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Mercredi 4 novembre 2009

AP | 04.11.2009 | 19:26

La "réflexion" lancée par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux sur l'éventuelle mise en place d'un couvre-feu pour les mineurs délinquants de moins de 13 ans, n'est pas la première mesure envisagée ou prise par la majorité dans le cadre de lutte contre la délinquance des mineurs à susciter la polémique.

- DEPISTAGE PRECOCE A L'ECOLE

En mai 2006, dans son avant-projet de loi sur la délinquance, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, propose de détecter de façon plus précoce les troubles du comportement. Le texte prévoit un suivi de la santé des enfants à l'école, et même des "rendez-vous fixes tous les trois ans", par exemple à trois et six ans. L'idée sera finalement abandonnée dans le texte définitif approuvé en 2007.

Mais le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre relance cette proposition en décembre 2008, déclenchant un nouveau tollé.

- REVISION DE L'ORDONNANCE DE 1945

L'ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs a été "toilettée" dans la loi sur la délinquance adoptée en 2007. Les parlementaires ont ajouté un amendement qui prévoit que l'application de "l'excuse de minorité" prévue pour les mineurs de 16 à 18 ans sera "spécialement motivée" par les juges. "L'excuse de minorité" permet de diviser la peine par deux, et ne peut actuellement être levée qu'exceptionnellement.

La proposition de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, d'élargir la procédure de comparution immédiate aux mineurs récidivistes de plus de 16 ans, n'avait pas été retenue. La loi a cependant introduit le concept nouveau d'une "présentation immédiate" au tribunal pour enfants pour les jeunes de 16 à 18 ans, avec l'accord du jeune, de ses parents et de son avocat.

M. Sarkozy a annoncé son intention de modifier une nouvelle fois l'ordonnance de 1945, qui organise les rapports des mineurs avec la justice. Ainsi, elle interdit de placer en détention provisoire un jeune de moins de 16 ans soupçonné d'un délit.

A la fin 2008, la garde des Sceaux de l'époque Rachida Dati réserve un accueil favorable aux propositions de la commission Varinard, qui préconise notamment de fixer l'âge de la majorité pénale à 12 ans permettant ainsi leur incarcération. Mais le Premier ministre François Fillon se dit alors "totalement hostile à ce qu'on mette en prison des enfants de 12 ans".

- FICHIER EDVIGE

Le 1er juillet 2008, un décret paru au "Journal officiel" valide la mise en oeuvre du fichier EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale), qui permet la collecte d'informations sur les syndicalistes, les militants politiques, ou encore les "groupes" ou "personnes (...) susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", et ce dès l'âge de 13 ans.

Vivement contesté, le fichier sera finalement abandonné. AP

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Mercredi 4 novembre 2009

Sondage sur le premier tour des présidentielles 2012: Sarkozy à 28%, 20 pour Aubry, 8 pour Villepin

Créé le 04.11.09 à 20h49
Mis à jour le 04.11.09 à 21h07  |
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente son "plan cancer II" à Marseille, le 2 novembre 2009.

..

Il n'est jamais trop tôt pour faire des sondages. Nicolas Sarkozy est crédité de 28% d'intentions de votes au premier tour de la présidentielle de 2012, et Martine Aubry de 20%. Loin devant Dominique de Villepin (8%) tandis qu'Olivier Besancenot (9%) est le premier rival du PS à gauche, selon un sondage Ifop pour l'hebdomadaire Valeurs actuelles à paraître jeudi.

Une liste de dix noms a été soumise aux sondés, assortie de la question: «Si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, parmi les candidats suivants pour lequel y aurait-il le plus de chances que vous votiez?».

Nicolas Sarkozy arrive en tête avec 28% d'intentions de vote, suivi de la numéro un du PS, Martine Aubry (20%), du président du MoDem, François Bayrou (14%) et de la vice-présidente du Front National, Marine Le Pen (11%).

Villepin loin derrière

Vient ensuite l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin (8%), qui sitôt achevé le procès Clearstream a pris implicitement date pour l'élection de 2012, en réunissant le 27 octobre un millier de ses partisans dans une réunion publique à Paris.

