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Aux Compagnons.



COMPAGNONS N'OUBLIONS PAS LES MENSONGES .
IL a "Trahi" les Valeurs du GAULLISME.

Nicolas Sarkozy à Versailles, entre 400.000 et 600.000 euros.

Point de vue Gaulliste.

COMPAGNONS

Dominique de Villepin lance son club politique, Villepin.fr


Samedi 4 juillet 2009

Après vous

Dessin du jour : Après vous ...
Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Gaullistes populaires: info, sondages ,photos.
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Mercredi 1 juillet 2009
Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Gaullistes populaires: info, sondages ,photos.
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Mercredi 1 juillet 2009
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Mardi 30 juin 2009
Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Objectif 2012
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Mardi 30 juin 2009
Les 4 vérités avec Dominique de Villepin


Invité lundi matin des 4 Vérités dans Télématin sur France 2, l'ancien premier ministre Dominique de Villepin a multiplié les attaques contre le gouvernement, affirmant notamment: "Je crois que si l'on veut définir une nouvelle feuille de route, il faut changer l'ensemble du gouvernement."

Il a remis en cause l'opportunité des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy ces derniers jours, remarquant notamment qu'"un grand emprunt, ce n'est pas vertueux en soi" et qualifiant le référendum en Martinique de "grande aventure institutionnelle".

Dominique de Villepin a ajouté: "J'ai le sentiment que nous risquons de perdre l'année 2009-2010, en attendant le grand remaniement."


Dominique de Villepin (UMP) a estimé lundi que Nicolas Sarkozy n'aurait pas dû seulement remanier son gouvernement après les européennes mais changer de Premier ministre pour réellement entamer "l'acte II du quinquennat".

"J'avais souhaité que démarre dès maintenant l'acte II du quinquennat et j'ai le sentiment malheureusement que nous risquons de perdre l'année 2009-2010, une sorte d'année blanche, en attendant le grand remaniement qui interviendra après les régionales", a déclaré l'ancien Premier ministre sur France 2.

Selon lui, François Fillon aurait dû quitter Matignon. "En politique il y a des respirations, un gouvernement peut servir pendant un certain temps et je crois qu'après il faut tourner la page. Si l'on veut définir une nouvelle feuille de route, il faut effectivement changer l'ensemble du gouvernement mais nous devrons attendre un an de plus", a-t-il dit.

Il fallait "qu'une stratégie globale avec des priorités claires soient définies dès maintenant", or "nous allons partir dans un grand débat pendant trois mois pour définir les priorités, nous allons partir dans de grandes aventures institutionnelles à la Martinique avec un référendum, nous allons lancer et préparer un grand emprunt pour 2010", a-t-il poursuivi.

"Je crains que ce recours à la symbolique politique ne masque une très profonde angoisse des Français et une certaine incertitude quant à la gestion du pays du point de vue du gouvernement", a encore jugé M. de Villepin.

Dominique de Villepin a également appelé lundi à "un sursaut" à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) où le Front national est arrivé largement en tête du 1er tour de l'élection municipale dimanche.

"Ce qui se passe à Hénin-Beaumont, c'est d'abord la sanction d'une politique qui n'a pas fonctionné", a déclaré M. de Villepin sur France 2.

"Manifestement, les partis traditionnels n'ont pas été à la hauteur de la situation, ils se sont divisés, ils n'ont pas convaincu les habitants", a-t-il estimé. "Il faut un sursaut, il faut faire en sorte que ce qui n'est à l'évidence pas une solution -la victoire du Front national- puisse être contré par la mobilisation de l'ensemble de la population", a-t-il dit.

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Mardi 30 juin 2009

Laporte, Jégo, Boutin : les ex-ministres se rebiffent


Laporte allume Kouchner et Dati, Boutin s'estime « victime d'un délit de sale gueule » et Jégo songe à écrire un brûlot. Ambiance.

Bernard Laporte, Yves Jégo et Christine Boutin (Audrey Cerdan / Reuters)

Il y a ceux dont le départ était prévu ou attendu, et ceux qui sont tombés des nues. Mardi dernier, quelques minutes avant l'annonce du remaniement, certains ministres n'ont que très peu goûté le coup de téléphone (ou l'absence de coup de téléphone) leur annonçant qu'ils étaient débarqués du gouvernement. Depuis, ils répandent leur rancœur dans les médias.

