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Informations Générales.

En colère après l'incendie d'un bus des Courriers d'Ile-de- mercredi soir à Tremblay-en-, des salariés de la compagnie de bus des Courriers de l'Ile-de-France (CIF) ont séquestré brièvement vendredi soir le directeur du dépôt de Tremblay.

L'action se voulait essentiellement symbolique.  
 

L'émotion des conducteurs de bus

«On a stoppé la séquestration parce qu'on a obtenu la suspension de la décision du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de suspendre le droit d'alerte. Le droit d'alerte est maintenu jusqu'à mardi matin», a déclaré à l'AFP le secrétaire du CE Idriss Talhi. 

Reprise du travail prévue mardi

Les salariés de la compagnie CIF ne devraient donc pas reprendre leur travail avant mardi matin.

Des salariés avaient décidé de séquestrer leur directeur pour exprimer leur «ras-le-bol général» face au «mépris de la direction». Ils ont expliqué à l'AFP avoir protesté notamment contre une décision de deux membres cadres du CHSCT, alors que quatre membres ouvriers étaient absents, de lever leur droit d'alerte.

«On est sur les nerfs, on est inquiets pour notre sécurité», a déclaré à l'AFP Jamal Belkissaou, délégué du personnel. «Après avoir déclaré sa guerre aux trafiquants, (le ministre de l'Intérieur) Brice Hortefeux rentre dans ses salons feutrés, mais nous on est sur place, on circule sur le champs de bataille», a-t-il ajouté.

Reçus à l'Elysée

Ce vendredi, une délégation de chauffeurs avait été reçue à l'Elysée par Nicolas Sarkozy qui leur avait promis de retrouver les incendiaires du bus.

Le ministre de l'Intérieur a en outre annoncé vendredi que 80 policiers sont déployés depuis 3 heures du matin, pour escorter les bus à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Brice Hortefeux a précisé, lors d'une visite au siège de TRA (Transport routier automobile), une des deux entreprises concernées par les agressions, que ce dispositif serait maintenu «autant que nécessaire». LE PARISIEN

Sarkozy parlant de Rachida Dati : " Mais qu'est-ce qu'elle fait là celle-là ? "


Rachida Dati :
 

On ne fanfaronne pas entre deux tours d'élections régionales. Surtout quand on a été Garde des Sceaux sous la présidence de Nicolas Sarkozy, que la carte de France est toute rose et que l'on tire les conséquences de la défaite de la droite quand ses camarades de la majorité s'échinent à faire le contraire sur les plateaux télé. L'eurodéputé Rachida Dati vient de payer la facture de sa désinvolture : le ministère de l'Intérieur lui a retiré sa voiture de fonction, ainsi qu'une escorte de trois policiers, tous ces avantages en nature demeurés à sa disposition depuis son départ du gouvernement en juin 2009. C'est le Canard Enchaîné qui a révélé l'affaire, hier, créant un buzz sur internet.

Le 14 mars, Mme Dati, s'exprime sur France 2 pour encourager les électeurs UMP qui « se sentent abandonnés » à « reprendre nos fondamentaux ». Le Chef de l'État, relate l'hebdomadaire satirique, aurait alors vu rouge : « Mais qu'est-ce qu'elle fait là celle-là ? On ne l'a pas vue pendant la campagne, et la voilà devant les caméras ! » Le président saute sur le téléphone et transmet les consignes. Mais l'ordre, nous dit-on, aurait finalement été donné par Brice Hortefeux (ministre de l'Intérieur). Mais pas d'affolement, Mme Dati, maire du VIIe arrondissement de Paris, conserve une deuxième voiture de fonction.
 

Rachida Dati privée de voiture de fonction et d'escorte


L'ex-garde des Sceaux Rachida Dati s'est vu retirer après le 1er tour des régionales le 14 mars le bénéfice d'une Peugeot 607 et l'escorte de trois policiers restés à sa disposition depuis son départ du gouvernement, a rapporté mercredi son entourage, confirmant une information du Canard Enchaîné.

Selon l'hebdomadaire satirique, Nicolas Sarkozy aurait été mécontent de voir l'eurodéputée UMP sur les plateaux de télévision le soir du premier tour alors qu'elle a été absente pendant la campagne.

Le président aurait alors, selon le Canard, téléphoné au directeur général de la police nationale pour "prendre des mesures de rétorsion" et lui retirer "dans l'heure" sa limousine, son chauffeur et les policiers, mis à sa disposition par le ministère de l'Intérieur.