A gauche, avec 9% d'intentions de vote, le leader du NPA, Olivier Besancenot, s'affiche comme le premier rival de Martine Aubry, distançant la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot (5%), et encore plus nettement celle du PCF, Marie-George Buffet (3%). Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, recueille seulement 1%, tout comme le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République).

Au 1er tour de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy était arrivé en tête avec 31,18% des suffrages, devant la candidate PS Ségolène Royal (25,87%) et François Bayrou (18,57%). Jean-Marie Le Pen avait recueilli environ 10% et Olivier Besancenot 4%.
20 Minutes.fr, avec agence
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Mercredi 4 novembre 2009

Sarkozy fait une mise au point

Créé le 04.11.09 à 03h32
Mis à jour le 04.11.09 à 03h32  |

Non, Jean-Pierre Raffarin ne s'est pas fait sermonner hier par Nicolas Sarkozy. C'est le sénateur UMP lui-même qui l'écrit sur son blog, évoquant simplement « une divergence quant à la décentralisation ».

Pourtant, c'était « assez hard », raconte un membre de l'UMP, présent à une réunion avec le chef de l'Etat et l'ex-Premier ministre. Le sujet du courroux présidentiel ? La taxe professionnelle, bien sûr. Appuyé par vingt-trois sénateurs, Jean-Pierre Raffarin avait annoncé, dimanche, son refus de voter cette réforme dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche. Et le président de la République n'a pas du tout apprécié. « Une chose est certaine : la démarche que vous avez eue, ce n'est pas formidable, lui a lancé calmement Nicolas Sarkozy, selon certains témoins. Une autre chose est certaine, c'est qu'elle ne sert pas notre famille non plus. Ça ne sert à rien de dramatiser. La réforme de la taxe professionnelle, elle se fera. » W

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Mercredi 4 novembre 2009

Rama Yade dans l'œil du cyclone

Anne Rovan
04/11/2009 | Mise à jour : 21:33
|le figaro
L'entourage de la secrétaire d'État aux Sports affirme que «Rama Yade est un bloc de sérénité».
L'entourage de la secrétaire d'État aux Sports affirme que «Rama Yade est un bloc de sérénité». Crédits photo : Le Figaro

L'Élysée et ses collègues du gouvernement lui reprochent de manquer d'esprit collectif.

L'Élysée est las. Et le président bat froid son ancienne protégée. «Il n'a pas eu Rama Yade au téléphone», souligne un de ses proches conseillers à propos de la secrétaire d'État qui confiait mardi dans Le Monde n'avoir «jamais autant vu» Nicolas Sarkozy «ces derniers jours». Mercredi, en Conseil des ministres, le chef de l'État a rappelé aux membres du gouvernement la nécessité d'«être solidaire». Un avertissement général qui visait surtout Rama Yade, pourtant absente de la table du conseil.

Rama Yade n'a jamais été aussi isolée. Elle essuie aussi depuis plusieurs jours les critiques répétées et acrimonieuses de ses collègues. Après avoir fait entendre sa voix - discordante - sur la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad, après avoir refusé - momentanément peut-être - de conduire la liste départementale du Val-d'Oise pour les régionales de 2010, ses positions sur la suppression des avantages fiscaux aux sportifs de haut niveau ont été la goutte d'eau.

Et, cette fois, les critiques n'émanent plus seulement la secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano. Les ministres, plus discrets et peu connus pour être des adeptes des petites phrases, se lâchent à leur tour. Ils sont lassés de voir une jeune ministre, encartée à l'UMP en 2005, nommée au gouvernement en 2007, manquer à la solidarité gouvernementale. Pour le ministre du Budget, Éric Woerth, elle «va toujours dans le sens de l'opinion publique et de sa clientèle» et «n'est pas courageuse». La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, d'ordinaire si discrète, s'est permis une remarque : «Il faut apprendre les règles du jeu», a-t-elle dit mercredi.

