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Travaux parlementaires.

Publié le 16/12/2009 à 15:28 - Modifié le 17/12/2009 à 12:14 Le Point.fr

MISSION PARLEMENTAIRE

Voile intégral : vers une interdiction ?

Par Jamila Aridj

Voile intégral : vers une interdiction ?

Selon les estimations des spécialistes, elles seraient 2000 en France à porter le voile intégral, le niqab importé d'Arabie saoudite © Vanessa Hunter/Newspix /REX

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En plein débat sur l'identité nationale, la polémique autour d'une loi interdisant le port du voile intégral pointe à nouveau le bout de son nez. Lancée le 1er juillet dernier, la mission parlementaire d'information sur cette question a tenu mercredi sa dernière séance d'auditions en recevant trois ministres, Brice Hortefeux (Intérieur), Éric Besson (Immigration) et Xavier Darcos (Travail). Une séance en forme de point d'orgue à six mois d'auditions d'experts de tous horizons : une quarantaine de sociologues, responsables musulmans, historiens, juristes, maires, féministes, et même une femme habituellement voilée qui a témoigné à visage découvert, mais à huis clos.

Face à ces "témoins", trente-deux députés de toutes tendances doivent rendre leur copie fin janvier. Le président de la mission, le député PCF du Rhône André Gerin , parle de "préconisations". Mais l'hypothèse d'une loi agite la classe politique. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, juge "indispensable" une loi pour interdire [le voile intégral]". Dans une tribune publiée mercredi dans Le Figaro et cosignée par la députée du Calvados Nicole Ameline, le député de l'Aube François Baroin, coprésidents du groupe de travail UMP sur le voile intégral, et Éric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, il estime qu'avec le voile intégral "des extrémistes testent la République en encourageant une pratique qu'ils savent contraire aux principes essentiels de notre pays". Il refuse "la banalisation comme la stigmatisation".

Ce débat sur le voile, ajoute-t-il, ne vise pas l'immigration ni la liberté religieuse. "Tous les spécialistes de l'islam nous l'ont confirmé : cette pratique n'est pas une prescription coranique. Elle est donc rejetée dans la plupart des pays musulmans. Il est donc absurde de rattacher cette question à un débat sur la laïcité ou la place de l'islam : non à l'instrumentalisation de la religion !", écrit l'édile de Meaux. Et d'ajouter : "Nous défendrons le principe d'une loi, précédée d'une phase de dialogue et d'explication. La loi rappellera juste ce qui était, jusqu'à présent, si évident qu'il n'y avait pas besoin de l'inscrire dans notre droit : la visibilité du visage dans l'espace public est une condition essentielle du vivre ensemble et un gage de sécurité." "Je pense qu'on peut interdire la burqa sans qu'il y ait besoin de faire une loi", estime de son côté François Hollande l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste.

Islamologues et musulmans mettent en garde

Dans ce sens, des juristes entendus par les parlementaires ont argumenté sur les fondements d'une éventuelle loi d'interdiction. À quel titre légiférer ? Au nom du respect du droit des femmes : mais alors que faire si elles sont consentantes ? Pour trouble à l'ordre public : un choix vestimentaire en est-il un ? Sur le respect de la personne humaine ? Sur l'obligation d'être identifiable ? Plusieurs ont relevé qu'une telle loi serait difficile à appliquer : "À quand une cellule de dévoilement à côté des cellules de dégrisement dans les commissariats ?" a ironisé l'un d'eux.

De leur côté, les responsables du culte musulman en France ont clairement dit que c'est aux musulmans, eux-mêmes, de mettre fin à la "pratique ultraminoritaire" du port du voile intégral, par "la persuasion et l'éducation" plutôt que par la contrainte. Selon les estimations des spécialistes, elles seraient 2.000 en France à porter le voile intégral, le niqab importé d'Arabie saoudite. Jeunes pour la plupart, ces femmes sont inspirées par les musulmans salafistes qui prônent un retour à l'islam des origines et un refus du contact avec le monde non musulman. Islamologues et musulmans ont aussi mis en garde les députés contre une mesure d'interdiction qui serait comprise comme une stigmatisation de l'islam dans son ensemble.

