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Travaux parlementaires.

Publié le 06/07/2010 à 22:31 Reuters le point

 

Début de l'examen à l'Assemblée du texte interdisant la burqa

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PARIS (Reuters) - Les députés ont engagé mardi soir l'examen du projet de loi sur l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public en France, que seuls critiquent vivement les élus Verts et communistes.

Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu'il ne ferait "pas obstacle" à l'adoption par le Parlement d'une loi sur l'interdiction du port du voile intégral, burqa ou niqab.

Le groupe socialiste a décidé mardi de ne pas participer au vote du texte si celui-ci "ne bouge pas" au cours des débats. Mais deux députés PS, Manuel Valls et Jean-Michel Boucheron, ont fait savoir qu'ils le voteraient.

Ce texte a été adopté il y a deux semaines par la commission des Lois. Les commissaires UMP et du Nouveau Centre avaient voté pour. Les commissaires socialistes n'avaient pas participé au scrutin.

Les élus communistes et apparentés, qui qualifient ce texte "d'opération politicienne", exprimeront leur position avant de quitter l'hémicycle et ne participeront pas au scrutin.

Seul André Gérin (PC), qui avait présidé la commission d'enquête sur le voile intégral, votera le projet de loi.

Les élus Verts participeront au débat et voteront contre, a dit l'un d'eux, Noël Mamère, à Reuters.

Amnesty International a appelé lundi les députés à "rejeter" ce projet de loi qui, à ses yeux, "violerait les droits à la liberté d'expression et de religion de ces femmes" portant la burqa ou le niqab.

Les députés examinent ce projet de loi en séance publique du 6 au 9 juillet et se prononceront par un vote solennel le 13 juillet sur l'ensemble du texte que le Sénat examinera à son tour en septembre.

LA FRANCE APRÈS LA BELGIQUE

Le projet présenté par la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, propose l'interdiction du port du voile intégral dans tout l'espace public, avec à la clé une amende de 150 euros accompagnée ou non d'un stage de citoyenneté en cas de refus.

"Le voile intégral dissout l'identité d'une personne dans celle d'une communauté", a déclaré la garde des Sceaux. "Il remet en cause le modèle d'intégration à la française, fondé sur l'acceptation des valeurs de notre société", a-t-elle ajouté.

"Il exprime la volonté de mettre en oeuvre une vision communautariste de la société. Il est donc incompatible avec nos principes constitutionnels", a poursuivi Michèle Alliot-Marie.

Le texte prévoit que toute personne obligeant une femme à porter le voile sera passible d'une peine d'un an d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Un amendement socialiste, qui a été adopté, double ces peines lorsque la personne contrainte est mineure au moment des faits.

Ces sanctions n'entreront en vigueur que six mois après la promulgation du texte, le temps de mener une "démarche de dialogue et de persuasion auprès des femmes portant volontairement le voile intégral".

Selon plusieurs sources, environ 2.000 femmes porteraient le voile intégral en France, qui sera le deuxième pays en Europe à prendre ce genre d'interdiction, la Belgique l'ayant précédé il y a quelques mois.

Le 11 mai, les groupes de la majorité mais aussi le PS avaient voté une proposition de résolution UMP sur les pratiques attentatoires aux valeurs de la République, première étape législative en vue de l'interdiction du voile intégral.

Emile Picy, édité par Nicole Dupont

Les socialistes pourraient voter le texte sur la burqa


Par Sophie Huet
02/07/2010 | Mise à jour : 20:50
le figaro
Pour Jean-Marc Ayrault, le chef de groupe des socialistes à l'Assemblée, le PS fera « en sorte de ne pas faire obstacle au voted'une loi, sinon les Français ne comprendraient pas notre position ».
Pour Jean-Marc Ayrault, le chef de groupe des socialistes à l'Assemblée, le PS fera « en sorte de ne pas faire obstacle au voted'une loi, sinon les Français ne comprendraient pas notre position ». Crédits photo : Le Figaro

L'examen du projet d'interdiction générale du voile intégral débute mardi en séance. 

Les députés socialistes ne veulent pas, en ce début d'été, monter en ligne contre le projet de loi sur la burqa, qui sera débattu en séance publique à l'Assemblée du 6 au 9 juillet. « Ce n'est ni l'heure ni le lieu d'un durcissement de notre position contre ce texte  », résume François Brottes. Le député PS de l'Isère considère que le PS n'a aucun intérêt à « s'engluer dans ce débat  ».

