même pas comme excessif. Nous sommes alignés sur les autres grandes démocraties. Et il n'y a aucun procès à faire au gouvernement dans la manière dont il gère les dossiers de secret défense.

La commission des lois avait notamment prévu que la liste des sites, qui selon le projet de loi sera établie par décret du Premier ministre, devrait l'être après l'avis conforme de la Commission consultative du secret de la défense nationale. La commission de la Défense a refusé cet amendement...

La commission des lois devrait tout de même connaître le droit. On ne peut pas demander à une commission consultative d'émettre un avis qui doit être suivi de façon conforme ! C'est le contraire du droit...

Que va-t-il se passer lundi 8 juin?

Il y aura un débat dans l'hémicycle sur le texte qui a été adopté par la commission de la défense nationale. La commission des lois pourra déposer à nouveau les amendements qu'elle souhaite voir rediscuter. En tant que rapporteur, je donnerai mon point de vue ; le ministre également. C'est déjà arrivé qu'il y ait des divergences entre deux commissions. La volonté du président de la commission des lois de demander à ses commissaires de voter à nouveau sur les amendements rejetés est en revanche inédite. Il a donné un caractère solennel à cette affaire. Il se met clairement en opposition frontale avec le gouvernement.

L’hôpital public mérite mieux qu’une procédure d’urgence

Les professeurs Basdevant (Pitié-Salpêtrière), Bourgeois (Pitié-Salpêtrière), Bousser (Lariboisière), Brochard (Henri-Mondor), Dubourg (Ambroise-Paré), Fischer (Necker), Franco (Antoine-Béclère), Frydman (Antoine-Béclère), Gaudric (Lariboisière), Gluckman (Saint-Louis), Godeau (Henri-Mondor), Grimaldi (Pitié-Salpêtrière), Guillevin (Cochin), Kieffer (Pitié-Salpêtrière), Kuttenn (Pitié-Salpétrière), Lyon-Caen (Pitié-Salpêtrière), Mariette (Bichat), Menasche (Georges-Pompidou), Musset (Antoine-Béclère), Niaudet (Necker), Sahel (Quinze-Vingt), Sedel (Lariboisière), Valla (Beaujon), Varet (Necker), Vernant (Pitié-Salpêtrière).


Madame la ministre,

Vous avez pris le temps de répondre à nos «propositions pour une réforme de l’hôpital» en nous indiquant que «vous en partagiez les valeurs et les principes». En réalité nous sommes en désaccord sur la méthode et sur le fond. Sur la méthode, vous ne manquez pas de rappeler que votre loi a été précédée d’une concertation sans précédent. Cette concertation fut sans doute partielle, puisqu’elle n’a pas fait apparaître les différentes alternatives.

Une loi portant réforme de l’hôpital ne doit pas s’attacher en premier lieu à la gouvernance, elle doit définir la finalité de cette gouvernance. Cette finalité a été définie par la commission sur l’avenir des CHU, si bien qu’on se trouve en présence aujourd’hui de deux textes différents, voire contradictoires.

Nous pensons que l’hôpital a besoin d’une réforme. Cependant, celle-ci ne peut pas être noyée dans un texte dont sont exclues des questions telles que les modalités de financement de l’hôpital, la complémentarité (et non la concurrence) avec les établissements privés, le développement de la recherche dans les CHU et hors CHU. Faute d’être portée par une réelle perspective de progrès, votre loi a suscité un débat limité aux seules questions de gestion. Sur le fond, nous souhaitons reprendre certaines questions :

