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U.M.P.

Fillon interpellé par des musulmans de l'UMP

Par TF1 News, le 12 septembre 2010 à 10h00, mis à jour le 12 septembre 2010 à 10:05


Dans les Bouches-du-Rhône, François Fillon s'en est vivement pris samedi aux socialistes qui ont promis de revenir sur la réforme des retraites si la gauche l'emporte en 2012.

 
François Fillon à la fête départementale de l'UMP des Bouches-du-Rhône (11/09/2010)François Fillon à la fête départementale de l'UMP des Bouches-du-Rhône (11/09/2010) © TF1/LCI

La fête départementale de l'UMP des Bouches-du-Rhône aura eu, ce week-end, deux aspects très tranchés. Côté pile : un François Fillon très offensif contre le PS, dénonçant devant les 1500 militants réunis à Méjanes une gauche accusée de promesses en l'air sur les retraites : "Ce n'est pas défendre l'intérêt de notre pays que de mentir. Nous savons bien sûr qu'il est plus facile de proposer des lendemains qui chantent plutôt que d'engager nos concitoyens à travailler deux années de plus".

Côté face, l'ambiance était bien différente avec une centaine de manifestants, parmi lesquels des militants de l'UMP, venus interpeller le Premier ministre. Cette présence dont l'UMP se serait bien passée a été révélée par Le Parisien et RTL.

"Les musulmans ne sont pas responsables de l'insécurité"

Le groupe n'a toutefois pas pu s'entretenir directement avec François Fillon : les manifestants ont été retenus à l'entrée du domaine où se déroulait la fête départementale de l'UMP. Musulmans, ils venaient dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement et les amalgames dont ils se disent victimes. "Aujourd'hui, on est venus pacifiquement vous montrer que les musulmans de France ne sont pas responsables de l'insécurité comme on le laisse dire au sein du gouvernement", a lancé une manifestante interrogée par RTL.

Même les cartes de l'UMP brandies par certains des manifestants n'ont pu leur donner accès au domaine où le Premier ministre faisait son discours. Quant à François Fillon, une fois son intervention terminée, il s'est, assure Le Parisien, "éclipsé de la fête par une issue de secours".

Publié le 09/09/2010 à 11:56 - Modifié le 09/09/2010 à 12:04 Le Point.fr

ENQUÊTE

AFFAIRE WOERTH-BETTENCOURT - Le siège de l'UMP perquisitionné

Le Point.fr

AFFAIRE WOERTH-BETTENCOURT - Le siège de l'UMP perquisitionné

© PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP

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Le siège parisien de l'UMP, situé rue La Boétie, dans le huitième arrondissement de Paris, a été perquisitionné mercredi par des policiers de la brigade financière dans le cadre de l'affaire Woerth-Bettencourt, a-t-on appris, jeudi, auprès du numéro un du parti, Xavier Bertrand, qui confirme une information de parismatch.com.

Les enquêteurs ont été accueillis "en début d'après-midi" par le directeur général de l'UMP Éric Cesari, selon le site Internet de l'hebdomadaire. Éric Cesari assure à parismatch.com : "La police judiciaire nous avait prévenus 24 heures à l'avance. Les policiers ont expertisé les documents ayant trait à la campagne présidentielle. Ils n'ont rien trouvé et n'ont emporté aucune pièce, comme l'indique le constat que nous avons signé."

 

Retraites : «Personne ne peut esquiver la réalité»


Par Sophie Huet, Philippe Goulliaud, Judith Waintraub
07/09/2010
Pour Jean-François Copé «la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés sont les trois domaines où il y a des avancées possibles.» (crédits photo: Sébastien Soriano/Le Figaro)
Pour Jean-François Copé «la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés sont les trois domaines où il y a des avancées possibles.» (crédits photo: Sébastien Soriano/Le Figaro)

INTERVIEW - Le président du groupe UMP à l'Assemblée Jean-François Copé met au défi les socialistes de restaurer l'âge légal à 60 ans en cas de victoire à la présidentielle.

LE FIGARO. - Le report de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans est-il inéluctable?