Dans une interview publiée vendredi dans La Croix, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, explique que Martine Aubry et lui-même ont «évolué sur cette question» et veulent avoir «une attitude responsable ». Le député maire de Nantes annonce qu'il fera «en sorte de ne pas faire obstacle au vote d'une loi, sinon les Français ne comprendraient pas notre position ». Sous-entendu : le PS ne veut pas se couper des électeurs des classes populaires, hostiles à la présence de femmes voilées sur les marchés.

Cette «évolution» du PS est aussi due à la nécessité de ne pas se diviser publiquement sur une question sensible. Car, depuis des mois, certains députés socialistes, partisans d'une loi d'interdiction générale du voile dans l'espace public, se sont fait entendre. Manuel Valls (Essonne) et Aurélie Filippetti (Moselle), rejoints par Jean-Michel Boucheron (Ille-et-Vilaine) et Odile Saugues (Puy-de-Dôme), n'ont cessé de soutenir la position défendue par le patron des députés UMP, Jean-François Copé, en faveur d'une interdiction générale.

 

Signes de bonne volonté  

Les députés PS ont d'ailleurs voté en séance publique, le 11 mai, la résolution du groupe UMP prônant le respect de la dignité de la femme. Pour prouver sa volonté de rechercher un consensus droite-gauche sur ce texte, Jean-François Copé avait accepté, à la demande de Jean-Marc Ayrault, de retirer de la résolution UMP un paragraphe proposant la tenue d'«assises pour les droits des femmes», que le PS assimilait à la reprise du débat sur l'identité nationale.

Autre signe de bonne volonté des élus de la majorité : en commission des lois, un amendement de Jean Glavany (PS) visant à sanctionner plus sévèrement le délit consistant à contraindre une personne à dissimuler son visage a été adopté à l'unanimité des voix, le 23 juin. Les socialistes ont aussi été sensibles au fait que le gouvernement prévoit, dans son texte, que les femmes contrevenantes puissent choisir de faire un «stage de citoyenneté » plutôt que de payer une amende de 150 euros. Ils ont également obtenu gain de cause sur un autre point : le texte n'est pas inscrit en urgence.

Les socialistes, qui se sont abstenus en commission, vont défendre en séance leur propre proposition de loi, reprenant l'avis du Conseil d'État. Lequel préconisait de limiter l'interdiction aux «services publics ».

«Je suis satisfaite que l'on soit arrivé à trouver un terrain d'entente, et j'espère qu'un consensus pourra se dégager », lors du vote du projet en séance publique, le 13 juillet, déclare Aurélie Filippetti. La députée de Moselle, qui a toujours dit qu'elle voterait pour une loi d'interdiction générale, estime que «le sujet est suffisamment grave pour envoyer un message simple ». Elle juge que cette loi aura «une vertu pédagogique très forte».

Jean-Marc Ayrault reste évasif sur le vote des élus socialistes. « Je ne désespère pas que nous puissions parvenir à une loi de concorde républicaine », confie l'élu de Loire-Atlantique. Il continue à craindre qu'une loi d'interdiction générale encoure la censure du Conseil constitutionnel ou de la Cour européenne des droits de l'homme. Tout en reconnaissant que « la burqa est une agression », les socialistes ne veulent sans doute pas ouvrir un autre front sur ce terrain sensible. Ils sont mobilisés par leur combat contre la réforme des retraites et par l'affaire Woerth-Bettencourt.

Voile intégral

Les parlementaires UMP solidaires du gouvernement

Par Violette Robinet, publié le 27/04/2010 à 20:26 l'express

 
Des personnes portant le voile intégral marchent dans une rue du centre de Marseille, le 24 décembre 2009.

AFP PHOTO MICHEL GANGNE

Des personnes portant le voile intégral marchent dans une rue du centre de Marseille, le 24 décembre 2009.

François Fillon a annoncé ce mardi matin que le projet de loi sur le voile intégral serait présenté à l'Assemblée nationale début juillet. Seul le calendrier d'adoption fait réellement débat au sein des députés et sénateurs de la majorité.

Quatre jours après l'arrestation à Nantes d'une automobiliste intégralement voilée et l'explosion d'une polémique sur la polygamie présumée de son mari, le gouvernement passe la seconde dans son offensive contre la burqa.

Face aux députés UMP, François Fillon a précisé ce 27 avril son calendrier législatif pour l'interdiction du port du voile intégral: premier acte le 11 mai avec l'examen d'une résolution, texte symbolique sans pouvoir contraignant.