« Pour eux, je n'avais pas les codes, pas le vernis »

La mise au point la plus cinglante est incontestablement à mettre à l'actif de Bernard Laporte. Le désormais ex-secrétaire d'Etat aux Sports, déjà déchargé quelques mois plus tôt du portefeuille de la Jeunesse au profit de Martin Hirsch, s'est remis à multiplier les plaquages, ce lundi dans Paris Match. Dans son viseur, le toujours ministre des Affaires étrangères, ainsi que l'ancienne garde des Sceaux :

« Il y a ceux qui ont considéré que je ne faisais pas partie de leur monde. Pour eux, je n'avais pas les codes, pas le vernis, pas les réseaux, je n'existais pas. Bernard Kouchner, par exemple, ne m'a jamais dit bonjour, jamais adressé la parole. Pour lui, j'étais transparent.

Avec Rachida Dati, cela n'a pas été plus facile. Il y a eu cette histoire… Des bruits couraient [qu'il était le père de son enfant, ndlr] qu'elle faisait mine d'ignorer. Je me demande même si elle n'en était pas à l'origine. (…) Elle a choisi d'en rire. Rachida, du moment qu'on parle d'elle, elle est contente. C'est une personne très fausse. »

Il est loin le temps où Bernard Laporte marchait bras dessus bras dessous avec la ministre de la Justice dans les jardins de l'Elysée, lors de la dernière garden-party du 14 Juillet… Entretemps, le secrétaire d'Etat a effectivement été des plus « transparents », mis à part pour créer la polémique, notamment après les sifflets qui ont accompagné « La Marseillaise » avant France-Tunisie en octobre.

Sa sortie du gouvernement s'est pourtant réalisée en douceur. S'il règle aujourd'hui ses comptes, ce n'est pas avec Nicolas Sarkozy ou François Fillon, qu'il « remercie ». Bernard Laporte a appris son limogeage lors d'un entretien de dix minutes mardi avec Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Le Président et le Premier ministre l'ont ensuite appelé, révèle Le Parisien. Il a même été reçu le lendemain par François Fillon. De quoi s'imaginer un avenir en politique :

« Les régionales de 2010 en Aquitaine ? Pourquoi pas. Xavier Darcos [candidat UMP malheureux à la mairie de Périgueux] et Alain Juppé [maire UMP de Bordeaux] sont d'accord. »

« J'attends toujours le coup de téléphone de François Fillon »

Christine Boutin n'a pas eu le droit à tant de déférence. Et elle n'a pas pris de pincettes pour faire savoir, ce lundi matin au micro d'Europe 1, qu'elle a été « traitée de façon inhumaine » :

« J'ai appris mon jetage au journal de 20 heures de TF1. (…) J'attends toujours le coup de téléphone de François Fillon, je suis vraiment choquée de son attitude. » (Voir la vidéo)


Il faut dire que celle qui s'estime « victime d'un délit de sale gueule » pensait rester. La représentante de la frange catholique de la droite confiait encore à La Croix début juin que sa « présence au sein de la majorité est indispensable » :

« Je crois que le Président, qui a un sens politique très fin, l'a intégré. Je représente une sensibilité qui ne comprendrait pas que Nicolas Sarkozy me remercie, tout en gardant Nadine Morano. »

Raté ! Mais sa colère pourrait effrayer Nicolas Sarkozy et le pousser à lui attribuer un lot de consolation. Après avoir laissé filer la tête du conseil général des Yvelines, elle fait aujourd'hui savoir qu'elle se verrait bien ambassadrice de la France au Vatican.

« J'espérais un traitement plus humain »

Son courroux, Yves Jégo, lui, l'a laissé s'exprimer dès le jour de l'annonce du remaniement. Sur sa page Facebook, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer exultait : « Yves Jégo mesure le véritable pouvoir d'un certain patronat et se prépare pour de nouveaux combats… » Celui qui jure qu'il ne va pas se priver d'exploiter sa « liberté de parole retrouvée » ne pensait plus devoir faire ses cartons.

Passé le désastreux épisode des grèves en Guadeloupe, sa responsabilité avait fini par être atténuée. Manque de budget pour répondre aux revendications, signes contraires donnés par Matignon, absence totale de sa ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie…

Mais les organisations patronales « békés » auraient tout de même fini par avoir sa tête. Une thèse accréditée jeudi par le leader des manifestants en Guadeloupe, qui s'opposait alors au ministre, Elie Domota lui-même, sur France Inter :

« D'après les bruits de couloirs, d'après les rumeurs, il semblerait que le patronat ait eu sa tête, entre guillemets. (…) Cela prouve la connivence qu'il peut y avoir entre les békés et certains acteurs du pouvoir central. »

Fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, au premier plan depuis la campagne présidentielle de 2007, Yves Jégo est logiquement amer. « J'espérais un traitement plus humain », glisse-t-il dans Le Parisien, avant d'évoquer l'hypothèse de la sortie d'un livre. A ranger, à n'en pas douter, au rayon des pamphlets.

