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31/01/11 | 07:00 | Guillaume Tabard

Copé : la charge contre Fillon

Ecrit par
Guillaume TABARD
Guillaume TABARD
Editorialiste politique
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GUILLAUME TABARD, Les Echos

Le mot lui est resté en travers de la gorge. François Fillon a beau lui avoir juré n'avoir jamais qualifié son ami Christian Jacob de « Rantanplan », Jean-François Copé a choisi de croire la version du « Canard enchaîné » plutôt que celle du Premier ministre. Fillon avait qualifié d' « inutile et dangereux » le débat lancé sur le statut des fonctionnaires par le président de groupe à l'Assemblée. « Quand on est Premier ministre, on ne parle pas comme ça du patron des députés de sa majorité. On peut être en désaccord avec une proposition sans cogner sur son auteur », s'emporte en privé Copé.

Cogner, c'est pourtant ce que choisit de faire le secrétaire général de l'UMP à l'encontre de son aîné, accusé sans nuances d'avoir « vendu quinze ans de gaullisme social pour un plat de lentilles », lors de son ralliement à Nicolas Sarkozy en 2005. Oubliant qu'il vient lui-même de troquer en un éclair le statut de premier résistant de l'intérieur au président pour celui de premier lieutenant du futur candidat à sa réélection. Prononcé devant quelques journalistes, vendredi, le réquisitoire est sans appel contre un François Fillon qui n'a « aucune conviction ». « C'était bien la peine de nous assommer pendant des années avec des discours sociaux pour se poser aujourd'hui en père la rigueur. »

L'affrontement Copé-Fillon est écrit depuis le soir du remaniement. Le chef du parti contre le chef du gouvernement : un classique. On l'a connu à gauche entre Laurent Fabius et Lionel Jospin. Là, c'est l'après-2012, avec Sarkozy ou sans lui, qui se joue à droite. « Copé a besoin d'une défaite de Sarkozy », estiment les amis du Premier ministre en soulignant qu'après une nouvelle victoire de la droite l'alternance finirait par arriver en 2017, l'année visée par le maire de Meaux. « La campagne de 2012, c'est pas le problème de Fillon, théorise de son côté le secrétaire général de l'UMP. Il a compris qu'en toute hypothèse son bail à Matignon s'arrêtera à cette date. C'est pourquoi il veut que l'on parle de son bilan et pas des débats de demain. » Face à un Fillon un peu vite mis hors jeu, Copé affiche son idylle toute fraîche avec le chef de l'Etat. « Je n'ai jamais eu cette relation avec lui. Maintenant, j'ai un accès direct et il ne me met aucun frein. » Il est vrai que la rivalité entre ses deux généraux préserve son leadership. Jusqu'au verdict des primaires socialistes, le mistigri des querelles internes aurait pu rester à gauche. Le PS ne manquera pas de remercier l'UMP pour son sens du partage...

Le Point.fr - Publié le 27/01/2011 à 11:25 - Modifié le 27/01/2011 à 11:26 LE POINT

Jean-François Copé justifie la rencontre entre Sarkozy et les donateurs de l'UMP

"Chaque Français est important", a estimé le patron du parti majoritaire.


Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a justifié, jeudi, la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le Premier Cercle des donateurs du parti majoritaire, soulignant qu'il était légitime que le chef de l'État rencontre "tous les Français", car "chaque Français est important". Comme on lui demandait sur RMC et BFM-TV si le président de République avait promis à ces grands donateurs réunis mardi soir de supprimer l'ISF (impôt sur la fortune), Jean-François Copé a répondu : "Je n'ai pas le souvenir qu'il ait dit les choses de manière aussi précise que cela." "En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que je pense qu'il est parfaitement légitime que nous ayons des discussions avec les Français sur tous les sujets, et avec tous les Français, y compris ceux qui ont choisi de s'engager pour notre famille politique dans un cadre totalement légal", a-t-il ajouté.