Puis passage au second volet le 19 mai avec la présentation du projet de loi sur l'interdiction du port du voile intégral en Conseil des ministres. Le gouvernement décidera alors d'avoir ou non recours à une procédure accélérée, qui, avec une seule lecture par assemblée, permettrait un examen plus rapide du texte.

Le projet de loi sera ensuite déposé à l'Assemblée nationale, où il sera discuté lors de la session extraordinaire de juillet. Le texte devrait ensuite être examiné au Sénat début septembre lors d'une nouvelle session extraordinaire.

Si chez les socialistes, la confusion règne quant à la ligne que tiendra le parti lors du vote du projet de loi, les parlementaires UMP affichent clairement -hormis deux troublions- leur accord avec le gouvernement pour l'interdiction du voile intégral.

Un groupe UMP en phase avec le gouvernement au Sénat

A l'Assemblée, Lionel Tardy, à l'issue de la réunion du groupe de députés UMP, a assuré ne pas avoir entendu de voix discordantes. "Je n'ai pas entendu de députés UMP totalement contre le texte. Après, il y a des sceptiques, qui pensent qu'on se fera retoquer. Et entre loi et et résolution, il y a débat. Mais je n'ai vu personne se manifester publiquement pour dire qu'il n'y avait pas lieu de faire un texte", a-t-il expliqué.

Le député de Haute-Savoie ajoute que la discussion porte surtout sur le calendrier. D'une part, "les jusqu'au-boutistes", "directement confrontés à la burqa dans leur circonscription", "remontés par l'affaire de polygamie": "ils voudraient faire une loi demain matin!", s'exclame Lionel Tardy. De l'autre, "il y a ceux, dont je fais partie, qui disent okay, on fait une loi, mais il y a une quinzaine de textes à examiner jusqau'au 15 juillet, on ne va pas tout chambouler pour la burqa", lance-t-il.

Seul député à s'opposer à une loi, François Goulard a prévenu cet après-midi: "Il est assez probable que je ne prendrai pas part au vote". "Une loi interdisant systématiquement et universellement la burqa ne me paraît pas appropriée. La burqa est un épiphénomène en France. Il s'agit clairement de ramener les voix du Front national vers l'UMP", a regretté le député villepiniste du Morbihan.

Côté Sénat, "sur la burqa, les sénateurs UMP ont exprimé leur accord avec la proposition du gouvernement d'interdiction totale du voile intégral estimant qu'il s'agit d'un problème de dignité de la femme et de sécurité, qu'il n'est pas souhaitable qu'une personne puisse se dissimuler derrière un vêtement. Certains sénateurs ont toutefois soulevé la question de l'application d'une telle interdiction", a indiqué à l'AFP une source au sein du groupe des sénateurs UMP.

Seule Catherine Procaccia, élue du Val de Marne, aurait exprimé des réserves estimant qu'il ne lui semblait pas que la burqa soit la préoccupation essentielle des Français au contraire de la sécurité et des retraites.

Burqa : le Parlement à l'épreuve d'un débat sensible


Par Jean-Baptiste Garat, Judith Waintraub
23/04/2010 | Mise à jour : 21:53 LE FIGARO
Avant la loi, l'issue du vote de la résolution sur la burqa, dès le 11 mai, donnera une idée du climat à l'Assemblée nationale.
Avant la loi, l'issue du vote de la résolution sur la burqa, dès le 11 mai, donnera une idée du climat à l'Assemblée nationale. Crédits photo : Le Figaro

L'interdiction fait consensus, mais les élus sont divisés sur les moyens d'y parvenir et sur le calendrier. 

Les parlementaires reprennent le chemin de l'Assemblée nationale et du Sénat mardi. Un dossier épineux les attend : le projet de loi d'interdiction totale de la burqa que le gouvernement veut voir adopté avant l'été. Pour tenir ce délai, le seul moyen est le recours à l'urgence qui accélère la procédure législative.