Nicolas Sarkozy, qui, le 22 juin à Versailles, a dit devant le Congrès son hostilité au voile intégral , s'est par ailleurs adressé début décembre dans les colonnes du Monde aux Français musulmans pour dire qu'il ferait "tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres", mais aussi pour demander des pratiques religieuses sans "ostentation" ni "provocation". Une nouvelle façon de condamner le port du voile intégral sans trancher sur la manière de l'interdire.

Le gouvernement va devoir redéposer le projet de loi devant les députés.

C'est ce qu'on appelle un beau loupé. Le gouvernement va devoir redéposer le projet de loi sur le redécoupage des circonscriptions législatives à l'Assemblée, après que le Sénat l'a rejeté lundi soir à la surprise générale en raison de l'erreur d'un sénateur centriste. Jean-Jacques Pignard, suppléant de Michel Mercier, devenu sénateur du Rhône après l'entrée au gouvernement de celui-ci en juin dernier, s'est en effet prononcé en faveur d'un amendement de suppression de l'article unique du projet de loi. Le sénateur novice n'avait pas compris l'objet du scrutin, et croyait être invité à se prononcer pour ou contre l'ensemble du texte. Or, Jean-Jacques Pignard disposait d'une délégation de vote pour les 27 autres membres de son groupe. Comme l'UMP ne bénéficie pas de la majorité absolue au Sénat, ce couac a entraîné le rejet du texte par 167 voix contre 156. Après examen du règlement du Sénat, le bureau de la Haute Assemblée a considéré mardi que le gouvernement ne pouvait pas demander une nouvelle délibération sur l'amendement de suppression de l'article unique du projet de loi, contrairement au souhait émis par Alain Marleix, secrétaire d'État à l'Intérieur et aux Collectivités locales. L'unique solution consiste donc à renvoyer le texte devant les députés pour une deuxième lecture. Le projet de loi devra ensuite être soumis de nouveau aux sénateurs. Bref, une belle gaffe qui complique la tâche du gouvernement.

Lors du petit déjeuner de la majorité, mardi matin à l'Élysée, Nicolas Sarkozy s'est montré en tout cas très irrité de ce couac. «C'est une faute d'avoir laissé une socialiste présider sur un sujet sensible !, a lancé le chef de l'État à Gérard Larcher et Henri de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement. On ne me la fait pas, j'ai été parlementaire pendant vingt ans !»

 

«On va se marrer»

Lors de la reprise de la séance, mardi après-midi, le président du groupe centriste, Nicolas About, a mis en cause la socialiste Catherine Tasca, qui présidait la séance la veille au soir lors du scrutin controversé. About a accusé Tasca d'avoir chuchoté à ses collègues socialistes : «On va se marrer, ça va passer», alors que le sénateur novice Jean-Jacques Pignard commettait son erreur. L'intéressée a réagi en fustigeant les «invectives et injures» de la majorité sénatoriale. Elle a également affirmé qu'elle avait essayé en vain de joindre le président du Sénat lors de la suspension de séance intervenue lundi vers 19 h 30. Gérard Larcher a donc éprouvé le besoin d'indiquer hier qu'il «n'avait pas vocation à venir jouer les sapeurs-pompiers» et que chacun devait «assumer ses responsabilités».

Le président du Sénat a envisagé de modifier le règlement de la Haute Assemblée pour éviter la répétition de ce genre d'incidents. Une seule délégation de vote par sénateur présent pourrait être autorisée à l'avenir. "le figaro"

Le texte a été déposé le 5 novembre dernier sur le bureau de l'Assemblée nationale par Elie Aboud, député UMP de l'Hérault. Cosignée par 103 de ses collègues, la proposition entend "faire respecter les symboles républicains lors des célébrations de mariage" en mairie et permettre au maire, "s'il l'estime nécessaire", "d'interdire aux participants d'arborer des drapeaux ou signes d'appartenance nationale autres que ceux de la République française". "Encore isolées, ces pratiques dérangent la conscience nationale", peut-on lire dans l'exposé des motifs.


 

  • En plein débat sur l'identité nationale, une centaine de députés UMP veulent une loi pour faire interdire les drapeaux étrangers dans les mairies lors des mariages. Le débat est sensible.