1) Il y a une différence entre la lutte contre les gaspillages et la rentabilité. La rentabilité est l’objectif des cliniques privées à but lucratif. Nombre d’activités peu utiles, voire inutiles, peuvent être rentables. Le devoir d’un service public hospitalier est de lutter contre les gaspillages, c’est-à-dire contre les dépenses inutiles. Vous dites qu’il n’est pas question de demander aux hôpitaux d’être rentables, mais depuis la mise en place de la T2A [tarification à l’activité, ndlr], nous sommes incités en permanence à «augmenter l’activité» en gagnant des «parts de marché», c’est-à-dire en développant des activités simples et programmables, qui représentent 80 % de l’activité des cliniques commerciales et seulement 20 % de l’activité des hôpitaux publics. Depuis la mise en place de la T2A, l’activité codée des hôpitaux a augmenté de 3 % par an, comme si une catastrophe sanitaire s’abattait chaque année sur notre pays ! Cette inflation, conséquence connue de la T2A, est limitée, dites-vous, par les contrôles. A-t-on fait le calcul du coût de la machine bureaucratique ainsi mise en place ?

Bien qu’ils développent leur activité, les hôpitaux ne peuvent pas retrouver un équilibre financier, dans la mesure où ils sont dépendants d’une enveloppe globale fermée. Vous avez répété que vous aviez augmenté cette enveloppe de 3,1 %, malgré la crise. Or, la Fédération hospitalière de France, qui soutient votre loi, a calculé que si le taux de l’inflation et le coût de divers programmes de santé publique décidés par le gouvernement étaient pris en compte, le simple maintien en l’état de l’activité des hôpitaux nécessiterait une augmentation de l’enveloppe budgétaire de 4,15 %. Le budget d’investissement va donc être réduit, menaçant l’avenir de l’hôpital public tandis que les cliniques commerciales poursuivent leur activité rentable pour leurs actionnaires.

2) La question des modalités de financement de l’hôpital est effet centrale. Trois modes de financement hospitalier sont possibles : le financement par un prix de journée comme cela se faisait avant 1983, le financement par un budget, et le financement à l’activité comme cela se fait depuis cinq ans. Chaque mode de financement a ses avantages et ses inconvénients. Au lieu d’adopter un modèle unique, il serait préférable d’utiliser les trois de façon conjointe, en retenant le mieux adapté à chaque type d’activité médicale : la T2A pour les activités «standard» bien codifiées, le prix de journée pour les soins palliatifs et la psychiatrie. Le financement par un budget évolutif serait mis en place pour les autres activités en définissant des critères quantitatifs et qualitatifs.

Le système actuel est opaque, dysfonctionnel. Vous-même avez reconnu que depuis cinq ans, la tarification à l’activité avait oublié de prendre en compte la précarité et la gravité des pathologies. Pourtant, en dépit de ce sous-financement, le gouvernement répète que 50 % des hôpitaux, et parmi eux 29 des 31 CHU, sont en déficit. De même, personne ne nous explique comment a été calculé le taux des missions de service public réduit à 12 % de l’enveloppe globale alors que dans plusieurs pays, ces missions sont valorisées à la hauteur de 50 %.

3) Vous avez renoncé à réguler les dépassements d’honoraires en ville sous la pression de la Fédération de l’hospitalisation privée. Allez-vous laisser cette tâche aux assureurs privés ? Le gouvernement a accepté de reporter à 2018 la convergence public-privé prévue initialement pour 2012. Nous vous proposons d’aller plus loin : cette convergence, qui n’est qu’une concurrence inéquitable, n’a pas lieu d’être en raison même de la finalité et du fonctionnement différents des cliniques commerciales et de l’hôpital public. En effet, la clinique peut sélectionner les pathologies et organiser son activité. Elle a rarement un programme opératoire perturbé par l’arrivée d’une urgence. Elle peut fermer son activité pendant un mois d’été pour diminuer ses frais fixes. En renonçant à cette mauvaise idée, vous témoigneriez de votre attachement au service public hospitalier dont la mention même a disparu de la loi !