Loin des micros, les critiques sont encore plus virulentes. «Si elle-même était ministre, elle n'accepterait pas que son secrétaire d'État s'affranchisse de sa tutelle comme elle le fait avec Bachelot. Autrement dit, Rama ne supporterait pas Rama.» Un autre ministre : «Ce qui ressort de tout cela, c'est une impression d'amateurisme.» Pour l'heure, il n'y a que la candidate UMP en Ile-de-France pour les régionales de 2010 Valérie Pécresse qui, vaille que vaille, défende sa porte-parole de campagne. «C'est à se demander si elle n'est pas devenue la porte-parole de Rama Yade», s'amuse un conseiller. Pour combien de temps ? «Rama est un bloc de sérénité», affirme l'entourage de la secrétaire d'État.

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Mardi 3 novembre 2009

L’identité nationale selon Sarkozy

Qu'est-ce qu'être français ? Le candidat à la présidentielle en 2007 en avait fait un de ses thèmes majeurs de campagne. Retour sur ses déclarations.


CORDÉLIA BONAL ET LAURE ÉQUY  libération

Nicolas Sarkozy au Palais des Congrès (Paris), le 5 octobre.

Nicolas Sarkozy au Palais des Congrès (Paris), le 5 octobre. (Philippe Wojazer / Reuters)

C’est d’abord un gri-gri électoral, en bonne place – avec la valeur travail – dans le corpus du candidat Sarkozy de 2007. L’identité nationale, «dire ce que nous sommes». Quasi-systématiquement accolé au thème de l’immigration, quitte à scandaliser la gauche et nombre d’historiens. C’est, le soir de sa victoire au second tour de la présidentielle, l’objet d’un vœu solennel: «Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français.» Deux ans et demi plus tard, à mi-mandat et à l’approche des régionales, le sujet ressurgit par le biais d’un «grand débat» lancé par son ministre, Eric Besson.

Mais, au fond, qu’est-ce que l’identité nationale vue par Nicolas Sarkozy? Flash-back sur quelques phrases de campagne.

L’identité française, c’est d’abord tout sauf «un gros mot», dixit Sarkozy. Le candidat est toujours très motivé pour mettre le sujet sur le tapis. Ainsi, en meeting à la Martinique en mars 2007, il prévient: «Je continuerai à parler de notre identité nationale car je crois que l’identité, pour un peuple, c’est quelque chose d’essentiel.» Et de brandir la menace d’une «crise identitaire» à force de «nous contester le droit d’en parler. Et cela, je le refuse.» Régulièrement, il se posera aussi en porte-parole de «la France exaspérée par la contestation de l’identité nationale, par une immigration non maîtrisée, par la fraude, par les gaspillages».

«Rempart contre le communautarisme»

Identité nationale-immigration, les deux ensemble dans le même sac du candidat, au point de promettre, le 8 mars sur France 2, un ministère «de l’Immigration et de l’Identité nationale». Tollé général. Jusqu’à Le Pen qui ironise sur cette «petite opération de racolage» sur les terres du FN. Tactique qui se révèlera gagnante.

En attendant, Sarkozy défend son tryptique immigration-identité-intégration. En meeting à Caen, le 10 mars 2007, il y va franchement: «La France est un pays ouvert, mais ceux que nous accueillons doivent prendre en compte nos valeurs. (…) On ne peut pas parler d’intégration sans dire ce que nous sommes, ce qu’est la France.» Et reprend le slogan de l’extrême droite – «La France tu l’aimes ou tu la quittes!» – à sa sauce: «Ceux qui méprisent la France, ceux qui la haïssent ne sont pas obligés de rester». Quand il se radoucit, ça donne: «L’immigration, c’est la France dans trente ans. Si on n’explique pas aux futurs Français ce que c’est que l’identité française, il ne faut pas s’étonner que l’intégration ne marche pas.»

Le raccourci énoncé comme logique par Sarkozy n’était évidemment pas de nature à rassurer les historiens. Certains d’entre eux lancent le 13 mars 2007 une pétition dans Libération: «Chaque fois qu’on a prétendu poser les problèmes sociaux en fonction de l’obsession de la pureté des origines, cela a abouti à de graves crises, à un recul de la démocratie», mettent en garde les signataires. La polémique se poursuivra après l’élection, avec la démission, en juin, de huit historiens de la Cité nationale de l’histoire et de l’immigration.