Jean-François COPÉ. - C'est la seule attitude possible. L'enjeu de cette réforme, c'est l'avenir de tout le système de retraite de notre pays. Si nous ne faisons rien, le déficit sera de 20 milliards d'euros en 2010, 45 en 2020 et probablement 70 en 2030. Tous les rapports concluent à cette impasse, et tous les autres pays européens ont fait face à ce défi en relevant l'âge légal de départ à la retraite à 65 voire à 67 ans, comme en Allemagne, dans les pays scandinaves ou en Espagne. Je ne vois pas quel responsable politique digne de ce nom pourrait esquiver cette réalité. Je comprends que cela puisse susciter des inquiétudes et des agacements, mais il y a des faits qu'on ne peut ignorer.

Sur quels points le projet du gouvernement peut-il être amélioré?

La pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés sont les trois domaines où il y a des avancées possibles. Nous avons mis en exergue le problème de la pénibilité et celle du travail des seniors lors d'un forum de Génération France sur le thème «Travailler mieux pour gagner plus ensemble». La pénibilité n'est pas une question que l'on traite le jour du départ à la retraite mais tout au long de la vie. Si on repousse l'âge de départ à la retraite à 62 ans, c'est un nouveau rapport de la société française au travail qu'il faut instaurer. Les employeurs publics comme privés vont devoir imaginer une nouvelle étape dans la carrière et non pas une préretraite.

La gauche et les syndicats affirment qu'Éric Woerth n'est pas en état de défendre cette réforme. Que leur répondez-vous?

Je suis absolument scandalisé par les attaques dont Éric Woerth est victime. Je ne lui ai jamais ménagé mon soutien. Il est l'homme du dossier. Nous avons besoin de lui. Je regrette beaucoup que les syndicats aient estimé qu'Éric Woerth n'avait pas la disponibilité nécessaire pour conduire la réforme. Je n'ai pas compris cette position qui n'est pas conforme à la tradition syndicale en France. Pour notre part, nous serons extrêmement mobilisés. Je réunis dès ce matin les députés UMP pour montrer notre détermination totale. La question centrale, que je poserai tout au long des débats, est simple: dans l'hypothèse où la gauche arriverait au pouvoir en 2012, reviendrait-elle, comme l'a dit Martine Aubry, à l'âge légal à 60 ans?

Jean-Marc Ayrault, le patron des députés PS, affirme qu'il veut débattre «projet contre projet»…

Je n'y crois pas. Je n'ai entendu qu'une seule proposition au sein du PS, celle d'augmenter les impôts et les taxes de 40 milliards d'euros pour financer les retraites.

Claude Guéant voit un acte d'«allégeance» dans la tribune que vous avez publiée samedi dans Le Figaro avec François Baroin, Bruno Le Maire et Christian Jacob. Êtes-vous d'accord?

Ce n'est pas le mot que j'aurais choisi. Je préfère parler d'engagement. Nous voulons contribuer au maximum à la réélection de Nicolas Sarkozy en 2012, en travaillant pour lui et avec lui sur les messages de fond qu'il va devoir envoyer aux Français.

Dans ce texte, vous prônez tout de même un changement de gouvernance…

Ce n'est pas une critique. Il me paraît intéressant de réfléchir à une méthode qui nous permettrait de sortir de ce climat dans lequel tout changement est vécu de manière frontale, clivante, agressive. Nous allons d'ailleurs consacrer un forum de Génération France à ce thème en novembre. L'une des pistes est de favoriser une approche participative, grâce aux nouveaux outils de communication comme le Net. Il faut aussi repenser le fonctionnement des relais que sont les partis politiques. Actuellement, ils sont beaucoup trop centralisés.

Vous avez souhaité que l'UMP soit « redynamisée ». C'est un acte de candidature au poste de secrétaire général?

C'est une offre de services que j'ai faite à Nicolas Sarkozy, en lui précisant que, quelles que soient les fonctions que j'exerce ou que j'exercerai, je m'engagerai totalement auprès de lui pour sa réélection. Avec beaucoup de nos amis députés, nous voulons faire plus et mieux pour lui, notamment au sein du parti, qui fonctionne de façon un peu séparée. Mais cela n'a de sens que si le président le souhaite.

Vous avez critiqué la distance prise par François Fillon avec les nouvelles mesures de lutte contre la délinquance. Vous en êtes-vous expliqué avec lui?

Il ne faut pas en rajouter. Mais ce n'est pas banal qu'un premier ministre dise qu'il n'aurait pas choisi les mêmes mots alors que durant tout l'été, ce sont les mots qui ont fait polémique.

