Le député sortant Jean-Louis Bianco (PS), codirecteur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, la joue modeste dans la première circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, où il aime à se présenter "en challenger" face à Eliane Barreille, conseillère régionale UMP qui mise sur une vague bleue.
"C'est elle qui est en pole position", martèle l'ancien secrétaire général de l'Elysée de François Mitterrand, qui tente de remporter un troisième mandat face à la maire de Malijai, commune de 1.700 habitants, qui se présente comme une élue de terrain. "On dit même que je le laboure", confie-t-elle, amusée, à l'AFP.
"J'ai rencontré énormément de monde pendant que Jean-Louis Bianco soutenait Ségolène Royal", ajoute-t-elle malicieusement, en ne cachant pas sa grande confiance: "Nous avons déjà marqué le territoire avec le résultat à la présidentielle".
Le score réalisé par Nicolas Sarkozy (52,44%) et ses 2.400 voix d'avance dans cette circonscription de 50.000 électeurs, rurale et montagnarde à la fois, plaident pour elle. Et "M. Bianco n'avait que 528 voix d'avance" aux législatives de 2002, rappelle Eliane Barreille.
Un argument contesté par M. Bianco pour qui "l'élection législative n'est pas la même que l'élection présidentielle". "Il y a des électeurs qui ne sont pas de gauche, mais qui votent pour moi, compte tenu de mon action. J'ai à mon actif un bilan et un travail considérables et une capacité à agir au plus haut niveau, même quand ce n'est pas ma famille politique qui est aux commandes. J'ai l'avantage de connaître l'ensemble des ministres", fait-il valoir.
Ségolène Royal lui a promis de venir le soutenir le 31 mai à Digne.
Elu député en 1997 dans ce département dont il préside le conseil général, M. Bianco se targue d'avoir contribué à la prochaine installation de la première usine de silicium à usage solaire au monde sur le site Arkema à Saint-Auban. Autre réussite dont il espère que les habitants se souviendront, l'implantion d'un lycée international à Manosque pour les enfants du personnel du site du réacteur Iter et la tenue d'un forum pour l'emploi il y a un an, "qui a permis 500 embauches dans le département".
L'ancien ministre met aussi en avant son action en matière environnementale. "Nous avons été le deuxième département de France à avoir supprimé les sacs plastiques, derrière la Corse, et en matière d'énergies renouvelables, nous nous employons à développer l'énergie solaire et le chauffage au bois".
Eliane Barreille rétorque qu'"il y a énormément à faire en matière d'aménagement du territoire", notamment pour désenclaver Digne, "tant au niveau routier que ferroviaire", et les stations de ski de l'est du département.
Plus généralement, cette ancienne sous-directrice de clinique de 56 ans, "arrivée en politique par hasard", entend "être un député de Nicolas Sarkozy" et défendre sur le terrain le projet présidentiel "parce qu'il colle à (ses) idées".
Quatorze autres candidats sont en lice. Onze femmes se présentent dans la circonscription, à coup sûr, un exemple à l'échelle nationale.