4) Des économies sont possibles. Nous l’avons toujours dit. Vous nous interrogez sur le fait que les personnes âgées restent indûment hospitalisées faute de place en aval dans le secteur médico-social. Nous déplorons qu’à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 1 300 personnes attendent chaque jour leur départ en soins de suite. Vous nous interpellez sur les urgences hospitalières surchargées en raison de la défaillance de la permanence des soins de premier recours ou de l’apparition de déserts médicaux. Cependant vous n’évoquez pas la réduction du nombre de médecins formés, passé de 8 500 à 3 500 par an en raison d’un numerus clausus maintenu pendant plus de vingt ans, sans pour autant changer les conditions d’exercice professionnel. Croyez-vous que les réponses à vos questions soient entre nos mains ?

5) La question de la qualité de l’activité médicale est primordiale. Vous dites avoir choisi la T2A à 100 % pour développer la qualité. Or, la T2A est un instrument quantitatif qui ne prend en compte ni la qualité, ni même la justification des soins. La définition d’indices de qualité nécessite une collaboration avec chacune des spécialités médicales. L’évaluation qualitative implique la comparaison entre des centres ayant des activités similaires. Cette comparaison, indispensable pour une évaluation médico-économique comparative, n’existe pas. C’est pourtant en son nom que, malgré vos dires, vous supprimez 1200 emplois, en majorité des soignants, à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, 650 à Nancy, 400 à Caen, Nantes et Rouen, 550 au Havre, 200 à Lyon, etc. La Fédération hospitalière de France a calculé que 20 000 emplois seraient supprimés d’ici à 2012, ce qui est incompatible avec l’amélioration de la qualité des soins.

6) La question de l’attractivité financière des postes hospitaliers est incontournable, en particulier pour les personnels non médicaux. Les aides-soignantes et les infirmières des hôpitaux sont honteusement mal payées. Une loi sur l’hôpital doit traiter des nouveaux métiers de la santé, de la valorisation de l’activité des soignants, de leur promotion par le travail, et de l’amélioration de leurs conditions de vie.

En ce qui concerne les médecins, vous nous demandez de clarifier notre position sur le maintien de l’activité privée. Excellente question qui se pose d’abord à vous-même. Quelle est votre position sur le maintien de l’activité libérale à l’hôpital ? Envisagez-vous de la supprimer ? Si oui, pourquoi ne l’avez-vous pas fait dans cette loi ? Si non, votre question ressemble fort à une habileté politicienne. Cette activité libérale fut instituée lors de la création des CHU. Prévue initialement pour être transitoire, elle fut maintenue pour deux raisons : la non-prise en compte de l’indemnité hospitalière dans la retraite et des différences de revenus entre le public et le privé, allant de 2 à 5 dans certaines disciplines (chirurgie, radiologie…). Cette activité privée à l’hôpital public est encadrée par la loi. Elle ne doit pas dépasser 20 % de l’activité de chaque médecin ni entraver l’égalité d’accès à des soins de qualité. Moins de 10 % des médecins hospitaliers ont une activité privée. Parmi eux, 90 % respectent les règles et seuls 10 % ne les respectent pas et méritent d’être rappelés à l’ordre. L’avez-vous fait ? Votre interpellation sur l’activité privée à l’hôpital est d’autant plus surprenante que votre loi prévoit que des médecins hospitaliers pourront être payés à l’activité, ou même avoir une activité exclusivement libérale au sein même des établissements publics.

Revenons enfin à la préoccupation du Président de la République : «il ne doit y avoir qu’un seul patron à l’hôpital», le directeur d’hôpital. Celui-ci peut désormais venir du privé, être embauché sous contrat ; il devient révocable à tout moment et sans appel par le directeur de l’Agence régionale de santé, lui-même véritable préfet sanitaire nommé en conseil des ministres. Il s’agit d’une politisation extrême de la gestion de la santé. Tout pouvoir tend naturellement à devenir un pouvoir absolu. Il est donc nécessaire de prévoir des mécanismes assurant l’équilibre. Disposés à poursuivre le débat, nous sommes convaincus que la levée de la procédure d’urgence parlementaire, donnant du temps à la concertation, permettrait de sortir de la confusion et des tensions actuelles.

Nous vous prions de croire, madame la ministre…Source libération.

TF1 : démission pour Albanel ?