Sur la sécurité, d'autres dans la majorité ont exprimé des réticences…

Je n'ai pas de problème avec ceux qui expriment leurs différences. Les 316 députés UMP ont chacun leur expérience, leur vision. J'ai toujours veillé à ce que tous puissent s'exprimer au sein du groupe, mais à une condition, c'est que sur l'essentiel, tout le monde soit rassemblé. En revanche, c'est plus étonnant et toujours plus compliqué quand les ministres expriment leurs différences.

Et quand c'est Alain Juppé?

Il a dit qu'il aurait pu signer notre tribune et j'ai été extrêmement sensible à sa déclaration. Nous avons beaucoup de convergences, même si sur la sécurité nous ne sommes pas tout à fait sur la même ligne. Notre droit a longtemps prévu la possibilité de déchoir de la nationalité française les auteurs de crimes graves. La gauche avait limité cette possibilité aux seuls actes de terrorisme. Je ne suis pas hostile à ce que cette mesure soit étendue à ceux qui portent gravement atteinte aux dépositaires de l'autorité publique que sont notamment les gendarmes et les policiers. Quant à la politique vis-à-vis des Roms, je rappelle que les exclusions résultent de décisions de justice visant des gens en situation irrégulière et qui occupent illégalement des terrains. Au nom de quoi ces personnes seraient-elles traitées différemment des autres personnes en situation irrégulière? Il est temps de mettre fin au festival d'hypocrisie de cet été! le figaro

Sécurité: Copé critique Fillon et vole à la rescousse de Sarkozy
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PARIS — Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a, pour sa rentrée politique, critiqué François Fillon, qui "marque sa différence" sur la sécurité, et volé au secours de Nicolas Sarkozy, accusé par la gauche - mais aussi au sein de la droite - de faire le jeu du FN sur ces questions.

"Je peux comprendre qu'à gauche, où on est gêné sur la sécurité, on préfère taper sur le président de la République. Je le comprends moins de la part de certains de nos amis...", dit-il dans son interview de rentrée à paraître mardi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

A la question "Vous pensez notamment à François Fillon ?", il répond : "dans le cas du Premier ministre, oui, j'ai été un peu étonné par les mots qu'il a choisis, la façon dont il a marqué sa différence. Mais chacun a sa liberté d'expression".

Sur Europe 1 également, le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) s'est dit lundi davantage en phase avec le chef de l'Etat qu'avec M. Fillon sur ces questions qui divisent la droite.

"J'ai suffisamment de points de désaccord depuis trois ans avec Nicolas Sarkozy sur certains sujets pour pouvoir, de la même manière, dire sans états d'âme que, lorsqu'il s'agit de nos fondamentaux, j'adhère totalement", a lancé M. Copé, qui sera reçu mardi matin à l'Elysée par le président.

A la question : "dans cette querelle qui divise la droite, vous êtes plutôt du côté de Nicolas Sarkozy que du côté de François Fillon", il acquiesce sans hésiter : "ma réponse est oui. Je le dis d'autant plus que je ne laisserai pas faire croire que notre pays n'est pas un pays généreux".

Les relations entre M. Fillon et M. Copé, qui n'ont jamais été vraiment chaleureuses, se sont quelque peu dégradées ces derniers mois. Les récents articles de presse prêtant au locataire de Matignon des ambitions élyséennes à l'horizon 2017 n'ont pas dû arranger les choses, M. Copé ayant cette échéance en ligne de mire.

Si "la lutte contre la délinquance est une priorité absolue", en revanche, sur les questions de déchéance de la nationalité, mises en avant par certains à l'UMP et au gouvernement, M. Copé se montre "beaucoup plus circonspect". "Ce qui importe, c'est l'efficacité. Ce qui compte, c'est qu'on réussisse la politique d'intégration".

"Très choqué par les comparaisons avec les rafles ou avec Vichy", il s'est démarqué sur Europe 1 de l'ex-Premier ministre, Dominique de Villepin, dont il est resté proche. "Quand j'ai entendu qu'on +salissait le drapeau français+, j'ai été troublé".