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Gouvernement.
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Mardi 30 juin 2009

Le restaurant en vacances, c'est chic

Dessin du jour : Le restaurant en vacances, ...
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Mardi 30 juin 2009

SKF annonce 900 suppressions de postes, dont 380 en France

Le groupe suédois SKF, numéro un mondial des roulements à bille, annonce la suppression d'environ 900 emplois supplémentaires, un chiffre qui inclut les 380 postes de son usine française de Fontenay-le-Comte (Vendée), qu'il a décidé de fermer. 




Des activités en Inde, en Grande-Bretagne et en Suède seront également touchées, précise SKF dans un communiqué.

Le site de Fontenay-le-Comte produit de petits roulements principalement utilisés dans la production d'électroménager et de moteurs électriques.

SKF, qui emploie environ 44.000 personnes dans le monde, a déjà supprimé 3.700 postes depuis le troisième trimestre 2008 en raison de la crise, et 1.100 salariés doivent encore quitter l'entreprise dans le cadre de mesures déjà annoncées.

En outre, quelque 18.000 employés travaillent actuellement à temps partiel contraint.

Les nouvelles mesures de réduction des coûts devraient se traduire par des charges de restructuration d'environ 700 millions de couronnes suédoises (65 millions d'euros) et permettre des économies annuelles de 300 millions de couronnes, précise le groupe.

Bureau de Stockholm, version française Marc Angrand

Par Gaullisme populaire :Daniel Hentzé - Communauté : La communauté des Gaullistes . - Publié dans : Informations Générales.
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Mardi 30 juin 2009

Publié le 25/06/2009 - Modifié le 30/06/2009 N°1919 Le Point

Déficits

Les caisses sont vides, vive l'emprunt !

Un emprunt national, oui... mais pour quoi faire ?

Romain Gubert

Les caisses sont vides, vive l'emprunt !

Bernard Accoyer © Feferberg/AFP


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Lancer un grand emprunt d’Etat pour faire face à la crise et doper l’économie ? « C’est absurde, l’Etat n’a pas de problèmes de liquidités. » C’était à la mi-octobre 2008. Devant quelques ministres triés sur le volet, Nicolas Sarkozy rejetait d’une phrase la folle idée de l’un de ses proches qui suggérait de recourir à l’épargne des Français pour financer un plan de relance. Et il enfonçait le clou : « vider les sicav des Français » allait « déstabiliser le système bancaire » . A l’époque, celui qui avait lancé cette idée, Bernard Accoyer , était rentré dans sa coquille. Sous les lazzi des ministres, il avait dû se faire tout petit. La roue tourne... Huit mois plus tard, le président de l’Assemblée nationale a le triomphe modeste. Tous les ministres sont à l’unisson : lancer un grand emprunt national, en voilà une chouette de bonne idée ! L’artisan de ce revirement s’appelle Henri Guaino. Cela fait trois mois que le conseiller élyséen plaide pour un grand emprunt national consacré aux seules dépenses d’investissement. Et tente de clouer le bec aux pères la ri-gueur du gouvernement, parmi lesquels François Fillon et Eric Woerth, au Budget. Il a réussi : Nicolas Sarkozy s’est laissé séduire par ses arguments. Et tant pis si le déficit budgétaire dépasse déjà 7 % du PIB et la dette publique 68 % du PIB, soit plus de 1 300 milliards d’euros (+ 15 milliards pour la seule année 2008) ! En clair : peu importe les déficits de l’Etat, il faut aller de l’avant. Et, pour y parvenir, Nicolas Sarkozy renoue avec la tradition. Celle d’un Etat qui s’est souvent tourné vers les Français pour l’aider à traverser une mauvaise passe. Quitte à faire une mauvaise affaire, comme ce fut le cas avec l’emprunt Balladur, qui, entre les manques à gagner pour le fisc et les commissions versées aux banques qui le commercialisaient, a en fin de compte coûté très cher aux caisses de l’Etat...