TOP-LOGICIEL | Elodie Do Pham | 12/5/2009 20:59:05
  L'affaire du cadre de TF1 licencié pour son opposition au projet de loi Hadopi subit bien des rebonds notamment à l'Assemblée Nationale ce mardi 12 mai où l'opposition a scandé "démission, démission" à l'adresse de Christine Albanel ministre de la Culture.

Après la suspension d'un mois du directeur adjoint du ministère de la Culture, c'est au tour de Christine Albanel d'être sur la sellette.

Directement visée par l'opposition ce mardi à l'Assemblée Nationale, la ministre a vu des hordes de parlementaires de gauche scander "démission, démission" à son encontre car la proximité entre la société télévisée TF1 et le gouvernement commence à prêter à confusion.


Lors de la séance de questions au gouvernement, Michel Françaix député socialiste et spécialiste des médias lui a demandé si elle était "fière d'appartenir à un gouvernement qui prône la collusion avec les médias".
Ce a quoi madame Albanel a simplement répondu qu'elle regrettait l'envoi de cet email à la direction de TF1 dont elle n'avait bien entendu pas été informé. Ajoutant qu'elle venait d'ailleurs de sanctionner le délateur avec une suspension de 1 mois et qu'elle avait pris ses responsabilités dans cette affaire.

L'opposition n'a pas hésité à la huer et à lancer à Françoise de Panafieu "balance" puisqu'elle était la destinataire initiale de cet email et qu'elle l'avait transféré au délateur Christophe Tardieu. Cet email avait ensuite été envoyé à la direction générale de TF1 qui a ensuite renvoyé l'émetteur du message.

Pendant ce temps, Bourreau-Guggenheim le cadre licencié affirme avoir été renvoyé sur demande du cabinet de la ministre de la Culture et non pour faute professionnelle.

La réforme du règlement de l'Assemblée s'annonce à couteaux tirés

Rude bataille en perspective dans l'hémicycle. Les députés entament mardi l'examen de la réforme du règlement de l'Assemblée dans une ambiance tendue à l'extrême entre la majorité et l'opposition. 

Cette résolution modifiant la "loi intérieure" de l'Assemblée, la 31e en un demi-siècle, est rendue nécessaire par la réforme de la Constitution du 23 juillet 2008. Adoptée à une voix de majorité, cette réforme était supposée renforcer les pouvoirs du Parlement, en contrepoids à "l'hyperprésident" Sarkozy.

Près d'un an après, on a du mal à voir le changement à l'Assemblée, où le gouvernement continue de dicter sa loi. L'ordre du jour partagé, entré en vigueur le 1er mars, n'empêche pas le gouvernement de continuer à présenter des textes en rafale, au besoin sur les semaines réservées au Parlement.

La réforme du règlement met en oeuvre les modifications de la procédure législative prévues par la révision constitutionnelle et la loi organique du 15 avril 2009. Il s'agit de mettre en oeuvre les nouvelles règles (discussion en séance sur la base du texte adopté par la commmission, avis des commissions sur les nominations, nouvelles attributions en matière de contrôle), de porter de six à huit le nombre de commissions permanentes ou de donner de nouveaux droits aux groupes parlementaires.

Surtout, la réforme met en application le "temps programmé" des débats, qui permettra à la conférence des présidents de fixer à l'avance la durée de l'examen d'un texte. Ce changement, destiné à lutter contre l'obstruction, a mis le feu aux poudres en janvier dernier dans l'hémicycle, les socialistes allant jusqu'à chanter "La Marseillaise" et boycotter deux séances de questions au gouvernement pour protester contre ce "temps guillotine".

Depuis, le rejet-surprise le 9 avril dernier du projet de loi Hadopi a encore accru la tension entre la majorité et l'opposition. Jean-François Copé, qui mise sur cette réforme pour renforcer ses propres pouvoirs de président du groupe majoritaire, a pris sa revanche en durcissant en commission la réforme du règlement préparée par le président de l'Assemblée Bernard Accoyer.