 
 

La question

maire élu mairie commune

Etes-vous pour ou contre la présence de drapeaux étrangers lors des mariages en mairie ?

1184 votes

Pour
22.6 %
Contre
77.4 %
  
Selon des sources parlementaires, l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale du texte d'Elie Aboud n'est pas prévue, en tout cas pas lors des prochaines séances réservées au groupe UMP, en janvier. Chaque mois, des dizaines de propositions de loi sont déposées. Une infime partie d'entre elles sont débattues et, a fortiori, votées. Pour devenir une loi, une proposition de loi doit être inscrite à l'ordre du jour par le groupe UMP ou le gouvernement puis votée dans les mêmes termes par l'Assemblée et le Sénat.
Par TF1 News (avec dépêche) le 09 décembre 2009 à 11:37
NOUVELOBS.COM | 09.12.2009 | 19:26

Rendu inaudible, le député Vert Noël Mamère a dû abandonner le micro. Puis Eric Woerth a qualifié de "stupide" une question portant sur le cumul de ses fonctions de ministre du Budget et de trésorier de l'UMP. L'opposition a finalement quitté l'hémicycle.

L'Assemblée nationale (photo d'archives Reuters)

L'Assemblée nationale (photo d'archives Reuters)

La séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale a été chaotique, mercredi 9 décembre. Dans une ambiance survoltée, les députés d'opposition ont fini par quitter l'hémicycle
C'est une question posée par Noël Mamère qui a provoqué le déclenchement des hostilités. Le député Vert, que l'UMP accuse d'avoir fait un bras d'honneur aux élus de la majorité lors de l'intrusion de militants de Greenpeace, la semaine dernière, a été vivement pris à partie au moment où il a pris le micro. Hurlements et claquements de pupitres, venus de la droite, l'ont vite rendu inaudible... jusqu'à ce qu'il abandonne. "Je ne poserai donc pas ma question", a-t-il fini par lancer en se rasseyant.

en signe de protestation.

Une question sur "les bailleurs de fonds" de Sarkozy


Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), a alors passé la parole à l'orateur suivant, le centriste, François Rochebloine... mais hurlements et claquements de pupitres, venus de la gauche, l'ont à son tour rendu inaudible.
"Pensez à l'image que vous donnez", a lancé Bernard Accoyer, sous l'oeil impassible des membres du gouvernement.
Nora Berra, secrétaire d'Etat aux Personnes âgées, a pu répondre dans le calme. Avant que le chahut ne reprenne de plus belle.
L'Assemblée s'est à nouveau enflammée dès la question suivante, posée par Christian Eckert (PS) sur "les bailleurs de fonds" de Nicolas Sarkozy et sur l'incompatibilité entre les fonctions de trésorier de l'UMP et de ministre de Budget, occupées par Eric Woerth. "Il n'y a pas de confusion des genres", a répondu Eric Woerth en dénonçant une question "stupide", provoquant aussitôt un redoublement des protestations sur les bancs de la gauche.
"Du pognon, des sous", ont-il hurlé de plus belle alors que Jean-François Lamour (UMP) prenait le micro à propos de la fiscalité à Paris.

"Vous allumez le feu"


Le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, est alors monté au perchoir pour demander de prendre la parole en lieu et place de l'orateur PS suivant. "M. Eckert a posé une vraie question" et "une question aussi grave mérite une vraie réponse", a-t-il lancé au Premier ministre.
"Quand vous allumez le feu, quand vous organisez la polémique, il ne faut pas vous étonner que le gouvernement vous réponde", a rétorqué François Fillon. "Cette question n'en était pas une, il n'y a aucune incompatibilité entre la fonction de trésorier d'un parti politique et la fonction de membre du gouvernement", a-t-il encore lancé.
La gauche a alors quitté l'hémicycle pour protester.