Premier à détenir le portefeuille incriminé, le très sarkozyste Brice Hortefeux tente de rassurer dans une tribune à Libération, le 22 juillet 2007: «L’identité nationale n’est pas figée, bien au contraire, et la promotion de notre identité ne révèle strictement aucune hostilité à l’égard des immigrés. Loin de considérer l’immigration comme un problème en soi, nous pensons même que c’est la référence à l’identité nationale qui donne du sens à l’immigration et qui permet l’intégration.» Avant de brandir aussi l’identité nationale comme un «rempart contre le communautarisme» et l’incarnation «des valeurs qui nous dépassent».

Le français, «ciment» de l'identité

Quelles valeurs ? Certaines envolées n’aident pas à y voir plus clair. Sarkozy, à Caen toujours, tentait une définition: «La France, ce n’est pas une race, pas une ethnie. La France, c’est tous les hommes qui l’aiment, qui sont prêts à défendre ses idées, ses valeurs.» L’actuel ministre de l’Immigration, Eric Besson, au Sénat, mardi dernier, restait aussi dans le flou: «L’identité nationale n’est pas une honte. Car c’est d’abord l’identité républicaine, c’est l’histoire de citoyens.» Mais encore?

Ici et là, Sarkozy, pendant sa campagne, avait égréné quelques critères. La langue d’abord: «Le français est un ciment, le français est une culture, une manière de penser, une forme de résistance à l’uniformisation du monde.» Une liste de valeurs, ensuite, «pas négociables»: «La laïcité, l’égalité homme-femme, la République et la démocratie.»

Six mois après la présidentielle, Sarkozy, dans son controversé discours de Latran, mettra aussi à l’honneur les «racines chrétiennes»: «Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale», avertira-t-il. Une image revient d’ailleurs régulièrement, celle du «long manteau d’églises et de cathédrales qui recouvre notre pays». Définition élastique, d'un ministère extrêmement décrié à une France de carte postale.

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Mardi 3 novembre 2009

Nouvelles frictions entre majorité et gouvernement


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Le cas le plus marquant est la fronde lancée le week-end dernier par 24 sénateurs UMP, dont l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, contre la réforme de la taxe professionnelle, l'une des mesures phares du projet de budget 2010 voulue par Nicolas Sarkozy.

Elle augure de débats tendus au Sénat, qui examine le texte à partir du 19 novembre, alors que l'UMP n'y détient plus la majorité absolue contrairement à l'Assemblée nationale.

Après les propos peu amènes d'un autre ancien Premier ministre, Alain Juppé, qui accusait le chef de l'Etat de "se foutre du monde", un vent de colère quasi unanime s'est levé à l'Assemblée et la commission des Finances, fait inédit, a entièrement réécrit l'article relatif à la suppression de la "TP" au 1er janvier 2010 et à son remplacement par deux nouvelles contributions.

Les ministres de l'Economie et du Budget, Christine Lagarde et Eric Woerth, sont finalement sortis vainqueurs du bras de fer sans toutefois convaincre un grand nombre d'élus UMP et du Nouveau Centre (NC).

Par ailleurs, les tentatives, soutenues par l'opposition, de plusieurs élus de la majorité de modifier le "bouclier fiscal" ou d'instaurer une taxe provisoire pour l'année 2010 sur les bénéfices réalisés par les banques ont toutes été contrées sans ménagement par le gouvernement.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 a lui aussi suscité de vifs affrontements entre le gouvernement et sa majorité.

COPÉ RÉPLIQUE À BERTRAND

Ainsi, l'augmentation du prix des cigarettes de 6% en 2010.

Un amendement de l'UMP Yves Bur, pourtant entériné en commission, qui réévaluait les taxes sur le tabac, a finalement été vidé de sa substance, le gouvernement obtenant jeudi dernier que les cigarettiers ne soient pas surtaxés.

Autre pomme de discorde, la suppression, malgré l'hostilité d'une forte minorité du groupe UMP, de certains avantages fiscaux dont bénéficient les sportifs professionnels de haut niveau, le "droit à l'image collective" (DIC).

Avec le soutien de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, un amendement UMP a été voté qui supprime à partir du 1er janvier prochain le dispositif permettant de "passer" 30% de la rémunération d'un sportif sous forme de droits d'image totalement exonérés de charges sociales.

