Publié le 02/11/2010 à 18:44 Le Point.fr 45
PRÉSIDENTIELLE
L'UMP en orbite pour 2012
Par Ségolène Gros de Larquier
Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet sont chargés de piloter les "grands rendez-vous pour la France" qui doivent fournir un projet pour l'UMP en 2012 © WITT/SIPA
Nicolas Sarkozy en est convaincu : la réforme des retraites sera une force pour
affronter la prochaine présidentielle. Mais en attendant d'au moins en récolter les fruits dans les sondages, la droite planche sur son projet pour rassembler les Français en 2012. Mercredi,
l'UMP donne le coup d'envoi d'un cycle de travaux - piloté par les ministres Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet - afin de rénover le corpus idéologique du parti. Le premier "grand
rendez-vous pour la France", à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris, est consacré à l'éducation.
"Les questions d'éducation sont centrales. (...) C'est aussi une forme de contre-pied : il y a dix ans, l'éducation était
considérée comme un monopole de la gauche. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas ", justifie le secrétaire d'État à l'Emploi Laurent Wauquiez. "Là où le PS est encore sur beaucoup d'a priori, de
réflexes très poussiéreux et clientélistes, nous, on est vraiment sur une approche beaucoup plus offensive", fait-il encore valoir. Au total, une dizaine de "grands rendez-vous" sont prévus,
comme "la famille" en décembre, "l'emploi" en janvier et "l'argent public" en février.
Une facture d'un million d'euros
L'UMP s'inspire en partie d'une méthode qui a fait ses preuves en 2007 : les conventions thématiques pilotées par Emmanuelle
Mignon - alors directrice des études et de la prospective à l'UMP - et au cours desquelles Nicolas Sarkozy a pu présenter son projet et imposer son rythme au débat national. Mais, cette fois,
"l'architecture est nouvelle", insiste le tandem de "têtes chercheuses" chargé de coordonner les travaux. "Déjà, on parle de grand rendez-vous, pas de convention : c'est plus charnel",
poursuivent les benjamins du gouvernement. En parallèle de ces brainstormings géants, deux autres types de rencontres sont aussi prévus : des cafés-débats dans les fédérations et des ateliers
d'experts. Enfin, le parti majoritaire joue aussi la carte de l'interactivité : en plus d'un site web et d'un groupe Facebook, un compte Twitter et des applications mobiles et iPad sont disponibles. Coût total de l'opération : un million d'euros. "Pour 2012, notre
programme ne doit pas correspondre à une sorte d'ingénierie administrative, mais répondre concrètement aux citoyens", insiste Nathalie Kosciusko-Morizet.
À la lisière de l'UMP, une série de clubs politiques ambitionnent aussi d'enrichir le projet pour la présidentielle. Parmi ces
think tanks, on compte par exemple le "Labo des idées" de Valérie Pécresse ou le Club 89 de Benoist Apparu, mais surtout Génération France animé par Jean-François Copé. Avec une centaine
d'antennes réparties dans l'Hexagone, le club de réflexion du maire de Meaux a déjà lancé ses propres conventions sur la gouvernance, le travail, l'identité, la croissance et même sur
l'éducation, devançant ainsi l'UMP. Objectif : remettre à Nicolas Sarkozy une véritable plate-forme programmatique en 2011.
Seuls les partisans de Dominique de Villepin - lequel ne fait pas mystère de ses intentions pour 2012 - se montrent plutôt
sceptiques. "Sur le terrain des idées, l'UMP est souvent resté sur des éléments de doctrine. On ne va pas assez loin dans la réflexion politique", regrette la députée Marie-Anne Montchamp,
porte-parole des villepinistes. Et de poursuivre : "Rénover la réflexion politique, c'est ce que nous essayons de faire au sein de République solidaire ! 2012 approche à grands pas !" La
politique est aussi un combat d'idées !