Cette perspective hérisse l'opposition, bien sûr, mais aussi une partie de la majorité. À commencer par Bernard Accoyer et Gérard Larcher, présidents de l'Assemblée et du Sénat. Ils ont demandé vendredi un rendez-vous à François Fillon pour « appeler solennellement l'attention du premier ministre sur les conditions du débat ». Selon eux, « une question aussi sensible et complexe, si elle doit être traitée rapidement, ne doit pas l'être dans la précipitation ». Ils seront reçus lundi. Vendredi, le patron des députés centristes, François Sauvadet, a lancé de son côté sa propre mise en garde contre l'urgence. « Si elle doit être confirmée, estime-t-il, cela mettrait en danger la construction du nécessaire consensus républicain sur cette question. »

 

L'UMP plus homogène 

Question « consensus », le président du groupe NC n'est pas au bout de ses peines avec ses troupes. Toutes les positions y coexistent. Maurice Leroy, farouche adversaire du voile, avait signé la proposition d'interdiction déposée par Jean-François Copé et votera « bien sûr » le projet du gouvernement. Jean Dionis du Séjour, lui, est opposé à l'utilisation de l'arme législative, incompatible selon lui avec le principe de « liberté ». « Qu'une femme porte la burqa ne m'empêche pas d'être en short et en tongs », explique le député du Lot-et-Garonne. Il n'envisage pas pour autant un vote contre, car il trouve la burqa « insupportable ». Les vingt-trois membres du groupe NC se réuniront la semaine prochaine. Ils devraient décider que chacun votera selon sa conscience.

L'UMP, elle, est plus homogène. Même Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien-démocrate, juge désormais que « seule une interdiction totale est à la mesure des enjeux et sera applicable ». À l'Assemblée, deux députés UMP sur trois ont signé la proposition Copé. Et pour l'instant, aucun des élus du parti majoritaire qui, sous couvert d'anonymat, avouaient leurs réserves il y a quelques jours encore, n'a publiquement exposé ses réticences. Chez les socialistes (lire page 3), c'est le « ni burqa, ni loi » qui prévaut encore selon la formule de Manuel Valls. Partisan de l'interdiction, comme ses deux collègues Aurélie Filippetti et Odile Saugues, le député de l'Essonne se désole de voir la plupart des élus socialistes et communistes condamner par avance une loi dont ils partagent les objectifs.

Au Sénat, les choses s'annoncent encore plus compliquées, l'UMP ne disposant que d'une majorité relative. Les présidents de tous les groupes sénatoriaux et leurs homologues de l'Assemblée seront reçus à Matignon dans le cadre des consultations sur le projet de texte menées depuis hier par François Fillon et Michèle Alliot-Marie. C'est la ministre de la Justice qui défendra la loi. Déjà, le 11 mai, l'issue du vote de la résolution sur la burqa donnera une idée du climat au Parlement. La motion, cosignée par Jean-François Copé, Nicole Ameline et François Baroin (avant son entrée au gouvernement), n'a pas de valeur contraignante. Mais elle permettra d'exprimer - s'il existe - le consensus républicain sur la question du voile.

Allégement du huis clos en cour d'assises des mineurs


Par Stéphane Durand-Souffland le figaro
16/02/2010 | Mise à jour : 23:21

Cette proposition de loi, votée par les députés mardi, découle directement du procès du «gang des barbares», qui s'est déroulé à huis clos en raison de la présence d'une accusée mineure à l'époque de l'assassinat d'Ilan Halimi.

Les députés ont adopté mardi une proposition de loi facilitant la levée du huis clos, dans le cadre de procès visant des supposés délinquants ou criminels mineurs lors des faits, mais majeurs au moment où ils comparaissent.

Actuellement, les intéressés peuvent demander la publicité des débats (en vertu de la «jurisprudence Patrick Dils»), sans quoi, le huis clos est de droit. Le nouveau texte inverse la donne : la publicité devient la norme dès lors que l'une des parties la réclame, le huis clos restant du ressort de la juridiction, qui tranche après un débat contradictoire si le ou les accusés concernés le sollicitent.

Cette proposition de loi découle directement du procès du «gang des barbares» de Youssouf Fofana, qui s'est déroulé à huis clos en raison de la présence d'une accusée mineure à l'époque de l'assassinat d'Ilan Halimi.

L'avocat de la famille de la victime, Me Francis Szpiner, fort mécontent de n'avoir pas obtenu la publicité des débats, est à l'origine de ce changement législatif, soutenu devant le Parlement par le député UMP François Baroin (avocat, ami et ancien collaborateur de Me Szpiner) et le socialiste Jack Lang.

Les défenseurs du texte mettent en avant la vertu pédagogique du débat public, surtout quand il porte sur des faits mettant en jeu des questions fondamentales comme le racisme ou l'antisémitisme.

 

Pour le procès en appel du «gang des barbares» 

En revanche, ses opposants, parmi lesquels le Conseil national des barreaux, dénoncent, outre son caractère opportuniste, une atteinte à la philosophie de la justice des mineurs telle que définie par l'ordonnance de 1945 (en chantier quasi permanent), qui consiste à protéger les plus jeunes via l'anonymat, afin de ne pas obérer leurs chances de réinsertion future.