Dans Le Parisien, M. Copé en profite aussi pour taper sur l'UMP et son secrétaire général, Xavier Bertrand. "Je regrette que mon parti n'ait pas pris l'initiative d'organiser des universités d'été dignes de ce nom, qui nous auraient permis de répondre au PS qui vient, pendant trois jours, d'étaler sa colère contre nous".

"Notre famille politique doit se montrer capable de créer une dynamique (...) Le parti aujourd'hui n'(y) parvient pas (...) L'UMP souffre cruellement de ne pas suffisamment entendre les députés qui viennent du terrain et ont des choses à dire", accuse-t-il.

UMP. 37 députés lancent le collectif Droite populaire pour récupérer les déçus du sarkozysme.

Droite : la chasse aux électeurs perdus

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Thierry MarianiAppelant à un discours et des réformes “à droite toute”, le collectif veut peser sur la fin de mandat. Enquête.

La scène se déroule le 19 juillet à l’Élysée. Entouré de Claude Guéant et de ses principaux conseillers, Nicolas Sarkozy, la mine soucieuse, commente les tragiques événements de Grenoble et de Saint- Aignan : « Ce qui vient de se passer, dit-il, est autrement grave pour nous que l’affaire Bettencourt. À partir de ces émeutes, on va faire mon procès et prétendre que mes années passées au ministère de l’Intérieur ont été un échec. »

Huit jours plus tard, le 27 juillet, le diagnostic est confirmé par un sondage Ifop publié dans France-Soir.

Pour le chef de l’État, qui s’est attaché, lors de son très offensif discours de Grenoble, le 30 juillet, à “rassurer” ses électeurs, le verdict est pire que prévu. Non seulement les Français sont 59 % à considérer que la délinquance a augmenté ces derniers mois (contre 43%, répondant à la même question, juste avant son élection), mais cette proportion grimpe à 66% parmi les sympathisants de droite, dont 62% à l’UMP. Et jusqu’à 72% chez les plus de 65 ans. Un véritable camouflet adressé au président de la République par le noyau dur de son électorat. Celui qui l’a fait élire en 2007.

Sarkozy a-t-il, pour autant, déjà perdu toute chance pour 2012 ? C’est, sous le sceau de la confidence, ce que pensent nombre de députés UMP. « Les “fondamentaux” sont désormais atteints, sa parole ne porte plus, on se dirige tout droit vers un “21 avril à l’envers”» (opposant au second tour PS et FN), va jusqu’à prédire l’un d’eux. Qui assure « prendre les paris ». À peine moins pessimistes, d’autres se contentent de craindre ce cas de figure. C’est le cas de Bernard Debré, député de Paris. Ou de Jean-Paul Garraud (Gironde), selon lequel « un face-à-face Martine [Aubry]-Marine [Le Pen] est tout à fait possible ».

Debré, Garraud et Meunier viennent donc de lancer, avec Thierry Mariani (Vaucluse), Élie Aboud (Hérault), Lionnel Luca (Alpes-Maritimes), Jacques Remiller (Isère), Bernard Carayon (Tarn) et vingt-neuf autres députés UMP, le collectif Droite populaire. « Pas de structure formelle ni de meneur revendiqué », prévient Mariani. Mais un rôle d’« aiguillon » et même de « groupe de pression », tout entier tourné vers le même objectif : la reconquête des “déçus du sarkozysme”, tentés par l’abstention ou le vote Front national. Comment ? En revenant aux discours « décomplexés » de 2002. Et même plus encore… « Il ne faut plus avoir peur d’employer le mot “droite” et de retourner vers la partie populaire de notre électorat, résume Dominique Tian (Bouches-du-Rhône). On ne peut plus laisser au FN le terrain de la sécurité, ni le monopole des valeurs de la nation. »

L’initiative fait sourire Marine Le Pen : « Paroles, paroles… », dit-elle, comparant le « ridicule » de cette « opération “sauve-qui-peut” téléguidée par l’Élysée » aux « déclarations de guerre de Sarkozy » sur l’insécurité.

« C’est le FN qui se contente de mots, rétorque Philippe Meunier. Voter FN, c’est voter pour des slogans… et faire élire la gauche. » Reste, comme le reconnaît Thierry Mariani, qu’« il faut être lucide : aujourd’hui, une partie de l’électorat qui a voté Sarkozy en 2007 a déserté en s’abstenant ou en votant Front national aux régionales ». Jusqu’à 26,5 % – record de France – dans… son propre département du Vaucluse. Officiellement lancé, de manière symbolique, le 14 juillet, le “club” s’est doté d’une charte en cinq points : « Nation, patriotisme et République », «Liberté d’entreprendre et solidarité nationale », « École de la République et politique familiale », «Sécurité, première des libertés » et « Saine gestion des finances publiques ».