(Nouvelobs.com)

Un cabinet privé participe à la rédaction d'une loi pour 84000 euros

Le cabinet Lexisnexis a contribué à la rédaction d'une proposition de loi du député UMP jean-Luc Warsmann. Ce dernier dément avoir caché ces informations

La polémique avait démarré le mardi 1er décembre. Le député PS Jean-Jacques Urvoas, avait accusé en plein hémicycle son collègue UMP Jean-Luc Warsmann d'avoir fait rédiger une partie de sa proposition de loi sur la simplification du droit par "un cabinet privé".

Joint à l'époque par LEXPRESS.fr, Jean-Jacques Urvoas reprochait à Jean-Luc Warsmann de ne pas lui répondre mais n'avait pas étayé ses accusations.

L'affaire a rebondi le mercredi 2 décembre à l'Assemblée. Pressé de répondre, Jean-Luc Warsmann a rappelé qu'il ne saurait être "plus transparent et plus public" et qu'un appel d'offres a été rendu public. Médiapart a retrouvé les documents en question qui montrent que c'est le cabinet Lexisnexis, spécialisé dans l'information juridique, qui a contribué à la rédaction du texte. Le cabinet a été payé 84 000 euros sur le budget de l'Assemblée nationale.

"Une polémique de mauvaise foi"

Contacté par LEXPRESS.fr, Jean-Luc Warsmann dit n'avoir "jamais caché" l'aide d'un cabinet privé à la rédaction de la loi. En effet, dans son exposé des motifs, son texte précise qu'il a été rédigé "avec le concours d'une équipe de juristes et de scientifiques" mais il n'indique ni le nom du cabinet, ni le coût de la prestation.

Sur les tâches effectuées par Lexisnexis, le député UMP affirme que le cabinet "n'a pas rédigé" tout ou partie de son texte de loi. Selon lui, les juristes ont juste "listé des dispositions désuètes", donnant l'exemple d'articles de loi faisant référence à la peine de mort, abolie en 1981. "M. Warsmann joue sur les mots, répond Jean-Jacques Urvoas. Il va finir par rendre suspect quelque chose qui est assez badine."

Jean-Luc Warsmann explique également que "les trois questeurs [responsables des finances de l'Assemblée, ndlr], dont la députée PS Marylise Lebranchu, ont validé" l'appel d'offres. "

Grand Paris : l'Assemblée Nationale examine le projet de loi

L’Assemblée nationale examine en ce moment le projet de loi du Grand Paris défendu par le secrétaire d’Etat au développement de la région Capitale, Christian Blanc. Au coeur de ce projet polémique, un métro automatique de 130 km qui relierait 9 pôles économiques franciliens, sur une quarantaine de gares desservies. 

 


 

Débat à l'Assemblée Nationale:

 

L'Assemblée nationale poursuit aujourd'hui encore l'examen du projet de loi sur le Grand Paris et aborde le vif du sujet: la création d'un vaste réseau de métro automatique en Ile-de-France.

 Les élus de gauche, ainsi qu’une partie des élus de droite franciliens y sont opposés. Ils déplorent le manque de concertation et le transfert du droit de préemption au bénéfice de l'Etat. L'urgence pour eux est à l'amélioration des réseaux de transports publics existants.

 

Ces élus sont rassemblés au sein de "Paris Métropole" qui depuis novembre 2008 réunit la ville de Paris et 105 collectivités territoriales d'Ile de France de différentes couleurs politiques, sous la forme d'un syndicat mixte.


 Lors du débat parlementaire le rapporteur UMP Yves Albarello (Seine-et-Marne)a fait part des "réelles craintes" d'"un certain nombre de ses collègues quant à certaines des interconnexions indispensables entre les actuels réseaux RER et transiliens avec la double boucle".

 

Parmi les détracteurs du texte, Daniel Goldberg (PS, Seine-Saint-Denis) a cité un communiqué du Medef Ile-de-France, très critique. "Le MEDEF dénonce un texte qui pose des problèmes de fond et des problèmes juridiques, dont l’horizon est lointain, qui ne profite ni à l’hyper-centre, ni même au coeur de l’agglomération, qui pose une grande interrogation sur le devenir des futurs pôles".