Selon eux, le huis clos est davantage propice à une expression sereine des mineurs, fussent-ils devenus majeurs. Ils redoutent encore que des procès publics n'offrent une tribune à des délinquants particulièrement provocateurs et dénoncent la tendance qui veut aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs.

Si elle est adoptée, la nouvelle loi sera applicable en octobre prochain, pour le procès en appel du «gang des barbares». Public ou non, il aura lieu sans le chef de la bande, Youssouf Fofana, condamné à perpétuité, qui vient de renoncer à son appel.

Publié le 22/01/2010 à 08:06 - Modifié le 22/01/2010 à 09:58 Le Point.fr

MISSION PARLEMENTAIRE


lepoint.fr

Interdiction du voile intégral : la discorde gauche-droite se poursuit

Les députés PS refusent de débattre avec la majorité sur l'interdiction du voile intégral tant que le débat sur l'identité nationale ne sera pas évacué © FRANCOIS GUILLOT / AFP

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Cinq jours avant la remise du rapport, mardi, de la mission parlementaire sur le voile intégral , aucun consensus politique ne se dégage sur les moyens à mettre en oeuvre pour interdire la burqa . Les raisons ? Autant de dissensions gauche - droite qu'à l'intérieur même du camp UMP . Jeudi, les députés PS membres de la mission ont annoncé qu'ils ne prendraient pas part au vote, arguant, comme Jean Glavany, que "ce débat a été pollué par celui sur l'identité nationale et l'initiative de Jean-François Copé", patron des députés UMP, proposant dès décembre une loi d'interdiction générale dans l'espace public . Axel Urgin, qui a corédigé avec Jean Glavany la contribution du PS au débat, l'expliquait au point.fr le 6 janvier dernier : "Il faut évacuer le débat sur l'identité nationale avant que nous prenions part à quelque vote que ce soit. Sans cela, un consensus républicain, qui aurait été possible en temps normal sur un tel sujet, est impossible."

Malgré tout, la mission devrait recommander, mardi, le vote d'une résolution parlementaire sur l'interdiction du voile intégral avec une vingtaine de "préconisations". Le président PCF de la mission André Gerin et bon nombre de députés UMP, dont Jean-François Copé, veulent y ajouter une loi de portée générale. "Je ne vais pas dire qu'il y a un consensus républicain : non, il n'y en a pas eu. Mais il y a tout de même une majorité qui se prononce" pour "des dispositions législatives", c'est-à-dire "une ou plusieurs lois", a déclaré le rapporteur UMP de la mission, Éric Raoult, à l'issue d'une rencontre à Matignon avec François Fillon.

Copé agace Accoyer

Dans le camp de l'UMP, le débat sur une loi est ainsi loin d'être tranché. Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a de nouveau regretté jeudi "les interférences" de Jean-François Copé qui, lui, se targue d' une victoire dans ce dossier . "L'idée, a réaffirmé jeudi sur France Inter le patron des députés UMP, c'est de faire une résolution, c'est-à-dire un texte pour expliquer, et une loi pour décider" parce que "si on explique sans décider, c'est incompréhensible". Côté socialiste, décision a donc été prise comme prévu de conditionner leur participation aux conclusions de la mission à l'arrêt du débat sur l'identité nationale. Quant aux responsables musulmans, venus dire plusieurs fois à la mission que le voile intégral n'est "pas une prescription religieuse" et que c'est une pratique ultra-minoritaire (1.900 femmes concernées, selon le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux), ils craignent qu'une loi soit considérée par l'ensemble des musulmans de France comme "stigmatisante".

"Une chose est sûre : dans les lieux ouverts au public, l'interdiction du voile intégral sera absolue", assure André Gerin. La résolution (sans aucun pouvoir contraignant) demandera de fait la prohibition du voile intégral sur le territoire de la République. S'agissant des "préconisations", elles concerneront l'interdiction de la burqa dans des lieux publics comme l'hôpital, les établissements de l'Éducation nationale et des services publics. La loi toucherait "la question de l'ordre public". Pour André Gérin, "il faudra prendre son temps" et il conviendra de reprendre "la piste" tracée par Guy Carcassonne. Le constitutionnaliste a estimé que "le législateur a le droit de poser" l'interdit du voile intégral "s'il estime qu'il est attentatoire à l'ordre et à la sécurité publics".

 
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