Directeur de la Lettre de l’opinion, auteur d’une récente étude sur « L’attente des électeurs de droite » (lire notre article du 8 juillet), Guillaume Peltier voit pour la majorité « un double intérêt– idéologique et politique– à s’inspirer de ces thèmes, qui recueillent l’assentiment de plus des trois quarts de l’électorat sarkozyste de 2007 ». Intérêt électoral aussi et surtout, selon Jérôme Fourquet, de l’Ifop, qui rappelle que « c’est dans les zones où Jean-Marie Le Pen avait subi ses plus fortes pertes en 2007 que les scores du FN aux régionales de 2010 ont connu leurs plus fortes progressions par rapport à la présidentielle, et ceux de l’UMP leurs plus fortes baisses ».

Convaincus de la nécessité d’engager au plus vite cette « opération reconquête de [leur] électorat », selon Jean-Paul Garraud, les trente-sept députés membres du collectif (qui espèrent être cinquante à la rentrée) réclament donc un changement de cap et des mesures chocs, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’immigration. Jusqu’à revendiquer, comme Christian Vanneste (Nord), citant Max Weber, l’usage de la « violence légitime », dont « les autorités devraient user avec la plus grande rigueur ».

Suppression des remises de peine, déchéance de la nationalité

Bernard Debré en appelle, lui, « s’il le faut, à généraliser le couvre-feu » dans les cités sensibles (lire le "Parlons vrai" de Bernard Debré), Lionnel Luca, à « la création d’un corps d’intervention urbaine composé de militaires ». Par ailleurs favorables, « à titre personnel », à « l’élection des juges », comme aux États-Unis, Philippe Meunier et dix-neuf autres députés, coauteurs d’une tribune, réclament encore la « suppression des remises de peine », « l’expulsion du territoire national des délinquants étrangers » et la « déchéance de la nationalité française » pour les « délinquants naturalisés français ». Ces propositions ont été en partie reprises par le chef de l’État lors de son discours de Grenoble du 30 juillet. La preuve, selon le collectif, que celui-ci est bel et bien décidé à réagir. « La rentrée va être sportive », promet Meunier. Elle donnera, en tout cas, la tendance pour 2012. Arnaud Folch

Photo © SIPA


ENTRETIEN
Philippe Meunier.“Sarkozy peut perdre sa majorité”

Le député UMP du Rhône refuse toute « dérive à gauche ». Quitte à s’opposer au gouvernement.

Vous faites partie des cofondateurs du collectif Droite populaire. Vous ne vous reconnaissez plus dans l’UMP ?

Notre collectif, ce n’est pas moins d’UMP, c’est mieux d’UMP. De même soutenons- nous clairement Nicolas Sarkozy, le seul à pouvoir battre la gauche en 2012. Mais nous pensons que, pour y parvenir, l’UMP et le président de la République doivent se retrouver autour des valeurs qui ont fait le succès de 2007.

Ce n’était donc plus le cas ?
Au nom du rassemblement, ces trois dernières années ont vu l’UMP laisser une large place à sa sensibilité centriste et le gouvernement accueillir des ministres d’ouverture. Il est temps de s’adresser à nouveau, en priorité, au coeur de notre électorat, dont une partie est déçue, comme l’ont montré les élections régionales. Faute de retrouver la confiance de ces électeurs, la présidentielle s’annonce perdue d’avance.

Comment expliquez-vous cette déception de vos électeurs ?
La première raison, c’est la progression des violences aux personnes. Les Français qui ont voté Sarkozy en 2007 attendaient de meilleurs résultats, mais le gouvernement n’a pas mis en place tous les dispositifs nécessaires. La deuxième rai son, c’est la crise mondiale. C’est injuste car le président n’y est pour rien et la France s’en sort mieux que les autres pays.