Les modalités de cet emprunt Sarkozy ne sont pas encore définitivement arrêtées. Les partisans de l’appel à l’épargne publique ont plusieurs arguments. Les experts de Bercy s’inquiètent de l’importante décollecte du livret A depuis quelques mois et ne souhaitent pas que cette manne, dont l’Etat profitait jusque-là largement, s’envole vers d’autres cieux... Inconvénient : il faut offrir un placement attrayant. Et sans doute équivalent à celui que vient de proposer EDF (4,5 % de rendement offert). Ce qui est cher payé par rapport à l’offre des marchés financiers, qui, en ces temps incertains, recherchent la signature de l’Etat français. La France n’a en effet aucun mal à placer ses obligations assimilables du Trésor (OAT) sur les marchés, comme ces derniers jours, où Bercy a émis pour 4 milliards d’euros d’emprunt (rémunéré à 3,79 % à dix ans). Le dilemme est embarrassant : faire appels aux marchés financiers, c’est, certes, se procurer de l’argent moins cher, mais payer des intérêts à des spéculateurs lointains. Faire appel aux Français, c’est plus cher. Mais les intérêts versés restent « à la maison »...

Ce débat, technique, c’est Nicolas Sarkozy qui le tranchera. Ce n’est pas tout. Car l’utilisation de l’emprunt reste elle aussi une énigme et dans ce domaine le catalogue des possibilités semble sans limites. Les parlementaires, les partenaires sociaux, les milieux culturels, les acteurs économiques et l’ensemble des « forces vives » de la nation vont avoir trois mois pour trouver des projets « stratégiques ».

Carte blanche

Certains voudront réindustrialiser le pays, d’autres soutenir la jeunesse et les chômeurs. Reconstruire les universités, les lycées et la recherche. Ou bien encore « doper » le Grand Paris... Une carte blanche, en somme, qui devrait réveiller la créativité des lobbys en tout genre. Seule restriction : que cet argent ne serve pas à combler les fins de mois de l’Etat. Dans la tête de Sarkozy, il ne s’agit en effet pas d’ajouter une couche de déficit aux autres, les mauvais, « ceux qui financent les mauvaises dépenses, les gaspillages, l’excès de bureaucratie » , en clair le déficit budgétaire, contre lequel il veut continuer à lutter. Ce nouvel emprunt devra, dit-il, servir une ambition : « penser à la croissance de demain » en mettant tous les moyens nécessaires. Les mauvaises langues de l’opposition n’ont pas mis longtemps à regarder leurs agendas. En lançant ces grands projets stratégiques fin 2009, ceux-ci verront le jour en 2011 et en... 2012, année électorale !

Quelques questions sont sans réponse. Nicolas Sarkozy ne veut pas de hausse des impôts ni de politique de rigueur ( « elle a toujours échoué », dit-il). Ni pendant ni après la crise... Il met ainsi fin à un dogme : celui du rêve d’un retour à l’équilibre budgétaire que tous les gouvernements affichent depuis le début des années 90. Sans y parvenir (et souvent sans faire grand-chose pour cela). Sans préciser qu’il faudra pourtant, un jour, que les Français remboursent cette dette. Autre problème : avec cet emprunt, Nicolas Sarkozy s’affranchit unilatéralement des engagements européens de la France. Et notamment des fameux critères de Maastricht. Certes, ceux-ci sont actuellement entre parenthèses pour cause de crise économique, mais ce n’est que ponctuel. Et le nouvel emprunt Sarkozy va alourdir d’autant la dette publique. Or, contrairement à Nicolas Sarkozy, les partenaires de la France au sein de l’eurozone et les responsables de la Banque centrale européenne ne font, eux, aucune différence entre les « bons » et les « mauvais » déficits. Reste un problème de fond, souligné en 2005 par le rapport Pébereau sur la dette publique, dont Nicolas Sarkozy a longtemps vanté les mérites. Non content de préciser que les intérêts annuels de la dette publique (une quarantaine de milliards en 2005) étaient équivalents au budget de l’éducation nationale et que cette situation plombait la compétitivité de la France, Pébereau soulignait aussi que, lorsque l’Etat réalisait des investissements en s’endettant, il surestimait systématiquement la rentabilité future de ses investissements. En cause ? « La facilité du recours à l’endettement », disait le rapport.

