L'Islam en France : Bientôt de l'arabe à l'école ?
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Publié le 29/06/2010 à 14:27 ReutersLE POINT
Correction: Bien lire "François Sauvadet" et non "Alain Sauvadet" au 9e paragraphe
PARIS (Reuters) - Après la brèche ouverte par Alain Juppé, le gouvernement tente de justifier la double casquette d'Eric Woerth, à la fois ministre et trésorier de l'UMP, mais ce cumul de fonctions fait de plus en plus débat, même à droite.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a assuré mardi qu'Eric Woerth resterait trésorier du parti majoritaire, fonction qu'il occupe depuis 2002.
Parallèlement, la gauche continue à demander jour après jour des "éclaircissements" sur les soupçons de conflit d'intérêts visant l'ex-ministre du Budget, dans la tourmente depuis quinze jours dans l'affaire Bettencourt.
La controverse se concentre depuis lundi sur la compatibilité des fonctions de ministre d'Eric Woerth avec celles de trésorier de l'UMP.
Les députés socialistes ont ainsi annoncé qu'ils déposeraient dans les prochains jours une loi visant à empêcher le cumul de certaines fonctions.
De son côté, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a pris quelque distance avec le discours majoritaire.
"On aurait tout intérêt à clarifier ce qui constitue un conflit d'intérêts", a-t-elle dit mardi sur RMC et BFM TV.
Tout en défendant la probité de l'ex-ministre du Budget, avec qui elle a travaillé "main dans la main" pendant trois ans, elle a ajouté : "Il faut des règles très précises qui s'appliquent aux statuts et aux fonctions auxiliaires des personnes quand elles deviennent ministres ou secrétaires d'Etat".
François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, a été encore plus clair : "Le choix d'une démission (du poste de trésorier) lui appartient, mais ce serait souhaitable qu'il y ait clarification ".
"Il est bien qu'un membre du gouvernement ne soit pas en charge des intérêts financiers d'un parti", a-t-il ajouté lors d'un point de presse.
UNE CLARIFICATION SOUHAITABLE
Lundi, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, dont Eric Woerth fut le conseiller parlementaire, avait appelé l'ex-ministre du Budget à "clarifier les choses".
Auparavant, Nicolas Sarkozy avait dit soutenir "totalement" et "complètement" l'homme qu'il a nommé en mars dernier au ministère du Travail pour mener la réforme-clé des retraites.
Depuis, les ténors de la majorité dénoncent avec le même argumentaire une "chasse à l'homme" ou une "chasse aux sorcières" menée selon eux par l'opposition de gauche pour affaiblir un ministre chargé d'une mission cruciale.
Jugé jusque-là modeste et pragmatique, Eric Woerth confiait récemment à des journalistes avoir "le goût du risque" et une grande capacité de résistance. "Je suis une cible politique", assure-t-il.
Mais le Parti socialiste se défend de jeter de l'huile sur le feu, affirmant faire preuve de mesure et soulignant que le ministre s'est placé lui-même dans une posture intenable par sa défense qu'il estime pour le moins légère et contradictoire.
Les soupçons visant le ministre viennent du fait que son épouse a travaillé pendant deux ans et demi pour une société gérant la fortune de Liliane Bettencourt et qu'il a remis lui-même la Légion d'honneur au patron de Clymène.
Or, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a contredit publiquement le ministre, l'obligeant à reconnaître qu'il était au courant depuis janvier 2009 des soupçons de fraude fiscale visant Liliane Bettencourt.
ANGLE DE CRITIQUE
Autre maladresse : l'annonce par l'actuel ministre du Budget François Baroin que l'héritière de l'Oréal allait faire l'objet d'un contrôle approfondi, ce qui sous-entend que cela aurait pu être fait avant.
Des politologues jugent également étonnant qu'Eric Woerth ait annoncé lui-même la démission de sa femme de la société Clymène, démission sonnant en outre, à leur yeux, comme l'aveu de l'existence d'un conflit d'intérêts.
Dans Le Monde daté de mardi, Florence Woerth reconnaît elle-même "avoir sous-estimé le conflit d'intérêts."