Le Premier Cercle regroupe quelque 300 à 400 donateurs parmi les plus généreux de l'UMP, versant entre 3.000 et 7.500 euros par an au parti, soit le plafond légal. Nicolas Sarkozy "voit tous les Français", et "moi je pense que chaque Français est important", a aussi lancé le député de Seine-et-Marne, soulignant que le chef de l'État était, le matin de la réunion des donateurs, "à Saint-Nazaire avec des ouvriers". "Ma thèse personnelle, c'est que si on doit supprimer le bouclier fiscal, qui a été fait pour empêcher les délocalisations de fortune", alors "il faut vraiment revoir l'ISF, soit en le supprimant en totalité, soit si on n'arrive pas à le faire tout de suite en décidant clairement de quoi on veut parler", a expliqué M. Copé.

L'ISF consiste à faire "payer de l'impôt sur du patrimoine qu'on a, mais qui ne rapporte pas de revenu", il vaudrait mieux "payer beaucoup plus d'impôts sur les revenus du capital, c'est beaucoup plus logique", a-t-il dit. Il s'est toutefois dit défavorable" à la taxation des plus-values sur la vente d'une résidence principale, car celle-ci est "un élément important pour la construction d'une vie".

Loiseleur (DVD) élue maire de Senlis

AFP
23/01/2011 | Mise à jour : 21:35 
le figaro

Pascale Loiseleur (DVD) a été élue dimanche maire de Senlis, au deuxième tour des municipales partielles, avec 55,18% des voix, a constaté un correspondant de l'AFP. Mme Loiseleur devance le maire sortant, Jean-Christophe Canter, qui obtient 33,96% des voix.

La liste du candidat PS, Jean-Marie Mariani arrive troisième avec 10,86% des suffrages.
"Les Senlisiens ont rejeté un système autocratique, incarné par un homme qui ne s'est pas grandi durant la campagne. Il réclament désormais plus de respect et plus de franchise", a déclaré Pascale Loiseleur, immédiatement après sa victoire. De son côté, Jean-Christophe Canter a estimé que "Pascale Loiseleur a été élue sur un malentendu. (...) J'en paie le prix et je donne rendez-vous pour de prochaines échéances" électorales, a-t-il ajouté.

Les élections municipales partielles ont été organisées à la suite de la démission de 19 élus sur fond de mise en cause du maire, Jean-Christophe Canter (UMP), dans une enquête sur l'attribution de marchés publics.

Pour 2012, Copé lance la "boite à idées" de l'UMP

Par Julien Chabrout, publié le 18/01/2011 à 18:01, mis à jour à 18:21 l'express

 
 
Pour 2012, Copé lance la "boite à idées" de l'UMP

C'est ce mardi soir que Jean-François Copé lance le "conseil des clubs et des think tanks" de l'UMP. Une tentative de fédérer des dizaines de structures, bien différentes les unes des autres. LEXPRESS.fr fait le point.

 

La liste du conseil des think tanks

Avant la première réunion ce mardi soir du conseil des clubs et des think tanks, l'UMP nous a fait parvenir la liste des membres de ce conseil. 

Nicolas Sarkozy est gâté. Pour 2012, il pourra piocher dans un programme, fruit du travail de l'UMP et de 33 clubs associés. Pour simplifier tout ça, Jean-François Copé a décidé de les réunir au sein du "conseil des clubs et des think tanks" qu'il présidera. Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture, en devient lui le délégué général, chargé du projet. 

Officiellement, il y a 22 "personnes morales associées" à l'UMP, soit 22 structures politiques. C'est ce qu'avait indiqué Copé lors du dernier conseil national de l'UMP. Le club des think tanks voit donc plus large, en associant tous les types de groupement présents au sein de la majorité 

Les partis associés

D'abord, les partis associés. De cette liste, on connaît surtout le Parti radical de Jean-Louis Borloo, surtout depuis le remaniement et les déclarations d'indépendance de ses membres vis-à-vis de l'UMP.  

Mais il y a aussi le Parti Chrétien Démocratede Christine Boutin, Les Progressistes d'Eric Besson, le ministre de l'Industrie, ou encore l'Alliance pour la diversité républicaine, regroupant plusieurs associations militant pour plus de diversité à droite. 

Les clubs de réflexion

Ensuite, les clubs de réflexion, appelés aussi "think tanks". Certains sont particulièrement actifs, comme celui de Jean-François Copé, Génération France, qui comprend même une branche jeune, ou encore le Chêne, le club gaulliste de Michèle Alliot-Marie. D'autres se réunissent un peu moins régulièrement, comme Dialogue et Initiative de Jean Pierre Raffarin ou les libéraux regroupés au sein des Réformateursde Hervé Novelli et Gérard Longuet. 