La secrétaire d'Etat aux Sports, Rama Yade, avait qualifié de "dangereuse" la suppression de cet avantage fiscal. Elle avait reçu vendredi le soutien du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui en avait appelé au Sénat pour "revenir" sur l'amendement.

Le chef de file des députés UMP Jean-François Copé, qu'une rivalité aiguë oppose à Xavier Bertrand, a vivement réagi à ces propos. "Ce que j'ai mal vécu et que je ne laisserai pas faire, c'est qu'on prenne nos députés en otages", a-t-il dit sur LCI.

A ces mouvements d'humeur internes à la majorité s'ajoute l'appel lancé lundi dans Le Monde par 63 députés UMP et NC afin que le grand emprunt envisagé par Nicolas Sarkozy soit d'au moins 50 milliards d'euros.

Alain Juppé, qui copréside avec l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard la commission sur le grand emprunt, prône "entre 20 et 40 milliards d'euros". Un point de vue partagé par le ministère de l'Économie mais contesté par Henri Guaino, conseiller du président de la République.

Emile Picy, édité par Sophie Louet

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Mardi 3 novembre 2009

Jacques Chirac se tait, Charles Pasqua flingue

Souvent bien plus passionnants que les procès eux-mêmes, leur périphérie, leur contexte éclairent davantage sur les personnalités en cause, permettent d'analyser au mieux leurs réactions et ne sont pas loin, sur un plan plus large, de mettre en évidence la relation qu'elles entretiennent avec la démocratie et ses institutions. 

Ainsi, pour Jacques Chirac et Charles Pasqua. Le premier a été renvoyé, avec d'autres, devant le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics et abus de confiance par Xavière Simeoni, le magistrat instructeur. On ignore encore à ce jour si le Parquet va interjeter ou non appel de cette ordonnance. Le second a été condamné pour trafic d'influence dans l'affaire de l'Angolagate à une peine de trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et à 100 000 euros d'amende. Il a relevé appel de ce jugement.

Il me semble abusif de tirer de la procédure concernant Jacques Chirac la conclusion que la suppression du juge d'instruction serait une catastrophe (Le Monde, Le Parisien). Elle ne démontre que la nécessité, dans l'espace judiciaire, de magistrats exemplaires, compétents et libres. Ce n'est pas l'instruction qui gagne, c'est Xavière Simeoni dont par ailleurs j'ai apprécié la manière courtoise, discrète et pourtant sans complaisance dont elle a su traiter notre ancien président de la République. Demain, si le juge d'instruction venait à disparaître de notre procédure pénale, nous ne serions pas en deuil avec l'émergence d'un Parquet authentiquement indépendant, ce qui n'est pas un voeu plus absurde que de souhaiter que l'ensemble des magistrats instructeurs soit accordé au même registre que celui, hier, d'un Patrick Desmures, aujourd'hui de Renaud van Ruymbeke ou de Xavière Simeoni.

A la suite de l'annonce du renvoi de Jacques Chirac, les appréciations formulées par le monde politique n'ont guère été surprenantes. Les unes ont mis en avant le devoir d'humanité, la réputation internationale de la France et le besoin d'apaisement si longtemps après la commission des faits (Marianne 2). Il est à noter que le magistrat instructeur a évoqué ces considérations mais a souligné, à juste titre, que leur prise en compte n'était pas de son ressort qui se devait d'être purement juridique (Mediapart). Les autres ont privilégié le caractère égalitaire de la Justice et le signe positif que celle-ci adressait aux citoyens. Pour ne faire référence qu'à trois de ces propos, Ségolène Royal, pas vraiment à contre-emploi pour qui a fini par la connaître, a affirmé que Jacques Chirac aurait "mérité d'être laissé tranquille", André Vallini, toujours aussi lucide et honnête, a bien mis en balance l'Etat de droit et l'empathie pour Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin s'est malheureusement illustré par une vitupération absurde puisque selon lui il n'aurait pas fallu "toucher à l'homme politique français le plus populaire" (lepoint.fr). Voilà qui est mûri !