Contacté par l'AFP, l'entourage de Mme Dati a partiellement reconnu les faits, en nuançant d'où venait l'ordre.

"Ce n'est pas si évident que ce soit une décision du président, l'article du Canard est quand même très romancé. Ce qui est sûr, c'est que c'est une décision du ministre de l'Intérieur", selon l'entourage de l'ex-ministre.

"Il s'agit essentiellement de trois officiers de police du SPHP (le service de protection des hautes personnalités) à qui on a demandé d'arrêter la mission du jour au lendemain, le 14 mars", selon cette même source.

Tous les ministres régaliens peuvent conserver une voiture et des officiers de sécurité durant six mois après leur départ du gouvernement, indiquait-on dans l'entourage du ministre de l'Intérieur. La voiture et les officiers de sécurité affectés à la protection de Mme Dati lui ont été retirés en mars, dans ce cadre normal, ajoutait-on de même source, sans pouvoir préciser la date exacte.

Le 14 mars au soir, Mme Dati, qui avait quitté le gouvernement en juin 2009, après son élection au Parlement européen, était apparue sur France 2 pour exhorter à "reprendre nos fondamentaux" et éviter que les "électeurs se sentent abandonnés".

Selon son entourage, l'eurodéputée a bénéficié d'une protection parce qu'elle "fait l'objet de menaces assez fréquemment".

Aujourd'hui, elle bénéficie d'une Renault Laguna fournie par sa mairie du VIIe arrondissement.
  la dépèche.fr

Publié le 31/03/2010 à 11:38 Le Point.fr

TENSIONS

Rachida Dati privée de voiture et d'escorte

lepoint.fr

Rachida Dati privée de voiture et d'escorte

Nicolas Sarkozy n'a pas du tout apprécié l'intervention de Rachida Dati sur le plateau de France 2 au soir du premier tour des élections régionales © Mehdi Taamallah/ABACAPRESS.COM (photo prise en avril 2009)

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Entre Nicolas Sarkozy et l'ex-garde des Sceaux Rachida Dati, rien ne va plus. Tant est si bien que l'ancienne ministre, aujourd'hui députée européenne, a bien failli rentrer à pied depuis les locaux de France 2, sans même un garde du corps, au soir du premier tour des élections régionales. Ce soir-là, raconte Le Canard enchaîné mercredi, Sarkozy suit la soirée électorale avec quelques proches et découvre, stupéfait, Rachida Dati sur le plateau de la chaîne publique, tirant à sa manière les conséquences du premier tour, alors que ses petits camarades de la majorité s'évertuent à relativiser les premiers résultats du scrutin. Selon elle, les électeurs de droite ont eu "le sentiment d'être abandonnés" : la majorité doit "reprendre ses fondamentaux".

"Mais qu'est-ce qu'elle fait là celle-là ? On ne l'a pas vue pendant la campagne, et la voilà devant les caméras !", se serait alors exclamé le chef de l'État. Ni une ni deux, Nicolas Sarkozy, furieux, aurait ensuite décroché son téléphone pour appeler Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale. Sa consigne ? Retirer illico à Rachida Dati sa 607 Peugeot et son escorte personnelle composée de quatre policiers. La nouvelle, la ministre l'apprend quasiment en direct, de la bouche même de ses agents de sécurité. Elle obtient finalement le droit de les conserver avec elle jusqu'à son retour à domicile, mais pas un jour de plus...

Le lendemain, elle sera même contrainte de rendre son téléphone portable, gracieusement prêté par le ministère de l'Intérieur. Par chance, en tant que maire du VIIe arrondissement de Paris, elle s'évite la marche à pied puisqu'elle dispose, à ce titre, d'une seconde voiture de fonction.

L'ancienne égérie du gouvernement, dont l'entourage a confirmé les informations de l'hebdomadaire satirique, aurait donc prononcé la phrase de trop. Le Canard enchaîné avance une hypothèse supplémentaire : Nicolas Sarkozy soupçonnerait, en outre, Rachida Dati d'être à l'origine de rumeurs qui circulent sur sa vie privée depuis plusieurs semaines.