Un autre ministre s'est récemment lancé dans l'aventure. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, essaie de relancer le Club 89. Même le Premier ministre dispose de son club, France 9, en sommeil.  

Tous participeront au nouveau conseil lancé par Jean-François Copé. 

Les fondations proches de l'UMP

La sphère UMP comprend aussi des fondations politiques proches de l'UMP. Celles-ci également participeront au "conseil des clubs". 

Elles sont très majoritairement libérales, à l'image de la Fondation pour l'Innovation Politique dirigée par Dominique Reynié ou encore l'Institut Turgot et l'Institut économique Molinari.  

D'autres fondations sont pro-européennes, comme la Fondation Robert Schuman, tandis que certaines sont au contraire souverainistes, à l'image du Cercle Nation et République du député Jacques Myard. 

Les collectifs de parlementaires

Enfin, dernière composante de la "boite à idées" du conseil des clubs de l'UMP, les collectifs de parlementaires UMP. Ces derniers se multiplient depuis les dernières élections régionales. La Droite populaire, et ses positions bien à droite dans l'UMP, a ouvert la voie. Y figurent des élus tels que Lionnel Luca, Jean-Paul Garraud et Philippe Meunier.  

Ces collectifs ne sont pas aussi structurés que les clubs politiques, et ne sont pas toujours considérés comme des partis politiques. C'est le cas de La Droite populaire, mais aussi de la Droite rurale. Lancé par le député de la Lozère Pierre Morel A l'Huissier et comprenant 52 députés, il a pour objectif de défendre les intérêts ruraux. Dans ce cadre, il a réussi à décrocher des rendez-vous avec Bruno Le Maire, puis prochainement avec François Fillon et Nicolas Sarkozy. 

Populaire, rurale, puis sociale, avec le collectif de la Droite sociale mené par le ministre chargé des affaires européennes, Laurent Wauquiez. Un groupement, qui se réunit bien moins souvent et qui ne peut pas fournir une liste de la cinquantaine de parlementaires censée la représenter. 

Et, depuis peu, il existe même une Droite industrielle et rurale, le député de l'Aveyron Bernard Carayon ayant annoncé ce mardi cette création.  

Une foultitude de clubs en tout genre

Alors pourquoi tant de clubs et tant de formats? D'abord pour exister politiquement. Avant d'être nommé secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé a montré sa volonté de lancer les débats grâce à Génération France. 

Ensuite, parce que l'UMP est né de la réunion de multiples sensibilités. Pour ne pas être noyés, celles-ci forment de micro-partis au sein du parti. Au risque de fragiliser l'unité de l'UMP. Ce fut particulièrement sensible lors du remaniement de novembre dernier. A ce moment-là, d'ailleurs, Jean-Pierre Raffarin avait lancé un groupe au Sénat, en sus de son club politique, baptisé République et territoire. 

Enfin, et ce n'est pas la plus reluisante des raisons: pour multiplier les dons versés à l'UMP. Si les dons à un parti politique en échange d'un avantage fiscal sont limités à 7 500 euros par an, rien n'empêche d'effectuer un don de ce montant à plusieurs partis politiques. Libre ensuite à ces derniers de reverser tout ou partie de cet argent à un autre mouvement. 



Pas de prières publiques musulmanes à Saint-Gratien

11/01/11 – 10h00
PARIS (NOVOpress)
– Malgré le laxisme général, et encouragé, vis-à-vis des expressions publiques de l’Islam en France, certains rares élus refusent encore de s’asseoir sur le principe de laïcité et de céder aux revendications de la communauté musulmane.

Ainsi Jacqueline Eustache-Brinio, maire et conseillère régionale UMP de Saint-Gratien, a décidé de faire face aux musulmans qui font pression pour disposer d’un lieu de prière dans sa ville. Lors de ses vœux à la population, ce week-end, elle a réaffirmé dans un discours courageux ses « principes de laïcité », après avoir appris officiellement par courrier la constitution de l’association de musulmans de Saint-Gratien — la troisième association du genre — dont l’objectif est justement d’obtenir un nouveau lieu de prière.