Jacques Chirac, pour sa part, a rappelé à tous ceux qui pouvaient en douter à quel point une certaine conception de l'allure présidentielle peut rendre estimable celui auxquels, pourtant, des errements anciens sont reprochés. Jacques Chirac, informé par son avocat Jean Veil, a seulement déclaré qu'il avait été mis partiellement hors de cause par le juge d'instruction, qu'il s'expliquerait devant la juridiction de jugement et que sa bonne foi était entière, enfin qu'il se considérait comme un justiciable ordinaire. Puis il s'est tu. Le Maroc, où il se trouve, connaît seul ses pensées, ses espoirs ou ses doutes. Me Jean Veil, à la télévision, s'en est tenu au même registre que celui de son illustre client. Sans rien céder, il a montré comme on pouvait être à la fois pugnace sur le fond et respectueux de la Justice dans la forme. Il y a dans l'attitude de Jacques Chirac, dont la maîtrise de soi a toujours été remarquée, un admirable minimalisme républicain qui n'est pas indigne de cette triste et emblématique "première" d'un ancien président appelé à comparaître devant un tribunal correctionnel. Nul doute qu'il va encore grimper dans les sondages ! Les Français aiment les vaincus et à la fois les battants qui ont de la classe. Avec leur "chouchou", ils sont servis !

Quand Jacques Chirac ne dit mot, Charles Pasqua flingue à tout va.

On aurait dû le pressentir. Que Charles Pasqua d'emblée exprime "estime" et "amitié" pour Jacques Chirac était en effet de nature à susciter l'inquiétude. Ce type de formule n'est pas loin de ressembler à des condoléances et je ne suis pas sûr que les embrassades verbales d'un condamné (même non définitif) soient tellement désirées par celui qui s'en sent plus accablé que réjoui. Dans la même veine, Charles Pasqua se déclarant "choqué" par ce système judiciaire "qui juge quinze ans après les faits" n'apporte pas à mon avis une pierre décisive au soutien de Jacques Chirac dans la mesure où pour condamner la justice, en dépit des apparences, il vaut mieux ne pas avoir été condamné par elle (nouvelobs.com).

La suite va évidemment contredire ces dangereuses protestations de solidarité. Le renvoi de Jacques Chirac ressemble à "un règlement de comptes" (nouvelobs.com)). On ne sait pas d'où cette certitude est extraite, ce qui, dans une ordonnance de 225 pages, la justifierait mais peu importe. L'essentiel est d'instiller du trouble, du nauséeux là où le principal intéressé - Jacques Chirac lui-même - n'en met pas. Avec quelle perfide maestria le défenseur prétendu se mue en procureur :" Tout le monde, à droite ou à gauche, a connu les emplois fictifs ", ce qui est une étrange manière de venir au secours de quelqu'un qui nie y avoir eu recours ! Et Charles Pasqua d'en rajouter une pincée : "L'entourage de Jacques Chirac a voulu m'éliminer" !( site du Journal du Dimanche).

Puis c'est l'expression de la virilité politique, qui rappelle le "terroriser le terrorisme" : "Je suis un animal de combat. On m'a cherché, on va me trouver" (20 minutes.fr). On va en effet "le trouver". Il met en cause Jacques Chirac qui a "débloqué 900 000 francs pour la libération de deux pilotes français détenus en Bosnie et libérés à la fin de 1995". Pour faire bonne mesure, Charles Pasqua dénonce Edouard Balladur, Dominique de Villepin qu'il déteste et Alain Juppé. Les trois n'auraient rien ignoré de ces tractations tarifées. Pourquoi pas ?

En réalité, ce qui étonne, c'est moins la nature des révélations qui ne comportent en elles-mêmes l'affirmation d'aucun déshonneur que cette envie frénétique de mêler, de "mouiller", de faire d'énormes moulinets avec la parole pour faire peur, pour se donner, au sein d'un pire pour lequel il a été sanctionné une première fois, le beau rôle : celui de justicier malgré tout. Imperméable à tout ce qui lui advient judiciairement, Pasqua n'hésite pas à brandir sa vertu proclamée comme une menace, ses secrets comme des bombes et sa personnalité comme une arme. Innocent par définition, il est forcément légitime pour donner quitus aux autres. Très conscient du risque qu'il leur fait courir par ses effusions si contraires à son réalisme souvent cynique, il les enfonce en prétendant les assister. Charles Pasqua est un ami qui ne vous veut pas du bien.