Selon le quotidien Libération, Rachida Dati aurait précisé que la décision de lui supprimer ses avantages ne venait pas de Nicolas Sarkozy, mais du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux

Polémique autour du logement parisien de Georges Tron


Par lefigaro.fr
23/03/2010 | Mise à jour : 22:38 

Crédits photo : AFP

Le nouveau secrétaire d'Etat à la Fonction publique occupe un appartement de 118 mètres carrés pour «moitié moins cher» que le prix du marché, révèle le Canard enchaîné. Le député de l'Essonne conteste ces chiffres.

Au lendemain de sa nomination au gouvernement, Georges Tron tient déjà sa première mise à l'épreuve. Mardi soir, le nouveau secrétaire d'Etat à la Fonction publique a été contraint de justifier le montant du loyer de l'appartement qu'il occupe rue Mademoiselle, dans le XVe arrondissement de Paris. Pour ce six pièces de 118 m2, attribué en 1992 sur le contingent des logements sociaux de la Mairie de Paris, «M. le ministre paie 1.200 euros par mois (hors charge), soit environ la moitié du prix du marché», révèle le Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi.

Dans un communiqué, le député UMP de l'Essonne a rapidement contesté l'exactitude de ces chiffres. «Le loyer principal du dit appartement se monte à 1.401,88 euros et les charges sont d'un montant de 591,63 euros (références loyer février 2010). Cela laisse clairement apparaître un montant loyer plus charges de 1.993,51 euros mensuel», a-t-il affirmé. Mais reste encore moins cher que les prix du marché pour cette surface à Paris.

Pour sa défense, Georges Tron a également rappelé que son logement social, propriété de la société de HLM Domaxis, appartenait à la catégorie très particulière des ILN (Immeubles à Loyer Normal). Cela signifie qu'il n'y a «aucun système de conventionnement, aucun seuil, ni plafond de loyer à l'entrée dans les lieux», a-t-il écrit. Le secrétaire d'Etat, qui touchera 11.000 euros mensuels après sa nomination, en plus de ses indemnités de député-maire (environ 8000 euros), ne doit pas non plus verser de surloyer, ce supplément qui incite les familles aux revenus élevés à quitter leurs HLM.

 

«En négociation pour acheter»

Le montant du loyer de l'appartement de la rue Mademoiselle connaît cependant des augmentations régulières, a plaidé Georges Tron, ce qui «justifie» l'absence de surloyer. Le bailleur a ainsi «procédé à des augmentations de loyer de l'ordre de 5% par an ces dernières années, excepté en 2009 où la dite augmentation a atteint un montant de 2%, soit deux fois cependant celui de l'indice de référence», a-t-il expliqué.

Sur le fond de la polémique, Georges Tron s'en est remis aux «éléments de réponse […] déjà fournis dans les mêmes termes début 2008». Le député UMP s'était en effet déjà vu reprocher par des élus locaux en décembre 2007 l'utilisation de ce logement, dont l'existence avait été évoquée par un article du Canard enchaîné début 2008. Le gouvernement était alors agité par un scandale immobilier visant Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, finalement contraint à la démission. A cette époque, Georges Tron avait d'ailleurs affirmé qu'il était «en négociation pour acheter» un autre logement.

Doc Gynéco: "Je suis au Pôle Emploi. J'ai besoin d'argent !"
Ajouter à mon journal Depuis quelques heures, une rumeur circulait sur le web quant à Doc Gynéco qui se serait inscrit au Pôle Emploi.

Une information que le chanteur a lui-même confirmé sur Europe 1.

Il a déclaré:  "Oui, j'ai besoin d'argent comme tout le monde mais pour vivre. La belle époque est finie, on n'est pas tous les gros salaires sortis qui sont sortis dans Le Figaro récemment".

Avant d'ajouter : "Malgré que je sois un artiste, peut-être pour certains quelqu'un qui n'en a pas besoin, j'ai essayé tant que je pouvais de ne pas prendre l'argent de ceux qui en avaient réellement besoin mais la vie d'artiste, comme vous le savez, il y a des hauts et des bas. Il y a différentes occasions de travailler".

Au sujet de son amitié avec Nicolas Sarkozy, il a déclaré: "Nicolas Sarkozy c'est un ami. Si je l'appelle et je lui dis "Nicolas, est-ce que tu peux me prêter, j'ai du mal à payer deux ou trois factures, "il a toujours été droit. C'est aux gens de décider, s'ils veulent de moi, Nicolas le sentira et il fera ce qu'il faut ».