Le maire vient également de reconduire l’arrêté interdisant « tout attroupement en vue d’une pratique cultuelle sur l’espace public » jusqu’à la fin de l’année. Un arrêté pris en réaction aux événements de l’été. Le 29 août dernier, en effet, une centaine de musulmans, majoritairement venues d’autres communes, s avaient investi le city stade du quartier des Raguenets pour une prière collective sur la voie publique. Une manière de faire pression sur le qui n’a cependant pas cédé, adoptant une position ferme et courageuse qui auraient cependant plus de portée si Madame Eustache-Binio n’était pas membre d’un parti qui a facilité et encouragé la pression migratoire et le développement de l’Islam en France.

[cc] Novopress.info, 2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

[http://paris.novopress.info/]

Tentative de définition du copéisme
35 heures, burqa, sécurité... le nouveau patron de l'UMP est de tous les débats. Mais que pense-t-il vraiment?
- Jean-François Copé devant le conseil national de l'UMP, le 11 décembre 2010 à Paris. REUTERS/Julien Muguet -
L'AUTEUR
Bastien

Jean-François Copé peut jubiler. Alors même qu'il s'apprête en ce début d'année à remodeler à sa main l'organigramme de l'UMP, «l'homme pressé» de la droite et du parti présidentiel vient d'être remis au centre du débat politico-médiatique par un… socialiste. En effet, avec sa proposition polémique de « déverrouiller les 35 heures », Manuel Valls, candidat aux primaires du PS, entend  expliquer aux Français comment «travailler plus et travailler mieux». Si le slogan fait furieusement penser au «travailler plus pour gagner plus» du candidat Sarkozy en 2007, il est surtout un copié-collé parfait du discours du député-maire de Meaux.

Fin septembre 2010, Jean-François Copé, alors encore président du groupe UMP à l'Assemblée nationale mais déjà prétendant à la succession de Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, avait profité des journées parlementaires du parti à Biarritz pour «mettre sur la table» la question des 35 heures et de l'organisation générale du temps de travail afin de «travailler plus pour travailler mieux». Son objectif: expliquer que «notre rapport au travail doit changer» et que «l'heure n'est plus aux dogmes intangibles», qui plus est lorsque ceux-ci sont le fruit de leaders socialistes, à commencer par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Pour l'ancien ministre du Budget, voilà même «le débat central pour les années qui viennent».

Car Jean-François Copé pense loin. Maire de Meaux, président de la communauté d'agglomération du pays de Meaux, député, secrétaire général de l'UMP, patron du club à sa gloire Génération France.fr, ex-avocat dans un grand cabinet d'affaires... le quadra est également d'ores et déjà candidat pour la présidentielle de 2017. Et garde même un œil avisé sur celle de 2012, au cas où la machine sarkozyste ne tourne pas comme prévu.

Bon client télévisuel, débatteur redouté, Jean-François Copé a néanmoins un handicap: il n'est clairement identifié politiquement dans aucune des familles de la droite (libérale, conservatrice, gaulliste, gaulliste sociale, radicale, centriste...). A moins que cela ne soit un atout en ces temps de dévaluation programmatique. S'il est un maire populaire et même plébiscité —il a été réélu en 2008 avec 68% des voix dès le premier tour– il n'est crédité pour l'instant dans les enquêtes d'opinion que d'une popularité moyenne (autour de 40%), bien loin par exemple de celle de François Fillon. Et ses partisans relèvent du noyau dur et classique de la droite (sympathisants UMP, personnes âgées et artisans-commerçants).

Copé national, Copé local

De quoi donc Copé est-il le nom? A y regarder de plus près, deux visages se distinguent. Un Copé national, d'abord, avec une offensive à tendance libérale menée depuis plusieurs mois sur différents fronts, de son club Génération France.fr à son site personnel, en passant par ses chroniques sur Slate.fr.