Dans le fil de la contre-attaque gouvernementale, le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a estimé mardi qu'Eric Woerth était "une victime expiatoire parce qu'il porte la réforme des retraites."
Mais il n'en a pas moins suggéré devant la presse parlementaire que le ministre du Travail s'était placé en position délicate.
"Quant à dire qu'il y a certaines situations qui le concernent qui n'offrent pas un angle de critique, c'est l'évidence même. Et c'est sur ces angles que se sont concentrés tous ceux qui ont des raisons politiques ou des raisons de lui en vouloir", a-t-il expliqué.
Gérard Bon avec Laure Bretton et Emile Picy, édité par Sophie Louet
Publié le 24/06/2010 à 15:09 - Modifié le 24/06/2010 à 17:24 lepoint.fr
ASSEMBLÉE NATIONALE
Par Charlotte Chaffanjon
Roselyne Bachelot à l'Assemblée nationale, le 23 juin 2010 © LAVIEILLE Philippe / MAXPPP
De la pelouse d'un stade bondé, cernés par des supporteurs euphoriques, à une salle de l'Assemblée nationale, entourés de députés soucieux de comprendre, il n'y a qu'un pas que les joueurs de l'équipe de France de football pourraient rapidement franchir. Alors que le fiasco des Bleus en Afrique du Sud prend des allures d'affaire d'État - Nicolas Sarkozy a, coup sur coup, annulé sa rencontre avec son homologue suisse Doris Leuthard et une rencontre avec les ONG dans le cadre de la préparation du G20 pour successivement regarder France-Afrique du Sud et rencontrer Thierry Henry -, plusieurs députés UMP réclament à tour de rôle la création d'une commission d'enquête parlementaire.
Leurs requêtes prennent une nouvelle dimension jeudi matin, puisque Roselyne Bachelot déclare au micro de RTL trouver "assez logique que ce soit les représentants des Français qui mènent cette enquête". La ministre des Sports, présente sur tous les fronts depuis la révélation samedi par L'Équipe de l'insulte adressée par Nicolas Anelka à Raymond Domenech, avait dans un premier temps réclamé un audit externe, réalisé par un cabinet indépendant.
"C'est une affaire nationale, car la France a été humiliée" (Laffineur, UMP)
Elle change donc d'avis, à la grande joie, mais aussi à la surprise, de l'entourage de Marc Le Fur, vice-président UMP de l'Assemblée nationale, qui a précisément demandé dans un communiqué cosigné mercredi avec son collègue Philippe Meunier, député UMP du Rhône, la création d'une commission d'enquête parlementaire. "C'est énorme ! C'est énorme !" réagit-on jeudi matin dans son bureau de l'Assemblée nationale en prenant connaissance des déclarations de Bachelot. Et de tabler sur l'adoption d'une proposition de résolution visant à la création de la commission d'enquête en juillet et sur le début des auditions en septembre... "Il faut une commission d'enquête similaire à la commission Outreau", dit-on carrément...
Reste aux députés UMP souhaitant cette commission à se concerter sur les contours d'une telle initiative. Ainsi, Marc Laffineur, député UMP de Maine-et-Loire joint par Le Point.fr jeudi matin, n'est pas au courant de la proposition de ses collègues Le Fur et Meunier, ni de celle, identique, de Jean-Philippe Maurer, député UMP du Bas-Rhin. Il n'est pas non plus au courant de l'annonce de Roselyne Bachelot, qui vient sans autre forme de procès de leur confier la responsabilité de l'enquête sur le fiasco des Bleus... Marc Laffineur s'en réjouit toutefois : "Si Roselyne Bachelot le dit, c'est bien ! Il est naturel que les représentants de la nation s'en chargent", dit-il. "Porter le maillot tricolore fait que l'on n'est pas un joueur comme les autres. Ce qui s'est passé est une affaire nationale, car la France a été humiliée, la France est devenue la risée des autres pays. Il faut établir les responsabilités, trouver les remèdes."