Ecoutez:


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Cinéma
 
Que sont devenus les enfants juifs réchappés des rafles de 1942 ?, par Marion Feldman
02/03/10
 

   
- - Thème: Cinéma

 

 

 

Le 10 mars sort au cinéma une fiction intitulée La Rafle relatant les arrestations des Juifs effectuées par la police française les 16 et 17 juillet 1942. En collaborant avec l'Allemagne, le gouvernement de Vichy rompait alors avec la tradition de reconnaissance des Juifs en tant que citoyens, qu'avait initié le décret d'émancipation promulgué en 1791. Le 4 juillet 1942, le gouvernement de Vichy décidait que les enfants seraient également déportés, à l'initiative de Laval qui proposait aux Allemands "par humanité" de ne pas séparer les enfants des parents. L'opération débuta le 16 juillet dès 4 heures du matin. Les agents de la police française procédèrent méthodiquement, rue par rue, maison par maison, appartement par appartement. En deux jours, 12 884 personnes furent arrêtées, dont 4 051 enfants. Durant la période de l'Occupation, 10 147 enfants furent déportés ; avec les enfants morts dans les camps d'internement, on estime à 11 600 le nombre d'enfants disparus.
 
Parallèlement à la collaboration, des réseaux de camouflage se mirent en place. 62 000 enfants purent alors être cachés. Ces enfants qui échappèrent à la mort n'ont pas perdu la vie, ils ont perdu tout ce qui faisait leur vie. Sauvés, ils vécurent la destruction de tout ce qui est au fondement de la vie d'un enfant : la possibilité d'accéder à une vie d'adulte, la croyance en la protection des adultes, l'adhésion en des théories du Sujet qui fondent l'identité. Rosette a 3 ans en 1942. En juillet, elle tombe malade et est hospitalisée. Pendant son séjour à l'hôpital, sa famille est arrêtée, puis déportée. Ils ne reviendront jamais. Constatant que Rosette est sans famille, et que personne ne semble s'occuper d'elle, les services de l'hôpital la confient à l'Assistance publique. En octobre 1940, le père de Béla obéit à l'ordonnance allemande et va se faire enregistrer comme Juif à la préfecture. Le 14 mai 1941, il est convoqué au commissariat, arrêté et interné. Le 16 juillet 1942, à 4 heures du matin, la Gestapo cogne à la porte. La mère de Béla fait signe à sa fille de se taire et n'ouvre pas. Elles fuient la nuit suivante pour se réfugier chez un oncle. Puis la situation devenant trop menaçante, mère et enfant doivent se séparer. Béla a 7 ans quand elle est cachée dans une famille à la campagne. Maurice a 8 ans en 1942. Depuis l'arrestation de son père, sa mère a pris la précaution de demander à une voisine de les enfermer de l'extérieur chaque soir avec un cadenas, pour faire croire que l'appartement est inhabité. Le 23 novembre 1943, tôt le matin, les policiers de la Gestapo viennent pour arrêter la famille, mais voyant le cadenas à la porte, ils repartent. Ce jour-là, Maurice est séparé de sa mère, qui remet ses enfants à l'UGIF pour les protéger. Par la suite, Maurice et sa sœur seront mis en sécurité à la campagne.
 
Que deviennent ces "enfants cachés" ? La contrainte d'être caché est d'autant plus traumatique qu'il s'agit d'enfants, donc d'êtres en pleine phase de développement physiologique, affectif, social et cognitif. Pour échapper à la mort, ils doivent quitter leur environnement familier et sont transplantés brutalement. Ils connaissent des privations, voire des maltraitances, et doivent parfois changer d'identité. Ils sont contraints à se comporter prématurément comme des adultes : ne pas dire son nom, faire face à un danger omniprésent qu'ils ne peuvent ni comprendre, ni nommer. Pour être protégés, ils doivent devenir des enfants "invisibles".
 
Les enfants juifs cachés pendant l'Occupation ont été exposés à des traumas multiples. Ces enfants "exposés" sont des enfants vulnérables. Leur vulnérabilité s'inscrit d'emblée du fait de leur appartenance à un groupe à risque : enfants nés en France de parents étrangers, ils sont "métis" (Moro, 2010). Le 14 mai 1941, beaucoup d'hommes juifs étrangers répondent à une convocation pour "examen de situation" ; ils sont arrêtés et internés. Les enfants restent seuls avec leur mère. C'est une première attaque du lien de filiation et d'affiliation, rajoutant à la vulnérabilité des enfants. Suit en 1942 la décision d'arrêter femmes et enfants. Pour beaucoup de ces enfants, la frayeur est alors le point de départ d'un processus de métamorphose vitale.
 