 

Principale oratrice PS, Annick Lepetit (Paris) adjointe au maire de Paris chargée des déplacements a souligné que l'objectif du secrétaire d'Etat Christian Blanc de création d'un million d'emplois en 15 ans en IdF "est en complète contradiction avec toutes les études économiques et démographiques connues", y compris de l’INSEE". Ceci "suppose un rythme deux fois et demi supérieur à celui observé depuis quinze ans" et "revient à annoncer une déconnexion totalement inédite et improbable entre population active et emploi".

 

 

Le rapporteur du budget Gilles Carrez (UMP) est intervenu hier soir pour lancer un appel à un accord Etat-région : "Si l'Etat et la région ne trouvent pas un accord explicite, si les collectivités locales ne se reconnaissent pas dans le projet du Grand Paris, nous irons droit au blocage et nous accumulerons les retards, et ce sont les Franciliens qui en subieront les conséquences".

 

 

L'examen du texte se poursuit jusqu'à ce soir. Il prévoit  un réseau de métro automatique de 130 km de long autour de Paris desservant une quarantaine de gares, d'un coût de 21 milliards d'euros en investissement.

 

 

Pierre Mansat, Adjoint du Maire chargé de Paris Métropole ajoute que "le projet de transport en lui-même n'a pas été débattu fondamentalement ni avec les collectivités et encore moins avec les citoyens. Est-ce qu'on peut dans une société moderne et démocratique sortir de son chapeau une infrastructure de transport de 130 km qui va être là pour un siècle ? Il faut quand même valider sa pertinence d'une autre façon".

 

 

 

 

 

 


Dans son « discours de Chaillot », donné à l’occasion de l’inauguration de l’exposition présentant les « dix projets du Grand Paris », le Président de la République Nicolas Sarkozy s'est dit en faveur d’un partenariat entre l’Etat et les élus.

 

Les collectivités réunies au sein de Paris Métropole estiment qu'il s'agit là de déclarations de bonnes intentions. Mireille Ferri, actuelle vice-présidente de la région Ile-de-France, chargée de l’Aménagement du territoire, fait partie des élues déplorant le rejet de la plupart des amendements et le manque d'évolution du texte. "Nous sommes confrontés à un secrétaire d’Etat qui bloque le processus ».

 

Les enjeux  du projet de loi de Christian Blanc

 

 

Au cœur du texte de loi, se trouve un projet de métro automatique desservant de futurs pôles économiques dans la région Ile-de-France.

 

Selon le secrétaire d'Etat Christian Blanc, ancien patron de la RATP, ce nouveau réseau de transport permettrait de créer 800 000 à un million d’emplois en 15 ans dans la région et de doper la croissance de son PIB, ce que contestent certains spécialistes, tel l'économiste et géographe Frédéric Gilli.  

 

Ce nouveau réseau de transport automatique décrirait « un Grand huit » s’appuyant sur la ligne 14 pour la prolonger. Cette nouvelle ligne de transport suivrait un parcours de 130 km à la vitesse de 60 km/h, lequel relierait une quarantaine de gares. Ce projet de grande rocade serait opérationnel d’ici 13 ans.

 

Cela constitue une délai bien trop long aux yeux de bons nombre d’élus de petites et grandes couronnes qui rappellent l’urgence de la situation.

Pour ces élus territoriaux de couleurs diverses, la priorité est l’amélioration du réseau de transports existant : désengorger la ligne 13, améliorer les conditions de transport dans les RER, prolonger diverses lignes de métro et de tramway. Selon eux, cette vision d’un système de transport multiple s’étendant à la grande couronne serait plus à même de rendre le territoire francilien attractif et de réduire les inégalités.

 

La question de l'expropriation préoccupe les élus territoriaux. En effet, le projet de loi prévoit que la future Société du Grand Paris, (la nouvelle institution qui serait en charge du projet), s'arroge un droit de préemption jusque là réservés aux élus territoriaux, sur les zones géographiques concernées par les travaux. 

 

Le projet ne s'accompagne d'aucun plan cohérent. Selon ses opposants, le logement, le développement durable, et l'actuel shéma directeur suivi par la région ne sont pas pris en compte. 

 

En conséquence le maire de sceaux Philippe Laurent (divers droite) estime  que  « le projet de loi présenté à l’Assemblée ne peut en aucune cas constituer le projet de Paris Métropole ».