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Mardi 30 juin 2009

ÉRIC LE BOUCHER

L'emprunt Guaino

[ 26/06/09  ]

L'amusant, pour qui suit la politique nationale, est que tout se joue aujourd'hui entre ce qu'on appelait, naguère, les « gaullistes de gauche ». François Fillon, Premier ministre, Henri Guaino, conseiller spécial à l'Elysée, et Philippe Séguin, qui fut leur chef de file à tous les deux, aujourd'hui président de la Cour des comptes, qui vient de remettre un rapport au canon contre la politique budgétaire des deux premiers. Nicolas Sarkozy a toujours été classé au sein du RPR (UMP) dans le camp d'en face, celui, pour schématiser Edouard Balladur, des « pompidoliens », devenus les libéraux. Que les trois personnages clefs entourant la politique économique du chef de l'Etat soient de cette famille en dit long sur le basculement politique auquel vient de procéder Nicolas Sarkozy. Le libéral qui est en lui est oublié ; du moins pour l'instant car l'homme bouge beaucoup. Le voilà « gaulliste de gauche » et la gauche ferait bien de s'en apercevoir au lieu de s'obstiner à le prendre pour le représentant de la droite thatchérienne.

Henri Guaino, l'homme des discours présidentiels, militant antirigueur, est le vainqueur de Versailles. L'emprunt national, c'est le sien. Il le voudrait colossal : 80 ou 100 milliards d'euros. François Fillon, au contraire, est devenu l'homme des comptes. « La France est en faillite », a-t-il dit sitôt en fonction. Il avait réussi à limiter le plan de relance à une anticipation des dépenses prévues. On imagine qu'il va garder le pied sur le frein. Et, à l'autre bout, Philippe Séguin qui, au lendemain de Versailles, a remis son rapport annuel, lequel dénonce « une dégradation sans précédent » de la situation financière du pays. Il appelle à des économies de 70 milliards d'euros ; du Guaino à l'envers, en somme.

Nicolas Sarkozy a choisi. C'est l'« emprunt pour l'avenir », l'emprunt Guaino. Il promet de rompre avec la politique suivie depuis trente ans, qui a été d'emprunter pour financer les dépenses courantes. Il jure qu'il fera les économies nécessaires sur le « mauvais déficit », mais il entend s'endetter encore au profit des « bons investissements ».

Ce choix rencontre, il faut bien l'avouer, un scepticisme épais. On passera sur le peu de succès rencontré par les gaullistes de gauche dans l'histoire, la position est fondamentalement difficile à tenir. Mais, surtout, pourquoi ces promesses maintenant ? Pourquoi n'avoir pas engagé cette politique sitôt élu, il y a deux ans ? Philippe Séguin parle d'une « accélération de la dégradation » depuis 2007, depuis la gestion Sarkozy donc. Le dépensier peut-il se transformer en économe ? En France, depuis trente ans, aucune des « règles budgétaires », des « normes » de dépenses, et aucun des « cadres pluriannuels » n'a jamais été respecté. La motivation politicienne a toujours pris le dessus sur toutes les promesses.

Ensuite, de quoi s'agit-il dans « l'avenir » ? La liste énoncée par Nicolas Sarkozy est déjà longue et disparate : les écoles de la deuxième chance, la lutte contre l'exclusion, le salaire pendant un an des licenciés économiques, les investissements du Fonds stratégique, les dépenses du Grenelle de l'environnement, le Grand Paris, la réindustrialisation... François Fillon a, lui, ajouté la recherche dans la biotech, etc. L'étrange est aussi d'ouvrir le débat aujourd'hui sur les « priorités nationales » qu'il faut choisir : n'était-ce pas lors de l'élection présidentielle qu'il fallait le faire ? Et si le débat ne fait que s'ouvrir à ce sujet, n'est-ce pas mettre la charrue avant les boeufs que d'emprunter avant que de savoir pourquoi ?

L'OCDE vient de publier un rapport portant précisément sur la part de l'innovation dans les plans de relance face à la crise (« Policy Response to the Economic Crisis, Investing in innovation for long-term growth »). Qu'y apprend-on ? Que la Finlande ou la Corée sont en haut de classement, mais que la France est le mauvais élève : dans son plan de relance de l'automne, elle consacre 4,7 milliards d'euros aux ponts et aux routes et 46 millions à la recherche-développement. Faut-il croire le cancre quand il dit qu'il va tout changer ?

Le débat économique pourrait sortir grandi de cet épisode si, au lieu de se tourner vers le Conseil national de la Résistance, MM. Sarkozy et Guaino apprenaient que toutes les recherches en économie moderne tournent autour de « la naïveté du décideur » qui ment ou bien se leurre lui-même. Et puis Versailles ! Est-ce un endroit crédible pour promettre des économies ?

Eric Le Boucher est directeur de la rédaction d'« Enjeux - Les Echos ».
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