En un seul instant, c'est la rupture radicale, la dislocation de tous les repères structurants. La clandestinité expose les enfants juifs à un processus de déculturation tel que, lorsqu'on vient les sortir de leur cachette, ils ne reconnaissent plus leurs parents, ils parlent le patois, ils portent un autre prénom, parfois un autre nom, parfois ils adhèrent à une autre religion. La Libération n'en est pas une pour eux. Victimes de traumatismes et prisonniers de deuils non aboutis des adultes familiers, ils supportent des silences multiples. A ceux nécessaires du camouflage s'ajoutent ceux d'après-guerre : silences individuels, familiaux, mais aussi du politique, de la société française.
 
De retour "chez eux", ils sont à nouveau autorisés à reprendre le métro, à accéder aux jardins publics, aux cinémas. Ils empruntent les mêmes bus que ceux qui ont emporté parents et amis au Vélodrome d'hiver. Les retrouvailles avec leurs parents se révèlent souvent difficiles. Chacun a tant espéré revoir l'autre qu'il l'a idéalisé, et les déceptions sont importantes. Parfois ces retrouvailles sont impossibles en raison du vécu des parents qui ont survécu aux camps ou connu la clandestinité et les humiliations. Dans certains cas, des situations de violence psychologique et/ou physique se surajoutent : les pulsions de vie de ces enfants s'avèrent insupportables pour des parents revenus "métamorphosés".
 
Dans le même temps, leurs vécus traumatiques sont déniés car la pensée collective est : "eux, ils ont eu de la chance". L'ensemble de ces dénis et empêchements renforce l'isolement et le traumatisme de ces enfants. 1942 est l'année où tout bascule. Une perte brutale de l'enveloppe psychique, familiale et culturelle. Chacun de ces enfants érige une sorte de mur intérieur pour assurer sa survie. Se référer au monde d'avant représente une menace et peut conduire l'enfant à la perte de lui-même, donc à la mort : "J'étais disparue, j'avais disparu", dit Yvette, âgée de 6 ans lorsqu'elle est arrivée seule dans la Sarthe, fin 1942. A la Libération, un autre mur s'érige : celui du silence. Au contraire des survivants de la Shoah, les "enfants cachés" n'ont pas eu à traverser l'horreur de l'univers concentrationnaire dont la seule finalité était la mort programmée : pour survivre, ils ont dû effacer une part d'eux-mêmes, avec pour conséquence une mort partielle, intériorisée.
 
Différents événements ont récemment permis aux "enfants cachés" de sortir enfin de leur isolement : 1991, première réunion mondiale des "enfants cachés" à New York ; 1992, création de l'association Enfants cachés : 1940-1944 en France ; 1995, reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans les crimes commis envers les Juifs par le président de la République ; 1999, création de la commission Mattéoli sur les spoliations des biens des Juifs.
 
Quel usage historique faire d'une fiction sur les arrestations de juillet 1942 ? Le risque serait de mettre le sauvetage des enfants "cachés" en vis-à-vis de la destruction de ceux qui ont péri, c'est-à-dire de réduire l'approche du traumatisme vécu à la seule dimension de la survie individuelle : car ce qui était leur monde a effectivement été détruit. Cinquante ans après, le destin des "enfants cachés", leur chemin de vie dans la souffrance, la difficulté à être, les ont conduits à un processus de réappropriation de leur histoire, de leur vécu. Les traumas et la destruction intérieure d'une partie de leur être ne sont pas réparables aujourd'hui. Beaucoup demeurent prisonniers des traumatismes vécus, parfois transmis à la génération suivante.
 
La France fut un pays à la fois menaçant et protecteur, et cette ambivalence se retrouve dans la construction psychique de ces enfants et de leur vie d'adultes. C'est la circulation de la parole, la rupture des silences qui leur permettent, alors qu'ils entrent aujourd'hui dans leur dernier cycle de vie, d'inscrire la complexité de leurs trajectoires dans l'histoire collective.
 
Marion Feldman est maître de conférences en psychologie à l'université Paris-Descartes, psychologue clinicienne dans le champ de la protection de l'enfance. Auteur du livre Entre trauma et protection : quel devenir pour les enfants juifs cachés en France (1940-1944) ? (Toulouse, Erès, 2009). Article publié dans l’édition du Monde du 2 février 2010.
 
Photo : D.R.
 
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