Parmi les amendements adoptés avec la complicité du président UMP de la commission des Lois Jean-Luc Warsmann, le plus controversé est celui qui limite à 15 minutes par texte le temps de parole des présidents de groupe. Un autre vise à faire tomber en désuétude la vérification du quorum, arme d'obstruction de l'opposition. Un troisième amendement supprime l'une des trois motions de procédure à la disposition de l'opposition sur chaque texte. Un quatrième permet à la majorité de s'opposer aux demandes de commissions d'enquête formulées par l'opposition. "On va se débarrasser de tous les oripeaux ridicules", expliquait récemment M. Copé.

Autant d'amendements qui reviennent selon les socialistes sur les avancées proposées par M. Accoyer. Dans un communiqué publié lundi, les socialistes dénoncent "la volonté du président du groupe UMP de faire régresser les droits de l'opposition pour limiter le débat politique au face à face qu'il espère avec le président de la République".

Les socialistes, qui ont déposé une centaine d'amendements sur un total de 400, mettent leurs derniers espoirs dans M. Accoyer. Le président de l'Assemblée, désireux de trouver un consensus sur la réforme, avait multiplié les concessions en direction de l'opposition, allant jusqu'à rétablir l'égalité de temps de parole entre la droite et la gauche lors des questions au gouvernement, supprimé par la gauche en 1981. Il en est aujourd'hui réduit à appeler ses amis de l'UMP à faire preuve de modération. "Toucher à l'équilibre de ma réforme est dangereux", avertit-il lundi dans "Libération". Pas sûr qu'il soit entendu. AP

Publié le 07/05/2009 à 07:26 - Modifié le 08/05/2009 à 14:38 Le Point.fr

SANCTION - Un salarié de TF1 licencié pour un mail contre la loi Hadopi

Par Emmanuel Berretta

Un salarié de TF1 licencié pour un mail contre la loi Hadopi

Le siège de TF1, à Boulogne-Billancourt © WITT/SIPA


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Le simple transfert d'un e-mail a coûté sa place à un responsable de la stratégie du site Internet de TF1. En quelques jours, Jérome Bourreau-Guggenheim, la trentaine, a été licencié. Motif : sa prise de position sur la loi Hadopi, dite "Création et Internet", un texte visant à réprimer le piratage et défendu par la ministre de la Culture Christine Albanel.

Voilà plusieurs semaines, par l'intermédiaire de son e-mail personnel - Gmail, et non celui de TF1 -, Jérôme écrit à sa députée, l'UMP Françoise de Panafieu. Il lui dit son attachement à la lutte contre le piratage, mais aussi son opposition au dispositif de sanctions contre les internautes prévu par le texte.

Bonne foi ?

La députée transfère l'e-mail au cabinet de Christine Albanel, au ministère de la Culture, partie prenante dans le projet de loi en discussion à l'Assemblée nationale. Françoise de Panafieu réclame des services du ministère un argumentaire afin de pouvoir répondre à cet internaute. Cette démarche est assez fréquente de la part d'un député soucieux de répondre précisément aux questions de ses administrés. Résultat : son interlocuteur rue de Valois s'étonne d'une telle prise de position provenant d'un salarié de la chaîne privée. Il alerte Jean-Michel Counillon, secrétaire général et directeur des affaires juridiques de TF1, et lui transmet le mail de Jérôme Bourreau-Guggenheim. À partir de là, tout s'emballe !

Christine Albanel regrette la décision de TF1...

La hiérarchie de TF1 s'émeut immédiatement dudit courrier électronique, et réclame des explications au patron de la filiale Internet du groupe, Arnaud Bosom. En l'absence de toute communication officielle de la chaîne sur le projet de loi Hadopi, le salarié argue de sa bonne foi, insiste sur le fait que son e-mail est d'ordre purement privé et rappelle qu'il n'a pas été envoyé à partir de sa boîte électronique professionnelle. Lasse, la chaîne, invoquant une rupture de confiance, préfère se séparer de son stratégiste.