Interview après interview, il défend un alignement de la France sur le «modèle allemand». Son leitmotiv: créer un «G2 franco-allemand» pour contrer le «G2 Chine-Etats-Unis». Dans le détail, il prône le renforcement, comme outre-Rhin, d'un grand maillage de PME françaises pour «faciliter» leur accès aux «marchés financiers» et à l'exportation. D'où l'idée de racornir les 35 heures, boulet selon lui pour les moyennes entreprises. D'un côté, il prône des accords de branches ou d'entreprises pour redéfinir le temps de travail, de l'autre, il propose la suppression des allègements de charges en échange de la sortie des 35 heures. Si l'on ajoute son idée d'une «TVA anti-délocalisation» copiée sur la TVA sociale allemande et sa volonté de supprimer l'ISF, l'effet de miroir est complet.

Un Copé local, ensuite, avec une «priorité»: la sécurité. Depuis 1995 et son accession à la mairie de Meaux –avec une parenthèse entre 2002 et 2005– les effectifs de la police municipale ont été décuplés, avec près de 150 agents pour quelque 50.000 meldois. Adepte de la vidéosurveillance, il a fait installer plus d'une centaine de caméras dans la sous-préfecture de Seine-et-Marne. Surtout, sa politique de «rénovation urbaine» a transformé les quartiers «sensibles» de Beauval et la Pierre Collinet, avec à la clé une baisse de la délinquance de rue, même si sa stratégie de démolir les grands ensembles pour les remplacer par des habitations «à taille humaine» se traduit, selon l'opposition, par un recul du nombre de logements sociaux. Enfin, depuis quelques années, il a mis en place des «référents de proximité», des citoyens bénévoles chargés d'informer la mairie. Bonne vie de quartier pour certains, risque de délation pour d'autres.

Le modèle Sarkozy

Sens de la com', compétitivité économique et politique sécuritaire, ambition… cela vous rappelle-t-il quelqu'un? Entré en politique dans le RPR des années 1990, longtemps considéré comme un «bébé Chirac», Jean-François Copé est pourtant bien plus proche de Nicolas Sarkozy, son aîné de dix ans, que d'Alain Juppé auquel, ENA et profil techno obligent, on l'a fréquemment comparé –«Moi c'est Copé avec un p. Deux p, c'est Juppé», répond-il souvent avec ironie à ceux qui orthographient mal son nom.

Même ambition assumée, même maîtrise de l'exposition médiatique –il se définit comme «un enfant de la télé»— Jean-François Copé a choisi d'appliquer à Nicolas Sarkozy la stratégie que celui-ci avait réservée à Jacques Chirac: apparaître loyal tout en se revendiquant différent. Ou l'inverse. A l'hyperprésident qui le placardise en 2007 à la tête du groupe UMP de l'Assemblée, il répond par la «co-production législative» et l'ambition de bâtir un hyper-Parlement. Désormais éloigné du palais Bourbon, il compte mettre en place à l'identique un hyper-parti UMP, officiellement destiné à porter la candidature Sarkozy en 2012. La tactique est claire: si le président sortant est réélu dans dix-huit mois, Jean-François Copé en sera un des artisans majeurs. S'il est battu, il aura façonné un parti à sa botte.

Copé est souvent monté seul au créneau sur différents dossiers, quitte à être accusé de tirer la couverture à lui. En 2008, le chef de l'Etat annonce la réforme de l'audiovisuel public? Sans qu'on ne lui demande rien, le député Copé monte une commission parlementaire sur le sujet dans la foulée. En 2009, il prend tout le monde de court, y compris son propre camp, en annonçant le dépôt d'une proposition de loi UMP contre le port de la burqa dans l'espace public et défend une ligne dure contre l'avis de plusieurs à droite.

Désormais, c'est donc la fin des 35 heures qu'il entend imposer à l'UMP en montant un groupe de travail, comme au gouvernement —malgré l'opposition totale des ministres François Baroin et Xavier Bertrand, peu chauds pour ouvrir la boîte de Pandore– et à l'Elysée, discret jusqu'à présent. Il se dit prêt à prendre des coups, si le consensus final doit lui être favorable. Il a même trouvé une formule volontiers provocatrice: la «jurisprudence burqa». A croire qu'il n'a jamais oublié le conseil que Nicolas Sarkozy lui aurait donné en 1993 lors d'une de leurs premières rencontres:

«En politique (…) il ne faut rien demander, il faut prendre.»

Bastien Bonnefous

 
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