Est-ce parce qu'il flingue que tous les médias lui sont si complaisamment ouverts ? Je ne crois pas qu'aucun condamné ait bénéficié d'une telle écoute, d'une telle indulgence médiatique sans doute pour compenser la rigueur judiciaire. Il est facile, comparant la démarche de Jacques Chirac avec celle de Charles Pasqua qui, dans la foulée, se vante d'être au moins indirectement responsable du succès présidentiel du premier, de percevoir comme la démocratie est apaisée par l'un, offensée par l'autre. Quoi qu'on pense d'eux, par ailleurs.

L'un méritait d'être président. Pas l'autre.

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Mardi 3 novembre 2009

Potion magique

Dessin du jour : Potion magique ...
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Mardi 3 novembre 2009

Publié le 02/11/2009 à 18:12 - Modifié le 02/11/2009 à 18:52 Le Point.fr

INFO LEPOINT.FR

Nicolas Sarkozy à la Fondation Chirac

Par Saïd Mahrane

Nicolas Sarkozy à la Fondation Chirac

Nicolas Sarkozy prononcera un discours à l'occasion de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits © Thierry Orban/ABACAPRESS.COM

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Nicolas Sarkozy se rendra à la Sorbonne, vendredi 6 novembre, à 11 heures, à l'occasion de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits. Le Président, invité il y a maintenant trois semaines, a prévu de prendre la parole en clôture de la cérémonie qui sera ouverte par Jacques Chirac. Ce déplacement interviendra une semaine après le renvoi en correctionnelle de l'ancien président de la République pour "21 supposés emplois fictifs" lorsqu'il était maire de Paris. Interrogé sur le sujet, Nicolas Sarkozy s'interdit "tout commentaire".
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Mardi 3 novembre 2009

Epinglée par sa collègue Nadine Morano pour manque de solidarité gouvernementale, la secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade a refusé de répondre. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a lui aussi désapprouvé l'attitude de Rama Yade sur l'amendement fiscal pour les sportifs de haut-niveau. Mais il s'est dit d'accord "sur le fond" avec elle.

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, le 4 octobre 2009.

AFP/Remy Gabalda

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, le 4 octobre 2009.

On a la gachette facile ces temps-ci à l'UMP. Pendant que la bande à Raffarin flingue la taxe professionnelle, Rama Yade et Nadine Morano dialoguent à coups de mortiers.

"En politique on ne répond pas en descendant à ce niveau là. J'ai une haute idée de la politique et ce n'est pas celle là", a-t-elle déclaré sur RMC, à propos des critiques lancées par Mme Morano.

Cette dernière lui avait rappelé qu'"on se tait ou on s'en va", après le désaccord exprimé par Mme Yade à propos de l'amendement parlementaire voté, avec l'aval du gouvernement, sur la suppression d'avantages fiscaux à des sportifs de haut niveau.

A-t-elle été blessée par le "tacle" de sa collègue ? "Pas du tout. Non, il en faut plus. Je dis simplement que répondre ce serait descendre à un niveau très bas et je ne veux pas", a répliqué Mme Yade, dont l'indiscipline récurrente suscite un certain agacement au sein de la majorité.

Proche de Nicolas Sarkozy, Mme Morano avait été une des premières à tancer la benjamine du gouvernement, personnalité parmi les plus populaires, lorsque celle-ci avait refusé de se présenter, contre l'avis du chef de l'Etat, aux élections européennes de juin dernier.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a aussi désapprouvé lundi l'attitude de Mme Yade, estimant qu'elle "va parfois un peu au-delà de la ligne".

"Là, je pense qu'elle a eu tort sur un sujet, s'il a été arbitré, d'en remettre une louche", a-t-il dit, même s'il s'est lui-même prononcé en accord avec la secrétaire d'Etat "sur le fond" à propos de l'amendement controversé. l'express

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Gouvernement.
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