Contactés par lepoint.fr, les proches conseillers de Christine Albanel se disent très choqués et alarmés de la tournure dramatique des événements : "On n'a jamais réclamé la tête de ce salarié. La réaction de TF1 est très exagérée ! Cette décision est vraiment regrettable."
Interpellée jeudi après-midi à l'Assemblée sur cet imbroglio, la ministre de la Communication a assuré qu' elle n'était au courant de rien et jure ne jamais avoir demandé la démission du salarié de TF1. "A ma connaissance, rien n'a été transmis", a-t-elle assurée. Dans la lettre de licenciement de son ex-collaborateur, TF1, qui, a réagi jeudi soir à cette affaire en justifiant le licenciement de son salarié , fait pourtant clairement mention du rôle joué par le ministère de la Culture dans cette affaire, indiquant, en toutes lettres : "Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l'a adressée le jour même à la société TF1"...

Regardez la réaction de Christine Albanel, jeudi devant les députés à l'Assemblée nationale :


Un maire se constitue prisonnier en protestation à HADOPI



par Stayincontactwith - Source com4 new

Alors que la loi Création et internet doit être "accepté" le 29 avril, les divisions et protestations sont plus fermes que jamais.
Jack Lang fait cavalier seul à gauche, Alain Suguenot, Lionel Tardy et Christian Vanneste (UMP) sont pour un ajournement de l'examen du projet de loi tandis qu'Alain Juppé garde son idée de système "plus compréhensible et plus facile à gérer qu'une coupure de l'accès à l'Internet"....sans compter les petites initiatives personnels.


Jean-Pierre Enjalbert ("Debout la République"), maire de Saint-Prix, s'est rendu au commissariat se constituer prisonnier aux noms de ses administrés pirates.


A 9h de bon matin, J'ean-Pierre, maire de Saint-Prix dans l'Ile-de-France ne va pas acheter sa baguette de pain ou faire de la politique de proximité de complaisance, mais il se rend au commissariat se constituer prisonnier au nom des administrés "qui ont déjà téléchargé sur Internet". Entendu par le commissaire, l'élu de la commune de 7.200 habitants est sorti quelques minutes plus tard, libre.

L'adjointe au maire, Alexandra Gaillac, s'amuse : ""Le commissaire a joué le jeu. Nous l'avions prévenu, bien sûr ! Nous voulions que les journalistes mordent à l'hameçon pour créer le débat !", tout en précisant que cette action n'est pas de l'anti-sarkozysme primaire. Autre son de cloche côté maire, qui a déclaré au Point : "Je suis un élu militant, d'esprit et de sentiment gaullistes. Debout la République ne se retrouve pas tout à fait dans la politique de l'UMP." pour revenir à la loi en question, il se dit "hostile au volet répressif du projet de loi. Internet est une grande médiathèque universelle. Il faut organiser son ouverture plutôt que de mettre en place ce système de flicage inefficace que les vrais pirates du web vont réussir à contourner".

Si le web grouille de protestation, la voix anti-HADOPI a du mal à se faire entendre du côté de la presse papier et télé, et c'est un des regrets de JP : "Il faut reconnaître que nous avons du mal à intéresser les médias."...d'où cette mise en scène.

L'élu se fait porte-parole de son parti "Debout la République" et insiste sur la suppression du volet répressif du projet de loi au profit de la valorisation de l'offre légale. En outre le parti est un fervent défenseur de la licence globale, cette cotisation au moment de l'abonnement qui reviendrait aux artistes.

Rappelons également que fin mars les euro-députés considèrent que "garantir l'accès de tous les citoyens à internet équivaut à garantir l'accès de tous les citoyens à l'éducation" et qu'"un tel accès ne devrait pas être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés privées". si la loi Création et Internet passe, un pirate en France, pour être sous le coup de la loi HADOPI, devra-t-il être destitué de son statut de citoyen? Affaire à suivre...

 

source : stay in contact with

 
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