Le refus de déposer est passible d'emprisonnement
D'ores et déjà, Philippe Meunier et Marc Le Fur proposent des pistes : que la commission soit composée de 30 membres et qu'elle porte "sur l'organisation par la FFF de la participation de l'équipe de France à la Coupe du monde de football", précisant que la FFF est un "organisme de droit privé accomplissant une mission de service public". La commission devra, selon eux, "évaluer les moyens financiers mis en oeuvre, les conditions dans lesquelles se sont déroulées la préparation des épreuves, la mise en oeuvre des sanctions pour les joueurs ayant dérogé à leurs obligations professionnelles et fédérales et la gouvernance de la fédération lors de cette compétition". L'entourage de Marc Le Fur évoque la possibilité de suggérer à l'exécutif des sanctions : "La sanction peut être des amendes dont le produit irait au sport amateur", explique-t-on.
Marc Laffineur n'est, pour sa part, pas favorable aux sanctions. "Le but, c'est de faire la lumière sur ce qui s'est passé et de trouver des solutions pour que cela ne recommence jamais"... Des mises au point à la marge sont encore nécessaires donc, mais tout le monde est d'accord sur la liste des personnes à convoquer : le président de la FFF Jean-Pierre Escalettes, dont Roselyne Bachelot juge que le départ est désormais inéluctable, le sélectionneur Raymond Domenech, a minima le capitaine de la plus triste équipe de France de l'histoire, Patrice Evra - "et pourquoi pas les 23 joueurs ?" -, des journalistes spécialisés, etc., nous détaille un proche de Marc Le Fur. À noter que, selon l'ordonnance relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, "la personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7.500 euros d'amende"...
PARIS — Députés et ministres ex-parlementaires devront eux aussi réformer leur système de retraite très avantageux, comme l'ont habilement scénarisé le gouvernement et la majorité UMP à la veille de dévoiler des mesures douloureuses pour tout le pays.
François Fillon a annoncé mardi aux députés UMP qu'il allait interdire aux ministres concernés de cumuler leur indemnité ministérielle avec leur retraite de parlementaire. Et le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a proposé une réforme en profondeur du régime de retraite des députés.
M. Accoyer s'est déclaré favorable à la suppression du système de double cotisation, qui fait de l'allocation vieillesse des parlementaires un système très avantageux et leur permet de toucher 1.500 euros net après un mandat de cinq ans et une pleine retraite (6.000 euros) au bout de 22,5 années cotisées.
Il propose de le remplacer par une cotisation complémentaire volontaire.
Autre spécificité que M. Accoyer entend réviser: la réversion, sans condition de ressources, au taux de 66%.
Toutes ces modifications doivent être approuvées par le bureau de l'Assemblée, son organe exécutif où tous les groupes sont représentés. Réuni mercredi, il installera un groupe de travail pour que tout soit "mis sur la table". M. Accoyer a promis des décisions "cet automne" mais a toutefois laissé entendre qu'elles ne seraient applicables qu'à la prochaine législature, à partir de 2012.
"Je suis très favorable" à la suppression de la double cotisation, a acquiescé le patron des députés UMP, Jean-François Copé. "A partir du moment où on va dans l'optique d'harmoniser les régimes, tout le monde doit y contribuer".
A gauche, les réactions sont plus mitigées: "Quoi de plus normal", s'est exclamé le PCF Roland Muzeau pour lequel "ce soudain intérêt témoigne surtout de la volonté de détourner l'attention de l'opinion publique". "C'est de l'enfumage", admet d'ailleurs un député UMP.
Les trois députés Verts ont carrément réclamé un alignement sur le droit commun. Au PS, Jérôme Cahuzac avoue lui "être très en retrait" tandis que pour Bruno Le Roux, il faut "faire en sorte que les mesures demandées aux Français trouvent leur transcription dans le système de retraite des parlementaires".
Quant aux ministres issus du Parlement, ils ne pourront plus cumuler leur traitement avec leur retraite parlementaire. "Il est illogique qu'un ministre puisse liquider sa retraite de parlementaire et ensuite revenir au Parlement", a fait valoir M. Fillon.
Cinq ministres sont concernés : Michèle Alliot-Marie (Justice), Roselyne Bachelot (Santé), Henri de Raincourt (Parlement), Patrick Devedjian (Relance) et Jean-Marie Bockel (Justice).
Matignon n'a en revanche pas précisé si les 24 autres, dont François Fillon, et qui n'ont pas atteint les 40 annuités de cotisation pourront continuer de cotiser à la fois au régime général et à la caisse des parlementaires.