L’image présidentielle est aussi sérieusement dégradée…
Sur la forme – pourquoi le nier ? –, l’épisode fondateur du Fouquet’s a été une erreur. À la suite de celui-ci, la gauche a voulu faire croire aux Français que Nicolas Sarkozy était le “président des riches”. Toutes ses réformes futures, pourtant nécessaires, notamment le bouclier fiscal et les retraites, en ont subi le contrecoup dans l’opinion. Mais je fais confiance au pragmatisme du président pour rectifier le tir. Ce qu’il a déjà commencé à faire.

Dès lors que vous soutenez la majorité, de quels moyens disposez-vous pour infléchir la politique du gouvernement ?
Nous ne laisserons pas passer un certain nombre de choses. Prenons l’exemple des salles d’injection pour drogués, que Roselyne Bachelot veut mettre en place. Nous sommes opposés à ce type de solution et nous ferons plier le gouvernement. Qui dit députés de la majorité ne dit pas députés godillots. S’il y a dérive à gauche, Nicolas Sarkozy perdra sa majorité. Ce qu’il faut, c’est oser briser certains tabous. L’AME (aide médicale d’État) ne doit plus être la Sécu des clandestins ; seuls ceux atteints de maladies contagieuses, faisant courir des risques aux Français, devront pouvoir en bénéficier. Il faut aussi revenir à la prison suivie de l’expulsion pour les immigrés délinquants et déchoir de la nationalité française les Français d’origine étrangère coupables de violence, notamment à l’encontre des forces de l’ordre. Une proposition que le chef de l’État a reprise à son compte lors de son discours de Grenoble.

Beaucoup dénoncent l’attitude de certains juges, relâchant des délinquants récidivistes. Que proposez-vous pour y remédier ?

D’abord, la suppression pure et simple, sauf exception, des remises de peine : dix ans de prison, c’est dix ans de prison, pas cinq ! Ensuite, si certains juges continuent à laisser ou à remettre en liberté des délinquants, pourquoi ne pas étudier, comme c’est déjà le cas aux États-Unis, l’élection des juges ? Là encore, il est de notre devoir de protéger les Français. Propos recueillis par Arnaud Folch

Woerth quitte officiellement ses fonctions de trésorier de l'UMP

PARIS — Eric Woerth quitte officiellement vendredi son poste de trésorier de l'UMP, comme il l'avait annoncé il y a quinze jours au plus fort de l'affaire Bettencourt et de la polémique liée à sa double casquette au gouvernement et dans le parti présidentiel, a-t-on indiqué à l'UMP.

L'affaire Bettencourt/Woerth a éclaté en juin après la révélation d'enregistrements clandestins suggèrant un possible conflit d'intérêts entre les deux fonctions du ministre (Travail, ex-Budget de mai 2007 à mars 2010) et l'embauche de sa femme fin 2007 par la société Clymène, gérant le patrimoine de l'héritière de L'Oréal.

Entendu par la police jeudi, le ministre a réaffirmé qu'il n'était en rien intervenu dans l'embauche de sa femme, qui a démissionné fin juin de Clymène.

Des soupçons de financement politique illégal pèsent aussi sur le camp présidentiel depuis les accusations de l'ex-comptable des Bettencourt, selon laquelle 150.000 euros en espèces auraient été remis début 2007 à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP mais aussi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Eric Woerth avait annoncé le 13 juillet qu'il renonçait à ce poste de trésorier de l'UMP que lui avait confié Alain Juppé en 2002.

La veille de cette annonce, Nicolas Sarkozy avait indiqué lors d'une intervention télévisée que lui-même avait "conseillé" au ministre de renoncer à la gestion des comptes du parti présidentiel.

Conformément aux statuts, le secrétaire général Xavier Bertrand "assumera les actes de gestion courante jusqu'à la désignation de son successeur", a précisé à l'AFP l'entourage de M. Bertrand.

Un bureau politique (exécutif de l'UMP) qui devrait être convoqué "à la rentrée politique", c'est-à-dire fin août (le Conseil des ministres de rentrée étant le 25 août, ndlr), entérinera "sur proposition du secrétaire général" la désignation d'un nouveau trésorier, a-t-on par ailleurs indiqué à l'UMP.

M. Bertrand n'a jusqu'ici avancé aucun nom, mais à l'UMP, on souligne que le trésorier est traditionnellement un élu, et que le successeur de M. Woerth ne sera "pas membre du gouvernement".

 
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