 

La question du financement

 

En ce qui concerne le financement du projet, le Président de Paris Métropole et Député-maire de Cachan Jean-Yves Le Bouillonnec déplore que le texte ne prévoie aucune disposition.

 

Le « grand huit » préconisé par le secrétaire d’Etat est chiffré à 21 milliards d’euros - une estimation qui exclut les frais de fonctionnement.

 

En avril 2009, Nicolas Sarkozy annonçait 35 milliards d’euros d’investissement pour les transports franciliens, en incluant d’ailleurs le plan de mobilisation établi par la Région pour remédier aux « urgences » en matière de réseau de transport (la ligne 13, les RER, etc...).

 

Interrogé sur l'intention de Mr Blanc de recourir à l'emprunt à hauteur de 17 milliards d'euros, M. Huchon, Président PS de la region Ile-de-France a affirmé qu'"on est en train de fruir vers l'irréalité", ces 17 milliards devant s'ajouter aux 35 du grand emprunt, "alors que la dette publique est déjà abyssale".

 

3 questions à Jean-Yves Le Bouillonnec 

 

Président de Paris Métropole et Député-maire de Cachan

 

 

 

Le projet de loi relatif au Grand Paris a été déposé le 7 octobre. Quelle a été son évolution depuis ?
Le texte n’a pas beaucoup changé. L’évolution la plus notoire est le fait que la commission nationale du débat public a été réintroduite. Sinon, pour le reste, rien n’a vraiment changé quant à la suprématie de l’Etat. Nous n’avons pas obtenu beaucoup de réponses sur le réseau de transport proposé par Christian Blanc. Ni sur le financement de celui-ci. On connaît les compétences exorbitantes du droit commun qu’aurait la Société du Grand Paris sur les territoires, mais nous ne savons pas encore ce qu’il adviendrait si une commune venait à refuser ces décisions. Quant à la reconnaissance des compétences des élus, il y a bien eu une légère évolution, mais la main décisionnelle revient toujours à l’Etat.

 

Que prévoit exactement le texte sur la question du financement ?
Rien, absolument rien n’est précisé. C’est un projet qui n’a reçu aucun aval des collectivités territoriales, tant sur l’aspect financier que sur le fait que l’Etat ne pourra pas imposer de mesures aux communes. Ceci montre que nous passons à une nouvelle étape, avec une forme de passage en force. L’exécutif n’est plus uniquement confronté à l’opposition, mais à l’instrument parlementaire. A l’image de la taxe professionnelle dont la suppression a pourtant été actée, le texte de loi sur le Grand Paris se heurte à la volonté de nombreux députés de toutes couleurs politiques.  Il y a actuellement un processus de rapport de force entre l’exécutif et l’ensemble du parlement, dans lequel l’exécutif impose ses décisions.

 

Le projet existant est-il compatible avec le Grenelle de l'environnement ?

Dans l’actuel texte de loi figure un article stipulant que les objectifs du Grenelle de l’environnement doivent être pris en compte. Or, nous sommes confrontés à des aberrations au sein même de ce projet. Par exemple, le texte indique que seront prévus des parkings autour des quarante gares desservies par le métro automatique. Cela est contraire au Grenelle. De même, les procédures de concertation et de débat public, prévues par ce même texte de référence, sont insuffisamment pensées par le projet de loi sur le Grand Paris. Réaliser la métropole du XXI eme siècle doit se faire à la fois avec des exigences importantes en matière de développement durable, mais aussi avec des ambitions fortes pour les attentes des habitants.

 

 

Du côté des Franciliens, une concertation à venir ?

 

Paris Métropole continue ses échanges sur les enjeux du Grand Paris et la vision de la furtre métropole.

Un forum se tiendra  le 17 décembre prochain, conviant des représentants de la société civile et les dix équipes d'architectes ayant répondus à la consultation sur le Grand Paris.

Au programme : des ateliers de travail, des expositions et la diffusion de vidéos.

Ce jour verra également le lancement du nouveau site internet participatif www.parismetropole.fr.

 

Par ailleurs, le Préfet d’Ile-de-France, Daniel Canepa annonce le lancement d’un site participatif  www.mon-grandparis.fr.

 
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