L'interdiction de cumul retraites/salaire public a été bien accueillie par de nombreux UMP mais pas M. Copé, pour qui "ce n'est pas majeur ou alors on interdit pour tous les Français de cumuler emploi et retraite".
François Sauvadet (NC) est d'accord car il est "difficilement acceptable d'être en activité dans la sphère publique et puis avoir une retraite de parlementaire".
Après la polémique autour de Christine Boutin, M. Accoyer veut d'ailleurs aller plus loin et préconise un "plafonnement" du cumul des retraites avec toute rémunération publique.

Même si les présomptions sont fortes, on ignore encore qui sera le candidat de l'UMP pour la présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy ne se prononcera qu'à «la fin de l'été» ou «au début de l'automne 2011». On ne connaît pas davantage le processus de désignation, même si François Fillon a rappelé, dans l' Est républicain que «le président de la République a toujours dit qu'il y aurait des primaires à l'intérieur de l'UMP». Cette question des primaires ne devrait pas être tranchée «avant l'année prochaine», croit savoir un cadre de l'UMP.
D'ici là, le parti n'a pas l'intention de chômer. «On ne peut pas attendre la seconde moitié de 2011 pour se mettre au travail», défend Xavier Bertrand. Le secrétaire général veut jeter toutes ses forces dans l'élaboration d'un programme estampillé UMP. «Notre ligne conductrice a toujours été de mener le débat d'idées à l'intérieur du parti», confirme-t-il. Pour cela, il compte sur une méthode qui a fait ses preuves en 2007: les conventions thématiques que pilotait Emmanuelle Mignon et au cours desquelles Nicolas Sarkozy a pu présenter ses propositions et imposer son rythme au débat national.
Cette fois-ci, «il n'y aura pas d'Emmanuelle Mignon bis», explique un cadre. «Il n'y aura pas de “M. ou Mme Projet”, renchérit Bertrand. Mais un groupe de travail de haut niveau, réunissant élus et experts, que j'animerai moi-même.» Le groupe se réunirait tous les quinze jours ou une fois par mois pour «avancer des thèmes». Les conventions, au rythme de deux ou trois par trimestre, constitueront le corpus du programme de 2012. «Avec une même méthode, explique Bertrand. Si le sujet concerne une réforme déjà lancée, nous procéderons à une évaluation. Si c'est un nouveau thème, nous présenterons notre projet.» Le cycle des conventions débutera dès la rentrée, sans doute par un débat sur les «valeurs de la droite et du centre».
Xavier Bertrand s'est adjoint deux ministres rapporteurs: Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. «J'apporterai mes idées, pas sous forme de club politique mais de manière indépendante», confie pourtant le ministre de l'Agriculture, qui se dit «pas là pour suivre le mouvement mais lancer quelque chose de neuf». «Il faut trouver les hommes et femmes d'idées qui pourront proposer des réflexions nouvelles», estime-t-il, déplorant que «les intellectuels (soient) retournés à gauche».
Le casting est plus facile à faire du côté des élus. Alain Juppé, Christine Boutin, Gérard Longuet auraient donné leur accord de principe à Xavier Bertrand. Le député libéral Hervé Mariton souhaiterait en être aussi. «Toutes les sensibilités seront représentées», promet Bertrand, qui a même ménagé une place pour son meilleur ennemi, Jean-François Copé.
À l'Élysée, ils sont «bien sûr» au courant. «À deux ans de l'échéance, il est logique que Xavier Bertrand anticipe le rendez-vous présidentiel», explique un conseiller du président. «Mais l'Élysée reste en dehors de cette préparation», ajoute-t-il aussitôt. Vraiment? Le travail de fond n'est pas encore commencé que certains, à la présidence, s'étonnent des premiers recrutements. Celui d'Alain Juppé, par exemple. «Ça m'étonne beaucoup, confie-t-on à l'Élysée. Le président est plutôt pour un changement générationnel.» Mais le fait que l'ancien premier ministre ait fait savoir qu'il pourrait être candidat si le président ne l'était pas, justifie peut-être l'attention dont il fait l'objet.